Les Chypriotes-Grecs voient dans la perspective d’adhésion à l’Union européenne un facteur essentiel pour stimuler les efforts de l’Onu et de Washington en vue de réunifier l’île. En attendant l’échéance européenne, le Conseil de sécurité de l’Onu a appelé, à la demande du G8, à la tenue d’une réunion en automne des leaders chypriote-grec Glafcos Cléridès et chypriote-turc Rauf Denktash pour trouver une solution «dans le cadre des résolutions de l’Onu» sur Chypre. «C’est la première fois que les pays les plus importants proclament un appui soutenu au secrétaire général de l’Onu (Kofi Annan) et promettent d’agir activement pour aider les deux parties à atteindre une solution», a indiqué le chef de la diplomatie Yannakis Cassoulidès. «Nous sommes dans une période d’attente et d’espoir», ajoute le ministre qui préfère «rester très prudent jusqu’à l’automne». C’est surtout avec «l’échéance de l’adhésion à l’UE que le statu quo actuel devra changer», a-t-il dit. M. Cassoulidès s’est notamment félicité de la position française appelant fin juin «les parties chypriotes à œuvrer sur la base des résolutions pertinentes de l’Onu à établir une fédération bizonale et bicommunautaire». «Tout dépendra de la détermination de l’UE, et des USA en particulier, à dire à la Turquie, nous avons besoin l’un de l’autre, mais cette fois-ci il doit y avoir une solution et il y en aura», assure M. Cassoulidès. Un ambassadeur occidental en poste à Nicosie estime que le pari chypriote-grec sur «le levier européen» pour accélérer la solution est «courageux et risqué». Depuis le début du processus d’adhésion de Chypre à l’UE, le leader chypriote-turc Rauf Denktash exige une confédération de deux États souverains et refuse de négocier sans reconnaissance préalable de la République turque de Chypre du Nord (RTCN). M. Denktash «sait bien que personne ne le reconnaîtra comme chef d’Etat avant de venir aux négociations, mais il tente d’obtenir un maximum de reconnaissance pour son statut», a affirmé le président Cléridès. Selon lui, «si le G8 laisse M. Annan seul sans exercer son influence sur Ankara, il n’y aura pas de résultats». Pour le conseiller de M. Denktash, Ergun Olgun, le vrai problème c’est que la République de Chypre «ne représente plus l’ensemble de l’île mais uniquement les Chypriotes-Grecs». «Nous n’acceptons rien de moins que d’être traités en État souverain. Nous avons expérimenté en 25 ans la liberté, un drapeau, une autorité, et nous voulons être traités comme une personnalité légale indépendante», a déclaré M. Olgun. L’ambassadeur de l’UE à Nicosie, Donato Chiarini, affirme que «s’il y a une entreprise qui donne des garanties à tout groupe culturel pour s’épanouir et s’exprimer librement, où la taille des nations n’est pas un critère prépondérant, c’est bien la maison Europe». Il évoque la façon de voir de l’UE : «Travaillons, commerçons, et nous pourrons combler le fossé politique en rapprochant les sociétés par la communication, les échanges, la culture». «La sécurité, qui est au cœur des préoccupations politiques, est donnée en cadeau quand ces conditions, notamment le respect des droits de l’homme, sont satisfaites», estime M. Chiarini.
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