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Actualités - Chronologie

Une force internationale au Kosovo, ou comment plaire à Moscou

Confrontés au durcissement de la Russie, les États-Unis et leurs alliés commencent à minimiser le rôle de l’Otan dans la future force multinationale qui doit être déployée au Kosovo, selon des analystes. «Ils essayent de faire revenir la Russie», a affirmé à Washington Stanley Sloane, expert en relations internationales spécialisé dans l’Otan. «C’est le facteur principal, et ils essayent (aussi) d’obtenir un soutien international accru pour aller au Kosovo». Le passage subtil de l’expression «force dirigée par l’Otan» à celle plus anodine de «force internationale» est devenu frappant ce week-end après la mise en garde du président russe Boris Eltsine sur les risques d’une guerre européenne, voire mondiale, en cas d’envoi de troupes sur le sol du Kosovo. L’Otan a toujours affirmé que des non-membres, et en particulier la Russie ou l’Ukraine, seraient invités à participer à une force après la signature d’un accord de paix sur le Kosovo. Mais le soutien croissant des opinions publiques occidentales à l’envoi de troupes terrestres a inquiété Moscou et provoqué sa mise en garde. «Nous sommes en train de chercher la manière de réparer les pots cassés avec la Russie», a déclaré un expert du Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, le colonel américain à la retraite William Taylor. «Les Russes vont devenir fous si nous dépêchons de troupes terrestres» au Kosovo, a-t-il affirmé. Après avoir été abordés par les Français et les Allemands, les États-Unis ont accédé lundi à une «force internationale», la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright ayant affirmé «qu’il fallait trouver un moyen pour que la Russie participe à une solution» du conflit au Kosovo. Mme Albright a rappelé, à l’issue d’une rencontre ministérielle de l’Otan à Bruxelles, que «la Russie participe tout à fait à ce que nous faisons en Bosnie et au Kosovo depuis un an», faisant référence à la participation de troupes russes à la force de l’Otan (Sfor) en Bosnie et au fait que la Russie est membre du Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie. Mais Mme Albright, de même que le secrétaire à la Défense, William Cohen, ont précisé que l’Otan devrait avoir «un rôle central» dans une telle force. «Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres façons pour faire en sorte que d’autres forces en fassent partie», a ajouté Mme Albright à Bruxelles à la veille de sa rencontre à Oslo avec son homologue russe Igor Ivanov. M. Cohen a rejeté clairement tout autre commandement. «Nous pensons qu’une force internationale de maintien de la paix (au Kosovo) devra être dirigée par l’Otan», a-t-il dit lundi, en soulignant que «sans l’infrastructure de l’Otan et sa structure de commandement, elle serait d’un bien faible réconfort aux Albanais du Kosovo». Pour les analystes, même si la force devait être en fin de compte composée pour l’essentiel d’éléments de l’Otan et dirigée par l’Alliance, le recours à l’expression «force internationale» est destiné à s’attirer les grâces de la Russie. Il s’agit de «donner aux Russes le sentiment qu’ils sont impliqués», a estimé le directeur exécutif du Conseil d’action pour les Balkans, Jim Hooper, favorable à un plus grand engagement des Occidentaux au Kosovo. «Ils ont besoin de l’Occident», a affirmé M. Sloane en faisant référence aux Russes. «Ils ont besoin des États-Unis, des Européens de l’Ouest, et s’ils cherchent à revenir dans le jeu, ils pourraient être prêts à prendre ce chemin tout en le prenant pour ce qu’il est».
Confrontés au durcissement de la Russie, les États-Unis et leurs alliés commencent à minimiser le rôle de l’Otan dans la future force multinationale qui doit être déployée au Kosovo, selon des analystes. «Ils essayent de faire revenir la Russie», a affirmé à Washington Stanley Sloane, expert en relations internationales spécialisé dans l’Otan. «C’est le facteur principal, et ils essayent (aussi) d’obtenir un soutien international accru pour aller au Kosovo». Le passage subtil de l’expression «force dirigée par l’Otan» à celle plus anodine de «force internationale» est devenu frappant ce week-end après la mise en garde du président russe Boris Eltsine sur les risques d’une guerre européenne, voire mondiale, en cas d’envoi de troupes sur le sol du Kosovo. L’Otan a toujours affirmé que des...