Le champion d’Italie Salvatore Commesso a devancé trois autres coureurs italiens à Albi, terme de la treizième étape du Tour de France. Par une chaleur caniculaire qui a usé le peloton. Cinq à six litres d’eau fraîche par coureur. Cinquante-quatre degrés au maximum. Une tonne d’eau pour refroidir la chaussée en cours d’étape. Dans Albi, transformée en ville-sauna, les coureurs ont davantage parlé de la canicule, de leurs maux, petits ou grands, que des à-côtés de la course. Ainsi va la vie de la Grande Boucle, toujours contrôlée par l’Américain Lance Armstrong. Entre Saint-Flour et Albi, sur les routes pittoresques et surchauffées du Cantal, de l’Aveyron et du Tarn, le peloton du Tour a vécu en effet une journée caniculaire selon le scénario habituel des étapes de transition. Des mouvements de course dès le départ, une quinzaine de baroudeurs prêts à en découdre malgré la distance de 236,5 kilomètres – la plus longue du Tour –, un groupe (Farazijn, R. Meier, Totschnig, Lanfranchi, Perez-Rodriguez, Commesso, Serpellini, Piccoli, Pascual Rodriguez, Cerezo, Mengin, Garcia-Acosta, Pena, Giunti, Lebreton) qui se constitue à partir du 3e kilomètre, et l’étape a pris sa tournure définitive. Douze minutes au Km 96, dix-neuf minutes au Km 172, l’écart a grandi dans des proportions importantes sans que s’affole le peloton, conduit à un train modéré par l’équipe d’Armstrong limitée désormais à sept coureurs après l’abandon du Danois Peter Meinert-Nielsen. Dans pareilles circonstances, la chasse aux bidons est privilégiée surtout quand le coureur le plus «dangereux» du groupe d’échappés, l’Italien Paolo Lanfranchi, compte plus d’une demi-heure de retard au classement. Comme une batterie À l’intérieur de la course, le Dr Gérard Porte à vécu cette journée particulière. «C’était une très grosse chaleur mais, sur le Tour, la température n’est pas exceptionnelle», a estimé le médecin-chef du Tour, idéalement placé pour délivrer la recette antichaleur. «Les boissons sucrées sont recommandées mais les coureurs ne peuvent les prendre qu’en début d’étape. Ensuite, elles ont du mal à passer. Il vaut mieux alors boire beaucoup, de l’ordre de dix à douze bidons, et s’en servir aussi pour s’arroser. Il faut faire attention car l’organisme est déjà sollicité par la dépense liée à l’activité physique. Quand il fait très chaud, il doit lutter aussi contre la hausse de la température». Mais les défaillances interviennent rarement dès la première journée de canicule. «C’est la répétition de ces étapes qui pèse. À cause de la fatigue surtout, de la difficulté à récupérer en dormant bien la nuit», souligne le Dr Porte qui compare l’organisme du coureur à une batterie. «Au départ du Puy-du-Fou, le niveau d’énergie atteint le cent pour cent. Puis, au fil des étapes, il finit par baisser si la récupération s’opère mal». Pour Salvatore Commesso, tout... frais champion d’Italie depuis sa victoire du 27 juin, le niveau d’énergie reste encore à un seuil très acceptable. Dynamique en diable, celui que ses coéquipiers appellent «Toto» a manœuvré à la perfection pour signer la sixième victoire italienne de ce Tour de France, après les quatre sprints de son coéquipier Mario Cipollini et l’escalade de Giuseppe Guerini à L’Alpe D’Huez. La croisade albigeoise Le Napolitain, suivi par Marco Serpellini, a réagi à une attaque de Vicente Garcia Acosta à moins de quarante kilomètres de l’arrivée. Le duo italien a distancé ensuite l’Espagnol pour se diriger vers Albi en se relayant à la perfection. Au sprint, le plus petit (1,65 m) s’est joué du plus grand (1,87 m) qui a tenté une attaque désespérée sous la flamme rouge du dernier kilomètre. Mais Commesso ne s’est pas fait surprendre. Calé dans la roue de son compatriote, l’ancien champion d’Europe espoirs a déboîté comme à la parade pour s’imposer de plusieurs longueurs. Derrière le duo, deux autres coureurs italiens (Piccoli, Lanfranchi) ont complété le quarté italien dans la cité d’Albi que Jean Jaurès, Tarnais d’origine, comparait au début du siècle, à «une ville italienne faite surtout pour le culte de l’art et d’une sereine philosophie». La sérénité, voilà bien le climat qui manque à un Tour de France secoué par la moindre déclaration. Au lendemain de son abandon retentissant et ultramédiatisé, Christophe Bassons s’est exprimé devant les caméras. Quasiment dépressif vendredi matin, le jeune Mazamétain s’est vite rétabli. Le héraut de la lutte antidopage en a profité pour repartir en croisade contre le «silence» des autres coureurs, non sans glisser quelques piques à son équipe de La Française des Jeux et à son directeur sportif. Mais Bassons, de son propre chef, n’est plus sur le Tour.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le champion d’Italie Salvatore Commesso a devancé trois autres coureurs italiens à Albi, terme de la treizième étape du Tour de France. Par une chaleur caniculaire qui a usé le peloton. Cinq à six litres d’eau fraîche par coureur. Cinquante-quatre degrés au maximum. Une tonne d’eau pour refroidir la chaussée en cours d’étape. Dans Albi, transformée en ville-sauna, les coureurs ont davantage parlé de la canicule, de leurs maux, petits ou grands, que des à-côtés de la course. Ainsi va la vie de la Grande Boucle, toujours contrôlée par l’Américain Lance Armstrong. Entre Saint-Flour et Albi, sur les routes pittoresques et surchauffées du Cantal, de l’Aveyron et du Tarn, le peloton du Tour a vécu en effet une journée caniculaire selon le scénario habituel des étapes de transition. Des mouvements de course...