«Ce n’est que dans les années 60 que j’ai connu personnellement Toufic Youssef Aouad, rapporte Ounsi el-Hajj. J’ai découvert alors un homme à l’esprit étonnamment jeune. Il avait beaucoup de fraîcheur, d’humour et de finesse, dit-il. Toufic Aouad avait le souci d’être toujours contemporain, dans le sens ontologique. Il voulait rester jeune, dans son intention, sa volonté. Et il l’était. Malgré le nombre d’années qui nous séparaient, je n’ai jamais senti d’écart entre nous, et il me parlait d’égal à égal». Et de poursuivre : «La jeunesse était une flamme qui brûlait en lui, et qui n’a jamais disparu. Même à 76 ans, la vieillesse n’avait pas prise sur lui. Il avait un formidable appétit de vivre. Qu’on sentait beaucoup dans son écriture mais aussi dans sa vie. C’était un volcan, en perpétuelle gestation. Pendant les 20 ans où je l’ai connu, il a gardé le même dynamisme. Il avait toujours l’esprit en alerte, et il est resté enthousiaste et exalté, jusqu’au bout. Mais sans jamais être naïf». Al Raghif est le premier ouvrage de Toufic Youssef Aouad que Ounsi el-Hajj lit, à 14-15 ans, dans la bibliothèque de son père. «À travers ce roman, j’ai vécu la Première Guerre mondiale, comme au cinéma, se souvient-il. Toufic Youssef Aouad avait cette incroyable capacité de créer une atmosphère, un climat. C’était comme s’il allumait une lampe et nous faisait entrer dans la lumière des choses». Côté style, Ounsi el-Hajj relève l’«écriture nerveuse» de Toufic Aouad. Même dans sa poésie. «Il décrivait merveilleusement bien les misères, psychiques et morales, mais jamais avec un ton de pitié», insiste-t-il. «Il était également très attentif aux détails et accordait beaucoup d’importance aux normes esthétiques et littéraires». Toufic Youssef Aouad n’était pas un homme «facile à émouvoir», ajoute Ounsi el-Hajj. «Mais lorsqu’il aimait ou admirait, il le faisait avec beaucoup de générosité. Il avait toujours cette disposition à “tomber en amour”. D’ailleurs, son livre Hisad el-omr se termine par cette phrase : “Je m’en vais vers un nouveau rendez-vous avec l’amour”, conclut-il.
«Ce n’est que dans les années 60 que j’ai connu personnellement Toufic Youssef Aouad, rapporte Ounsi el-Hajj. J’ai découvert alors un homme à l’esprit étonnamment jeune. Il avait beaucoup de fraîcheur, d’humour et de finesse, dit-il. Toufic Aouad avait le souci d’être toujours contemporain, dans le sens ontologique. Il voulait rester jeune, dans son intention, sa volonté. Et il l’était. Malgré le nombre d’années qui nous séparaient, je n’ai jamais senti d’écart entre nous, et il me parlait d’égal à égal». Et de poursuivre : «La jeunesse était une flamme qui brûlait en lui, et qui n’a jamais disparu. Même à 76 ans, la vieillesse n’avait pas prise sur lui. Il avait un formidable appétit de vivre. Qu’on sentait beaucoup dans son écriture mais aussi dans sa vie. C’était un volcan, en...
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