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Actualités - Chronologie

L'opposition yougoslave fait monter la pression

Malgré les menaces de la police et des autorités, les manifestations de défiance à l’égard du gouvernement yougoslave se multiplient, au même rythme que les pétitions exigeant la démission du président, Slobodan Milosevic. L’Alliance pour le changement, qui regroupe une multitude de petits partis d’opposition, organisait hier soir sa seconde manifestation à Uzice, à 200 kilomètres au sud de Belgrade. Lundi soir, environ 20 000 personnes sont descendues dans les rues de Leskovac, dans le sud de la Serbie, pour demander des réformes politiques et réclamer le départ de Milosevic, responsable à leurs yeux de la catastrophe économique engendrée par la campagne de bombardements de l’Otan. Si cette manifestation, organisée par un journaliste local, visait un responsable politique local, elle a changé de nature au fur et à mesure qu’elle grossissait, pour se transformer en rassemblement anti-Milosevic. Ivan Novkovic avait réussi à mobiliser les habitants de Leskovac en interrompant la semaine dernière la rediffusion des quarts de finale du championnat d’Europe de basket-ball. Il a été arrêté mardi, rapporte l’agence de presse serbe Beta. L’Alliance pour le changement a annoncé qu’elle continuerait d’organiser des manifestations tout l’été et ferait circuler de nouvelles pétitions en dépit de l’arrestation de plusieurs militants ces derniers jours. Draskovic, le caméléon politique La semaine dernière, le premier rassemblement organisé par l’Alliance a réuni près de 10 000 personnes à Cacak. Mardi, les réservistes de l’armée yougoslave ont érigé de nouveaux barrages sur l’autoroute reliant Kraljevo à Krusevac, dans le centre de la Serbie, comme ils le font régulièrement depuis la fin du conflit. Beta a précisé qu’ils n’étaient pas satisfaits des résultats des négociations de l’état-major sur leurs arriérés de salaire. Vuk Draskovic, qui est passé au cours des six derniers mois de figure de l’opposition à ministre de Milosevic pour revenir au sein de l’opposition, a demandé mardi une réforme immédiate du gouvernement. Selon Draskovic, qui est à la tête du Parti de renouveau serbe, ces réformes doivent doter l’exécutif yougoslave de pouvoirs réels face à la toute-puissante présidence et intégrer de façon équilibrée les deux entités de la République fédérale, la Serbie et le Monténégro. Si ces changements sont mis en place, Draskovic fait savoir qu’il reprendra sa place au sein du gouvernement. On estime que Draskovic a toutes les chances d’être réintégré à la faveur d’un remaniement, pour atténuer les appels à la démission de Milosevic. C’est pourquoi, après avoir mené les manifestations de l’hiver 96-97, il reste cette fois-ci à l’écart des défilés qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes ces derniers jours. «Si nous ne sommes pas dans la rue actuellement, il y a une raison (...) Nous déciderons que notre heure est venue de manifester quand nous le voudrons», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.
Malgré les menaces de la police et des autorités, les manifestations de défiance à l’égard du gouvernement yougoslave se multiplient, au même rythme que les pétitions exigeant la démission du président, Slobodan Milosevic. L’Alliance pour le changement, qui regroupe une multitude de petits partis d’opposition, organisait hier soir sa seconde manifestation à Uzice, à 200 kilomètres au sud de Belgrade. Lundi soir, environ 20 000 personnes sont descendues dans les rues de Leskovac, dans le sud de la Serbie, pour demander des réformes politiques et réclamer le départ de Milosevic, responsable à leurs yeux de la catastrophe économique engendrée par la campagne de bombardements de l’Otan. Si cette manifestation, organisée par un journaliste local, visait un responsable politique local, elle a changé de nature au fur...