Les rafles policières d’adeptes de la secte Falungong se sont poursuivies jeudi tandis que des informations de la presse de Hong Kong faisaient état de l’interdiction de la secte par les autorités sur tout le territoire. Alors que selon la secte, des dizaines de milliers d’adeptes ont été rassemblés dans des stades, des écoles et des parcs à travers la Chine depuis mars, une source chinoise a précisé que les rafles se poursuivaient jeudi. «Ils continuent à arriver, ils sont assis à l’intérieur du stade, entourés de policiers. Ils doivent être plusieurs milliers», a indiqué une serveuse de restaurant vivant à proximité du stade Fengtai, situé au sud-ouest de Pékin. Des dizaines d’autobus étaient garés à l’extérieur du stade, dont les portes étaient gardées par des policiers. Selon le site Internet de la secte, quelque 30 000 adeptes de Falungong auraient été rassemblés mercredi soir dans ce stade, mais le chiffre n’a pu être confirmé de source indépendante. Plusieurs milliers d’adeptes de Falungong avaient déjà été regroupés mercredi dans un autre stade pékinois, Shijingshan, situé dans l’ouest de Pékin, selon un responsable du stade contacté au téléphone. Mais au même numéro, un policier répondait jeudi : «Ne rappelez plus ce numéro pendant au moins deux jours, c’est nous qui l’utilisons désormais», a-t-il déclaré. Créée en 1992, la secte Falungong, qui propose un enseignement combinant des exercices physiques et spirituels, revendique 80 millions d’adhérents à travers la Chine et 20 millions à l’extérieur. Elle avait pour la première fois ouvertement défié les autorités chinoises en avril dernier lorsque 10 000 de ses adeptes avaient encerclé pendant 13 heures le siège du parti communiste chinois à Pékin, pour protester contre des interpellations de ses adeptes. Selon la presse de Hong Kong, le président chinois Jiang Zemin aurait finalement décidé d’interdire la secte après une réunion extraordinaire du bureau politique du Parti communiste tard lundi soir. La directive de Pékin, a précisé un journal, décrit la secte comme «une organisation illégale» et indique que toutes ses activités dans le pays sont désormais interdites. «Nous n’avons rien à dire», a déclaré un porte-parole du ministère de la Sécurité publique, tandis qu’un porte-parole du bureau des plaintes du gouvernement chinois s’est contenté de prendre note de la question. Selon un journal de Hong Kong, la police chinoise enquêterait sur les liens éventuels de la secte avec des «puissances étrangères» non identifiées, qui pourraient utiliser les millions d’adeptes de la secte pour déstabiliser la société chinoise. La police chinoise a lancé mardi un vaste coup de filet en direction des membres de la secte, qui s’est déjà traduite par des centaines, voire des milliers d’interpellations à travers le pays, sans parler des adeptes retenus dans les stades ou les écoles. Selon la secte, quelque 10 000 adeptes de la secte auraient également été rassemblés mercredi dans un stade de Shenyang (nord-est), tandis que 2 000 adeptes auraient été arrêtés mercredi à Tianjin (nord), 29 à Changchun (nord-est) et 10 à Nankin (est). Selon le Centre d’information pour les droits de l’homme, basé à Hong Kong, près de 1 000 adeptes de la secte ont été empêchés de faire leurs exercices matinaux à Xian (nord), tandis que de nouveaux rassemblements de protestations ont été signalés jeudi matin à Wuhan et Changsha (centre) ainsi qu’à Dalian et à Shijiazhuang (nord).
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