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Une star oubliée

Star des années 1960, la lune atteignait des sommets de popularité il y a trente ans. Trois ans plus tard, l’homme abandonnait l’astre à son sort, le plongeant à nouveau dans l’oubli. De 1969 à 1972, douze hommes ont laissé leurs empreintes dans la poussière lunaire. Se déplaçant à la surface pendant un total de près de 80 heures, à pied ou à bord d’une jeep, ils ont ramené de très nombreuses données sur notre satellite et quelque 400 kilos d’échantillons de roches. Le 14 décembre 1972, le dernier équipage à l’avoir foulée, Eugene Cernan et Harrison «Jack» Schmitt, quittait la lune. Ils mettaient fin, selon les mots prononcés alors par le président américain Richard Nixon, à «l’un des chapitres les plus importants de l’histoire des réalisations de l’homme». Après le feu d’artifice des missions Apollo, l’astre entrait alors dans une longue nuit, les États-Unis comme l’Union soviétique s’en désintéressant. Il y a encore deux ans, 75 % de sa surface n’étaient pas encore cartographiés. Le programme Apollo était «un pur produit d’une certaine période de l’histoire» au moment où Washington et Moscou «utilisaient leurs ‘premières’ spatiales comme champ de bataille de remplacement dans leur rivalité géopolitique mondiale», écrivait récemment le Pr John Logsdon, de l’Université George Washington. Le coup de poker lancé en 1961 par le président John Kennedy de faire débarquer un homme sur la lune avant la fin de la décennie répondait aux camouflets infligés par les Soviétiques avec le lancement du premier satellite, Spoutnik, et le vol du premier homme dans l’espace, Youri Gagarine. Quand Kennedy a approuvé ce programme, «il l’a considéré comme partie inévitable de la guerre froide et non pas comme un élément du développement spatial sur le long terme», selon le professeur Logsdon. C’est pour cette raison que «le programme Apollo ne peut être dupliqué». Pourtant, l’exploration de la lune a permis des avancées en montrant qu’elle est principalement constituée de matériaux volcaniques, que sa composition est similaire à celle de la terre et qu’elle possède un cœur métallique environ 15 fois plus petit que celui de notre planète. Elle a également entraîné une approche très différente dans la compréhension de la formation des corps planétaires, selon les spécialistes. Le président George Bush a bien tenté à l’occasion du 20e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11 de relancer l’intérêt pour l’exploration de la lune en déclarant qu’il était temps d’y revenir, et «cette fois pour y rester». Peine perdue. La lune n’intéressait plus les politiques et les coupes budgétaires imposées à la Nasa ne permettaient plus de projets aussi pharaoniques. De temps à autres, des projets d’implantation ont été évoqués, soit pour des objectifs scientifiques, soit pour l’installation d’une base de lancement pour des voyages interplanétaires. Mais ces études se heurtaient à un obstacle : l’absence présumée d’eau. Or cet élément se trouverait sur la lune sous forme de glace, a affirmé l’an dernier la Nasa grâce aux observations de la sonde Lunar Prospector. La quantité d’eau gelée mélangée à la couche superficielle de la surface est estimée par les spécialistes à au moins 11 millions de tonnes. Éparpillée aux pôles Nord et Sud, elle pourrait remplir un lac de 10 km2, d’une profondeur de 11 mètres. Elle pourrait permettre «une colonisation pendant des années», avait alors déclaré William Feldman, du laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique). La lune pourrait donc revoir un jour l’homme se poser sur son sol. Clin d’œil au premier pas de Neil Armstrong sur l’astre le 20 juillet 1969, la Nasa lancera dans l’espace mardi prochain, exactement trente ans après, une navette spatiale avec cinq membres d’équipage.
Star des années 1960, la lune atteignait des sommets de popularité il y a trente ans. Trois ans plus tard, l’homme abandonnait l’astre à son sort, le plongeant à nouveau dans l’oubli. De 1969 à 1972, douze hommes ont laissé leurs empreintes dans la poussière lunaire. Se déplaçant à la surface pendant un total de près de 80 heures, à pied ou à bord d’une jeep, ils ont ramené de très nombreuses données sur notre satellite et quelque 400 kilos d’échantillons de roches. Le 14 décembre 1972, le dernier équipage à l’avoir foulée, Eugene Cernan et Harrison «Jack» Schmitt, quittait la lune. Ils mettaient fin, selon les mots prononcés alors par le président américain Richard Nixon, à «l’un des chapitres les plus importants de l’histoire des réalisations de l’homme». Après le feu d’artifice des...