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Actualités - Chronologie

L'intervention de l'Otan au Kosovo trouve un écho dans le Caucase

L’intervention de l’Otan en Yougoslavie pour défendre une minorité régionale face à une majorité répressive a trouvé un écho certain dans le Caucase, où les situations rappelant celle du Kosovo ne manquent pas. L’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie se disputent cependant le rôle de victime. Chacun des trois pays avance que, si l’Otan intervient dans la région, ce serait pour le protéger contre l’agression qu’il subit. «Je pense qu’une intervention de l’Otan dans le Caucase serait souhaitable», a déclaré le conseiller aux Affaires étrangères azéri Vafa Goulizadé. «L’Azerbaïdjan aussi a subi un nettoyage ethnique». «Grâce à l’intervention de l’Otan, les réfugiés du Kosovo sont en train de retourner chez eux», ajoute-t-il. «Je crois que si les forces de l’Otan étaient placées dans la région, les Arméniens seraient obligés de quitter nos territoires qu’ils occupent». L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont combattu pendant six ans pour la région azerbaïdjanaise du Nagorny-Karabakh, une enclave peuplée majoritairement d’Arméniens qui a déclaré son indépendance en 1988. Quand un cessez-le-feu fut signé en 1994, les forces arméniennes du Karabakh occupaient la plupart de la région indépendantiste et une partie du territoire azerbaïdjanais proche de la frontière avec l’Arménie. Près de 600 000 Azerbaïdjanais, soit 10 % de la population, ont dû quitter leurs maisons durant la guerre. Vafa Goulizadé aimerait voir les troupes de l’Otan «rester à la frontière pendant que se dérouleraient les négociations de paix». Le président géorgien Edouard Chevardnadzé a lui aussi dressé récemment un parallèle entre le conflit du Kosovo et la situation interne de son pays. Il a comparé la fuite des Kosovars à celle des réfugiés géorgiens qui habitaient dans la région séparatiste d’Abkhazie, au nord-ouest du pays. Là encore, une guerre a provoqué des exodes massifs, alors que les Abkhazes réussissaient à obtenir une indépendance de fait. Près de 200 000 personnes ont fui les combats en 1993. «Le génocide et l’épuration ethnique sont inacceptables et doivent être punis», a déclaré le président géorgien, qui verrait d’un bon œil une intervention de l’Otan. S’il n’a pas appelé de ses vœux une intervention de l’Alliance dans le Caucase, le ministre arménien des Affaires étrangères, Vartan Oskanian, a comparé la semaine dernière les Kosovars aux Arméniens du Nagorny-Karabakh dans leur lutte pour l’indépendance. Pour pousser la comparaison jusqu’au bout, l’Otan aurait à bombarder Bakou (Azerbaïdjan), a estimé M. Oskanian lors d’un discours à Washington. Le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, a mis un terme aux discussions en déclarant à Bruxelles, après une rencontre avec le président arménien Robert Kotcharian, que l’Alliance n’envisageait aucun déploiement dans la région et qu’elle maintenait de bonnes relations avec tous les pays du Caucase. M. Goulizadé, le conseiller azéri pour les Affaires étrangères, reste cependant optimiste sur le long terme, soulignant que l’Otan ne pourra pas justifier longtemps de défendre les droits de l’homme au Kosovo et pas dans le Caucase, qui fait aussi partie de l’Europe. «La question n’est pas de savoir quand un déploiement paraît réaliste» estime M. Goulizadé. «Il s’agit d’une question de principes : si le conflit (azerbaïdjano-arménien) n’est pas résolu, l’Otan se doit d’intervenir», ajoute-t-il.
L’intervention de l’Otan en Yougoslavie pour défendre une minorité régionale face à une majorité répressive a trouvé un écho certain dans le Caucase, où les situations rappelant celle du Kosovo ne manquent pas. L’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Géorgie se disputent cependant le rôle de victime. Chacun des trois pays avance que, si l’Otan intervient dans la région, ce serait pour le protéger contre l’agression qu’il subit. «Je pense qu’une intervention de l’Otan dans le Caucase serait souhaitable», a déclaré le conseiller aux Affaires étrangères azéri Vafa Goulizadé. «L’Azerbaïdjan aussi a subi un nettoyage ethnique». «Grâce à l’intervention de l’Otan, les réfugiés du Kosovo sont en train de retourner chez eux», ajoute-t-il. «Je crois que si les forces de l’Otan étaient placées...