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Actualités - Chronologie

Sécurité maximale pour la presse étrangère

Dans le taxi qui conduit trois journalistes étrangers à un meeting de la campagne présidentielle algérienne, le jeune policier en jean et blouson de cuir qui les accompagne regarde sans cesse dans le rétroviseur. Alors que le véhicule se fraye difficilement un chemin dans les petites rues d’Alger, le policier surveille les autres voitures et la foule, très dense, sur les trottoirs. Le talkie-walkie du garde du corps grésille sans arrêt d’interjections en arabe dialectal mêlé de français: les policiers recherchent deux journalistes qui ont réussi à «échapper» à leurs anges gardiens imposés. Pour tous les membres de la presse étrangère, la contrainte est la même : impossible de circuler dans et hors de la capitale sans escorte. Officiellement, le terrorisme urbain, avec son cortège d’assassinats et de voitures piégées, a été jugulé à Alger. Mais les autorités algériennes ne souhaitent visiblement prendre aucun risque avec la sécurité des membres de la presse internationale, venus en grand nombre couvrir l’élection présidentielle du 15 avril. À l’hôtel Aurassi, un immense cube de béton au sommet d’une colline dominant la rade d’Alger, et où sont logés la majorité des journalistes étrangers, il y a foule dans le hall. Les reporters qui s’expriment dans toutes les langues font la queue devant une petite table où sont assis des responsables des services de sécurité. Il faut remplir des formulaires, un pour «Alger centre», un autre pour la «Wilaya (département) d’Alger». Il faut noter son nom, l’organe de presse pour lequel on travaille et l’heure de départ. À Alger, l’escorte se compose, selon les disponibilités, d’un véhicule suiveur, avec plusieurs gardes du corps, ou d’un policier à bord du taxi. Convoi, escorte et gardes du corps Pour sortir d’Alger ville, il faut déposer sa demande 24 heures à l’avance, afin de «faciliter la coordination entre la police et la gendarmerie locale», explique un membre des services de sécurité. Les journalistes ne se déplacent qu’en convoi, escortés par des fourgonnettes, remplies à ras bord de gendarmes en tenue vert bouteille, armés de Kalachnikovs. Cette présence permanente de policiers ou de gendarmes irrite certains journalistes. «En 1995, lors de la dernière présidentielle, et en 1996, on pouvait signer une décharge à la police et circuler librement. Aujourd’hui, l’Algérie est le seul pays au monde où on ne peut pas sortir de son hôtel sans escorte policière», tempête un vieux routier des reportages dans le pays. Un photographe renchérit: «Je suis allé dîner au restaurant avec des amis algériens et durant tout le repas, mes gardes du corps étaient à la table d’à côté. Ce n’était pas très marrant». Un reporter radio, qui s’est rendu dimanche à Bentalha (à environ 15 kilomètres d’Alger), où un massacre a été commis par les islamistes, raconte : «Quand je posais des questions au gens sur l’élection et sur la situation, ils me répondaient : “tout va bien, le président (Liamine Zéroual) s’occupe de nous”. Mais tout était biaisé par la présence des policiers». D’autres, toutefois, ne se plaignent pas des contraintes sécuritaires, comme cette correspondante d’une radio étrangère : «Quand je sors en ville, je mets mes anges gardiens de côté et je fais mes micro-trottoirs comme je veux», a-t-elle expliqué.
Dans le taxi qui conduit trois journalistes étrangers à un meeting de la campagne présidentielle algérienne, le jeune policier en jean et blouson de cuir qui les accompagne regarde sans cesse dans le rétroviseur. Alors que le véhicule se fraye difficilement un chemin dans les petites rues d’Alger, le policier surveille les autres voitures et la foule, très dense, sur les trottoirs. Le talkie-walkie du garde du corps grésille sans arrêt d’interjections en arabe dialectal mêlé de français: les policiers recherchent deux journalistes qui ont réussi à «échapper» à leurs anges gardiens imposés. Pour tous les membres de la presse étrangère, la contrainte est la même : impossible de circuler dans et hors de la capitale sans escorte. Officiellement, le terrorisme urbain, avec son cortège d’assassinats et de voitures...