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Actualités - Chronologie

L'armée impliquée malgré tout dans le scrutin

Dix ans après son retrait du comité central de l’ancien parti unique, le Front de libération nationale (FLN), l’armée algérienne est impliquée malgré tout dans le prochain scrutin présidentiel, alors qu’elle affirme ne soutenir aucun candidat. Peu après la décision, en septembre, du président Liamine Zéroual d’écourter son mandat, le chef d’état-major, le général Mohamed Lamari, avait appelé les militaires à se mobiliser pour une élection «libre et transparente». «J’attends que vous déployiez davantage d’efforts et que vous consentiez davantage de sacrifices, dans le cadre des lois de la République et des règlements en vigueur afin de créer les conditions à même de permettre aux élections présidentielles annoncées de se dérouler en toute sécurité et transparence», écrivait-il dans la revue de l’armée El-Djeich. Malgré ces assurances fortes, marquant que l’Algérie avait «une armée républicaine», un débat, sans précédent, a surgi dans le pays sur le «rôle de l’ANP» et sa «neutralité» dans cette élection. L’annonce du soutien du général à la retraite Khaled Nezzar, ancien homme fort du pouvoir, à la candidature de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, après l’avoir sévèrement critiqué et traité de «canasson», avait amorcé le débat. La presse avait largement fait écho aux propos du secrétaire général du FLN, Boualem Benhamouda, qui affirmait que son parti soutenait M. Bouteflika parce qu’il avait reçu des instructions «venues d’en haut». Le président Zéroual, général à la retraite, s’était alors exprimé en réaffirmant ses engagements à tenir une élection régulière et avait dénié à quiconque le droit de s’exprimer au nom des institutions s’il n’était dûment mandaté. Le général Nezzar, directement visé, avait sèchement répliqué qu’il s’était exprimé «en son nom personnel» et qu’il considérait cela «comme un droit et un devoir, en tant que citoyen». El-Djeich avait alors rappelé que l’armée «ne s’implique dans toute opération électorale que pour contribuer à créer les conditions à même d’assurer la sécurité de son déroulement». La revue soulignait également que l’ANP n’était toutefois pas neutre «face à la subversion, l’insurrection, le terrorisme et le massacre de la population». «Une absence de neutralité devant ces fléaux n’est nullement synonyme d’implication dans la compétition électorale», avait-elle souligné. Depuis 1992, l’armée est en première ligne face aux groupes armés islamistes et supporte le gros de la lutte, sans qu’on ait jamais su le prix payé en vies humaines. Dans tous les cas de figures, après ce scrutin, l’Algérie sera gouvernée par un civil. Depuis le 19 juin 1965, date du renversement d’Ahmed Ben Bella, par le colonel Houari Boumediene, l’armée a été à la tête du pays. Le colonel Chadli Bendjédid, contraint à la démission en janvier 1992, avait succédé en 1979 au président Boumédiène.
Dix ans après son retrait du comité central de l’ancien parti unique, le Front de libération nationale (FLN), l’armée algérienne est impliquée malgré tout dans le prochain scrutin présidentiel, alors qu’elle affirme ne soutenir aucun candidat. Peu après la décision, en septembre, du président Liamine Zéroual d’écourter son mandat, le chef d’état-major, le général Mohamed Lamari, avait appelé les militaires à se mobiliser pour une élection «libre et transparente». «J’attends que vous déployiez davantage d’efforts et que vous consentiez davantage de sacrifices, dans le cadre des lois de la République et des règlements en vigueur afin de créer les conditions à même de permettre aux élections présidentielles annoncées de se dérouler en toute sécurité et transparence», écrivait-il dans la...