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Actualités - Chronologie

Un système éducatif à revoir de fond en comble

À l’image de dizaines de milliers d’enfants du Kosovo, Azme veut oublier la violence des derniers mois et échapper au décor de ruines calcinées dans lequel elle vit à Kosovska Mitrovica (nord). La petite Albanaise de 9 ans n’a plus qu’une préoccupation : «Quand reprendra l’école ?», répète-t-elle sans cesse à sa mère. Le moment de la reprise des cours, théoriquement fixé à septembre, paraît secondaire par rapport à la nécessité de créer un nouveau système éducatif unifié pour remplacer une organisation discriminatoire et chaotique dans une région ravagée par la guerre. Depuis 1991, les écoles primaires et secondaires du Kosovo étaient exclusivement réservées aux Serbes. Les élèves albanais (plus de 320 000 dans le primaire et quelque 70 000 dans le secondaire) en avaient été chassés pour avoir refusé les programmes scolaires imposés par Belgrade. Les Serbes parlent de leur côté de «boycott» décidé par les Albanais. «L’enseignement proposé dans les écoles publiques était exclusivement en serbe et la conception de l’histoire était particulière», souligne Amri Jektu, ancien professeur albanais de sciences humaines. La politique de «serbisation» de l’école menée depuis 1990 par le régime du président yougoslave Slobodan Milosevic a également conduit au licenciement de dizaines de milliers d’enseignants albanais. L’Université de Pristina réserve depuis ses locaux aux Serbes et la langue albanaise n’y a plus droit de cité. Seuls quelques dizaines d’Albanais – élèves et professeurs – acceptant de travailler en serbe sont restés à l’université. Les Albanais les plus chanceux ont dû partir étudier à l’étranger, en Allemagne ou en Bulgarie. Avec des moyens de fortune, les autres ont mis en place une école clandestine, souvent chez l’habitant. «J’ai passé mes examens de médecine dans une cuisine, dans le sous-sol d’une maison de Pristina», se rappelle Enver Zhubi, anesthésiste à Kosovska Mitrovica. Financé par des dons privés, venant essentiellement de la diaspora, ce système parallèle s’effondre rapidement. «Les dernières années ont été catastrophiques», rapporte Baji Berisha, professeur de français dans la grande ville du nord. «Le niveau était très bas et les professeurs peu motivés», dit-il. Selon des témoignages concordants d’enseignants albanais, le taux d’analphabétisme serait très élevé parmi les jeunes Albanais en raison de l’inefficacité de l’enseignement, souvent interrompu par les combats. Payés entre 100 et 200 francs par mois (33 dollars), beaucoup de professeurs albanais ont choisi l’exil. Mais les temps ont changé. Ainsi Stana Draskovic, une Serbe agrégée de mathématiques de l’université de Pristina, a trouvé cette semaine un ancien collègue albanais installé dans son bureau. «Il m’a dit que je pouvais rester chez moi», dit-elle. Stana et ses collègues serbes, dont la majorité ne parlent pas l’albanais, affirment redouter un retour à la médiocrité d’avant 1991 quand les Albanais produisaient des diplômés sans aucune valeur à des fins politiques. Un nouveau recteur serbe de l’Université de Pristina, Jagos Zelenovic, a été nommé pendant les bombardements de l’Otan mais Jeze Ramadan, professeur de physique albanais à l’université, affirme que l’«avenir de l’enseignement au Kosovo est albanais». Si la rentrée est maintenue en septembre prochain, la communauté internationale ne dispose que d’un mois et demi pour remettre sur pied un système éducatif et reconstruire des locaux scolaires, détruits au cours des opérations serbes ou des bombardements de l’Otan.
À l’image de dizaines de milliers d’enfants du Kosovo, Azme veut oublier la violence des derniers mois et échapper au décor de ruines calcinées dans lequel elle vit à Kosovska Mitrovica (nord). La petite Albanaise de 9 ans n’a plus qu’une préoccupation : «Quand reprendra l’école ?», répète-t-elle sans cesse à sa mère. Le moment de la reprise des cours, théoriquement fixé à septembre, paraît secondaire par rapport à la nécessité de créer un nouveau système éducatif unifié pour remplacer une organisation discriminatoire et chaotique dans une région ravagée par la guerre. Depuis 1991, les écoles primaires et secondaires du Kosovo étaient exclusivement réservées aux Serbes. Les élèves albanais (plus de 320 000 dans le primaire et quelque 70 000 dans le secondaire) en avaient été chassés pour...