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Actualités - Chronologie

Le défi américain et l'échec russe

Le 21 juillet 1969, alors que Neil Armstrong et Edwin Aldrin déployaient la bannière étoilée sur la lune, à quelque 500 kilomètres de là, une sonde soviétique, Luna-15, s’écrasait au sol. L’ultime tentative de Moscou d’atténuer les effets de la grande victoire des Américains en leur volant in extremis la primeur de ramener sur terre des échantillons de roches lunaires au moins à l’aide d’un engin automatique venait d’échouer... «L’homme sur la lune n’était pas notre priorité», répétait-on inlassablement à Moscou jusqu’au milieu des années 1980. Les documents publiés depuis relèvent exactement le contraire. Parallèlement au programme – largement réussi – d’exploration de la lune au moyen d’engins inhabités, les Soviétiques avaient développé non pas un, mais deux autres programmes, dont l’aboutissement devait être l’arrivée de cosmonautes sur le satellite naturel de la terre. Le défi lancé en mai 1961 par John Kennedy, qui promettait un débarquement américain sur la lune avant la fin de la décennie, fut aussitôt relevé dans le plus grand secret par le numéro un soviétique, Nikita Khrouchtchev. Et c’est là que les choses sérieuses ainsi que des problèmes dus à la rivalité d’hommes commencent. Un programme lunaire est confié à Vladimir Tchelomeï, nommé constructeur principal des fusées puisqu’il eut l’heureuse idée de choisir comme son adjoint... le fils de Khrouchtchev, Sergueï. Adversaire du «père» des lanceurs soviétiques Sergueï Korolev, Tchelomeï se met au travail et propose une nouvelle fusée, UR-500, deux fois plus puissante que la Semiorka de Korolev. Elle doit autoriser un survol de la lune par un engin habité à l’automne 1967, en l’honneur du cinquantenaire de la révolution d’octobre. La version suivante, la super fusée UR-700, doit ensuite permettre aux Soviétiques de fouler le sol lunaire. Après le limogeage de Nikita Khrouchtchev, en 1964, les projets de Tchelomeï, jugés coûteux et inutiles, sont arrêtés. Leur seul résultat concret aura été une diminution des crédits alloués à l’équipe rivale. Korolev (décédé en 1966) et ses successeurs se consacrent, quant à eux, au développement d’un super lanceur, N1, destiné à envoyer – initialement dès 1968 – un seul cosmonaute sur la lune. Le premier étage de cette fusée est équipé de trente moteurs, mais cet ensemble ne fonctionnera jamais correctement. Les quatre tentatives de lancement, entre 1969 et 1972, aboutiront à autant d’explosions. Certains experts en attribuèrent la responsabilité à l’inexpérience du successeur de Korolev, Vassili Michine, d’autres au constructeur des moteurs, Valentin Glouchko, mais ils furent tous unanimes à estimer que la victoire américaine rendait la suite des efforts sans intérêt. Quelques fragments de N1 découpés pour servir de bacs à sable, de garages, voire de porcheries, sont aujourd’hui à Baïkonour les seuls témoins de cette page amère de l’histoire de la conquête spatiale soviétique.
Le 21 juillet 1969, alors que Neil Armstrong et Edwin Aldrin déployaient la bannière étoilée sur la lune, à quelque 500 kilomètres de là, une sonde soviétique, Luna-15, s’écrasait au sol. L’ultime tentative de Moscou d’atténuer les effets de la grande victoire des Américains en leur volant in extremis la primeur de ramener sur terre des échantillons de roches lunaires au moins à l’aide d’un engin automatique venait d’échouer... «L’homme sur la lune n’était pas notre priorité», répétait-on inlassablement à Moscou jusqu’au milieu des années 1980. Les documents publiés depuis relèvent exactement le contraire. Parallèlement au programme – largement réussi – d’exploration de la lune au moyen d’engins inhabités, les Soviétiques avaient développé non pas un, mais deux autres programmes,...