L’Égypte accueille aujourd’hui le Premier ministre israélien Ehud Barak dont elle attend des mesures concrètes pour reconstruire le climat de confiance «détruit» par son prédécesseur Benjamin Netanyahu. Le président égyptien Hosni Moubarak s’entretiendra vendredi avec M. Barak autour d’un petit déjeuner de travail au palais de Ras el-Tine dans la ville méditerranéenne d’Alexandrie, a-t-on appris jeudi auprès de la présidence. «M. Barak doit en premier lieu reconstruire la confiance entre Israël et les pays arabes, totalement détruite par Netanyahu, en commençant par appliquer l’accord de Wye Plantation et en arrêtant la colonisation», a par ailleurs affirmé une source aux Affaires étrangères. «Il doit prouver qu’il vient avec une nouvelle politique et pas seulement un nouveau gouvernement qui pourrait n’être que l’autre face d’une monnaie à l’effigie de Netanyahu», a-t-on ajouté de même source. «C’est un défi très sérieux à relever, mais nécessaire pour fermer la plaie béante laissée par Netanyahu», estime la source, soulignant que le discours de M. Barak à la Knesset «émet des signaux positifs». «Il ne fait pas référence à la colonisation et les lignes générales qu’il a énoncées affirment qu’aucune nouvelle colonie ne sera construite jusqu’à la conclusion des négociations sur la situation finale des territoires, contrairement à Netanyahu qui avait insisté sur la poursuite de la colonisation», rappelle la source du ministère. «La façon d’aborder le volet syrien du processus de paix est également totalement opposée à celle de Netanyahu et donne à Barak le bénéfice du doute», souligne-t-elle encore. «Selon Barak, les négociations reprendront sur les résolutions 242 et 338 de l’ONU qui reposent sur le principe de l’échange de la terre contre la paix. À l’opposé, Netanyahu posait une précondition dissuasive aux Syriens en affirmant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan», rappelle encore la source. Celle-ci met aussi en relief le fait que M. Barak a affirmé sa volonté d’œuvrer avec les Palestiniens sur des bases de «respect et de partenariat» et «reprend les termes» du président palestinien Yasser Arafat en assurant vouloir conclure «la paix des braves». Dans un entretien publié mercredi par le quotidien français Le Figaro, M. Moubarak a estimé que M. Barak était «prometteur». «Je pense que les choses vont bouger», a estimé le président égyptien. «D’un autre côté, nous trouvons inquiétantes certaines déclarations sur la possibilité de demander aux Palestiniens d’introduire des changements sur l’accord de Wye Plantation», commente la source du ministère des Affaires étrangères. Le quotidien gouvernemental al-Ahram publie jeudi des déclarations de M. Haïm Ramon, ministre chargé des affaires du Conseil des ministres israélien, indiquant que M. Barak pourrait demander des modifications de l’accord. «Finalement, nous verrons ce qui sera réalisé sur le terrain avant de juger le gouvernement Barak car il ne faut pas placer la barre de l’optimisme trop haut», poursuit la source ministérielle. «Il ne faut pas oublier, conclut-elle, que le monde arabe avait placé beaucoup d’espoirs sur Shimon Peres qui a cependant été responsable du massacre de Cana», village libanais bombardé par des tirs de l’artillerie israélienne qui a fait 103 morts en avril 1996.
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