Le président yougoslave Slobodan Milosevic mise sur le chef modéré des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, pour faire avancer le processus de paix, installer un gouvernement provisoire dans la province et favoriser le retour des réfugiés, a déclaré un responsable yougoslave. «Nous considérons que le Dr Rugova a un mandat de la communauté albanaise pour discuter du règlement de la situation politique au Kosovo», a dit Nebojsa Vujovic, porte-parole du ministère yougoslave des Affaires étrangères. «Nous ne discuterons plus avec des bandits et des terroristes, c’est terminé», a-t-il affirmé, en référence aux séparatistes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et à Hashim Thaçi, leur représentant aux pourparlers de paix qui ont eu lieu en février et mars en France. M. Milosevic a renoué le dialogue avec M. Rugova, le 1er avril à Belgrade. MM. Milosevic et Rugova ont alors convenu de coopérer en vue d’un «règlement politique durable», selon le porte-parole. Depuis, Nikola Sainovic, vice-Premier ministre yougoslave, a rencontré à deux reprises M. Rugova, à Pristina (chef-lieu du Kosovo). Le chef de la délégation de Belgrade aux pourparlers en France, Ratko Markovic, a participé vendredi à la deuxième de ces rencontres qui, selon le porte-parole, ont permis de «préciser le cadre d’un règlement de la situation politique au Kosovo». Lors des négociations en France, M. Rugova a été «relégué» au second plan par les médiateurs américain Christopher Hill et européen Wolfgang Petritsch. Ceux-ci ont fait «une figure politique» de Hashim Thaçi, «un terroriste, un bandit, un criminel», a poursuivi M. Vujovic. «Aujourd’hui, l’UCK n’existe plus en tant que facteur au Kosovo», a-t-il affirmé. M. Rugova est «resté de plein gré au Kosovo et sa liberté de mouvement n’est absolument pas limitée», a assuré M. Vujovic. Toutefois, a-t-il estimé, M. Rugova est «conscient que son départ à l’étranger pourrait susciter toutes sortes de pressions politiques (...) pour l’inciter à se retirer du processus politique. La participation de M. Rugova au processus politique coupe l’herbe sous les pieds de l’agresseur (l’Otan). Ceux qui ont peur de lui voudraient le voir à l’étranger pour le mettre à l’écart», selon le porte-parole. Belgrade, a-t-il dit, propose de mettre en place au Kosovo un «gouvernement provisoire» réunissant des représentants des Serbes, des Albanais et des autres communautés nationales. Parallèlement, des avancées sur la voie politique doivent favoriser «le retour des réfugiés, en coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge et le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’Onu». «Les gens fuient le Kosovo à cause des bombardements de l’Otan» et affirmer qu’ils sont chassés est une «tromperie pour faire croire à une catastrophe humanitaire, qui n’est qu’un masque destiné à préserver la crédibilité de l’Otan», selon M. Vujovic.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président yougoslave Slobodan Milosevic mise sur le chef modéré des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, pour faire avancer le processus de paix, installer un gouvernement provisoire dans la province et favoriser le retour des réfugiés, a déclaré un responsable yougoslave. «Nous considérons que le Dr Rugova a un mandat de la communauté albanaise pour discuter du règlement de la situation politique au Kosovo», a dit Nebojsa Vujovic, porte-parole du ministère yougoslave des Affaires étrangères. «Nous ne discuterons plus avec des bandits et des terroristes, c’est terminé», a-t-il affirmé, en référence aux séparatistes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et à Hashim Thaçi, leur représentant aux pourparlers de paix qui ont eu lieu en février et mars en France. M. Milosevic a renoué le dialogue avec M....