Le président Jacques Chirac et le gouvernement français ont affiché durant le week-end la «détermination» de la France à poursuivre l’action engagée par l’Otan en Yougoslavie et souligné l’urgence d’une aide humanitaire exceptionnelle en faveur des réfugiés du Kosovo. M. Chirac s’est notamment entretenu par téléphone de la situation avec le président américain Bill Clinton, le Premier ministre britannique Tony Blair et le chancelier allemand Gerhard Schröder. MM. Chirac et Clinton sont convenus «qu’il fallait poursuivre avec détermination l’action militaire engagée contre l’appareil répressif» du président yougoslave Slobodan Milosevic, «seul responsable de ce drame humanitaire». MM. Chirac et Blair ont par ailleurs souligné «la très grande cohésion des Européens et des États-Unis», près de deux semaines après le début des frappes aériennes. Se déclarant «indignés devant la gravité de la situation humanitaire créée délibérément par les forces serbes», ils ont estimé qu’elle justifiait «un effort urgent et exceptionnel» pour venir en aide aux dizaines de milliers de réfugiés, selon la présidence française. Par ailleurs, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin apparaît fragilisé après dix jours de conflit en Yougoslavie qui ont mis à mal la cohésion de son gouvernement de coalition de gauche du fait de l’opposition des communistes et des dissidents socialistes et des critiques des Verts sur les frappes de l’Otan. Un membre-clé du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, fondateur du Mouvement des citoyens (MDC, dissident du Parti socialiste et qui compose avec ce dernier la coalition aux côtés des communistes et des Verts) lui a porté un coup. Il a distribué jeudi à ses collègues, lors d’une réunion du cabinet, un texte d’un philosophe allemand qui récuse les fondements moraux d’un recours à la force. Dans ce texte tiré de Vues sur la guerre civile et publié par le quotidien Le Monde, Hans Magnus Enzensberger estime qu’il «est temps de renoncer aux fantasmes d’une morale omnipotente». En 1991, alors qu’il était ministre de la Défense de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement avait quitté le gouvernement après avoir affirmé publiquement son hostilité à la guerre du Golfe. «Un ministre; ça ferme sa gueule ou ça démissionne», avait-il déclaré. Cette attitude vient compliquer la tâche du Premier ministre, qui doit déjà gérer l’opposition des communistes et les réserves des Verts sur les frappes qui «ne marchent pas», relayées par la ministre écologiste de l’Environnement Dominique Voynet. Depuis le début de la semaine, M. Jospin tente d’expliquer à l’opinion que l’important est que sa majorité soit unie sur l’essentiel, à savoir la condamnation de la politique de «purification» ethnique conduite par le président yougoslave Slobodan Milosevic au Kosovo. Mais ses arguments ont du mal à convaincre.
Le président Jacques Chirac et le gouvernement français ont affiché durant le week-end la «détermination» de la France à poursuivre l’action engagée par l’Otan en Yougoslavie et souligné l’urgence d’une aide humanitaire exceptionnelle en faveur des réfugiés du Kosovo. M. Chirac s’est notamment entretenu par téléphone de la situation avec le président américain Bill Clinton, le Premier ministre britannique Tony Blair et le chancelier allemand Gerhard Schröder. MM. Chirac et Clinton sont convenus «qu’il fallait poursuivre avec détermination l’action militaire engagée contre l’appareil répressif» du président yougoslave Slobodan Milosevic, «seul responsable de ce drame humanitaire». MM. Chirac et Blair ont par ailleurs souligné «la très grande cohésion des Européens et des États-Unis», près de...
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