Mon oncle, mon ami… Le cinéma et la musique, on a dû certainement me les distiller dans mon biberon. Car comment expliquer autrement que je m’intéressais déjà aux longues conversations professionnelles, entre mon père et mon oncle, quand je n’avais que 10 ans. Leurs discussions portaient sur tel ou tel nouveau film, sur tel ou tel studio, sur les avantages de chacune de leurs installations stéréo ou sur le dernier hit à la mode aux États-Unis. Beaucoup plus tard, une fois que j’avais terminé à Londres mes études d’introduction au monde du cinéma professionnel, et que j’avais rejoint le cercle des grands, je me rappelle les longues heures que je passais auprès de mon oncle Michel à écouter ses histoires, ses aventures, mais aussi ses conseils… Sa culture cinématographique me fascinait. J’avais ramené avec moi un petit ordinateur spécialisé qui me servait de référence pour les anciens films… Michel en savait autant. Son amour pour le cinéma, il l’avait hérité comme moi de son père, mais lui avait eu le temps de connaître, et de se faire connaître dans ce monde merveilleux et magique, où il avait côtoyé les plus grands… Sa passion pour le cinéma n’avait d’égale que celle qu’il avait pour la musique en général et les disques en particulier. À dix-huit ans, il avait une importante collection de disques 78 tours, dont il refusait de se séparer. Il m’avait abasourdi une fois en me racontant comment il avait discuté un jour avec Frank Sinatra, de passage à Beyrouth, d’un enregistrement rare que celui-ci ne se rappelait plus avoir fait. Michel lui sortit le disque de sa propre collection! J’étais comblé et fier quand il se mit, très vite, à me prendre au sérieux… Il m’arrivait souvent de voir des films avec lui en avant-première, qu’on suivait religieusement. Mais si jamais il avait l’occasion de voir un nouveau film avant moi et qu’il me le racontait, j’étais chaque fois déçu en revoyant ce film, tant il avait ce don incroyable et cette aura fabuleuse qui le transformait quand il parlait cinéma. Une chose que j’ai apprise à mes dépens : ne jamais faire de paris avec Michel sur la carrière commerciale des films… Il était quasiment imbattable. Michel, mon oncle, mon ami, pourquoi es-tu parti trop tôt ? Mon seul regret est de n’avoir pas pu profiter encore, et encore plus, de ton expérience, de tes connaissances et surtout de ce charme qui émanait de toi si naturellement. Dieu, que tu me manques déjà!
Mon oncle, mon ami… Le cinéma et la musique, on a dû certainement me les distiller dans mon biberon. Car comment expliquer autrement que je m’intéressais déjà aux longues conversations professionnelles, entre mon père et mon oncle, quand je n’avais que 10 ans. Leurs discussions portaient sur tel ou tel nouveau film, sur tel ou tel studio, sur les avantages de chacune de leurs installations stéréo ou sur le dernier hit à la mode aux États-Unis. Beaucoup plus tard, une fois que j’avais terminé à Londres mes études d’introduction au monde du cinéma professionnel, et que j’avais rejoint le cercle des grands, je me rappelle les longues heures que je passais auprès de mon oncle Michel à écouter ses histoires, ses aventures, mais aussi ses conseils… Sa culture cinématographique me fascinait. J’avais ramené...
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