Une intervention au sol de l’Otan contre le régime serbe, en situation de guerre, serait très difficile à mettre en place et coûteuse en vies humaines pour les alliés, selon les militaires de l’Alliance, qui estiment nécessaire de recourir à 200 000 hommes dans cette hypothèse. Jusqu’à présent, le Conseil permanent de l’Otan n’a pas décidé de se saisir à nouveau de cette étude afin de la développer en plan. En dépit des débats qui agitent l’opinion publique dans plusieurs pays de l’Alliance atlantique, les plus importants d’entre eux — États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne — continuent d’être très réticents à l’idée de s’engager dans une opération très risquée, pour un objectif qui ne représente pas un «intérêt vital» pour eux. Cette position pourrait évoluer à l’avenir si le conflit, relativement contenu jusqu’à présent, déborde sans contrôle sur la Grèce (et donc sur la Turquie), la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie ou sur la Bosnie, des pays qui sont tous voisins de la Serbie ou peu éloignés de cet État. Dans l’immédiat, toutes les analyses convergent pour souligner la difficulté d’une entreprise terrestre «dans un environnement hostile». Selon le secrétaire au Foreign Office Robin Cook, qui a rappelé que l’Occident n’avait «pas l’intention de lancer une invasion terrestre de la Serbie et du Kosovo», une opération au sol contre le gré de Belgrade prendrait au moins «deux mois à mettre en place». D’un point de vue militaire, si l’Alliance décidait de concentrer ses efforts sur cette seule province serbe, dont il faudrait prioritairement rendre étanche la bordure nord, elle aurait au préalable à déterminer les axes de pénétration. Une opération terrestre impliquerait aussi de s’affranchir des mines disposées par les Serbes le long des frontières de la Yougoslavie et sur les principaux axes. Pour dépasser cette difficulté, un seul moyen est envisageable: une opération aéroportée, c’est-à-dire avec des dizaines d’hélicoptères. Mais ces derniers ne sont pas l’idéal. Ils sont très vulnérables aux tirs ennemis et n’ont pas une capacité d’emport permettant un déploiement immédiat de chars destinés tout autant à protéger les troupes alliées qu’à affronter, à armes égales, l’ennemi.
Une intervention au sol de l’Otan contre le régime serbe, en situation de guerre, serait très difficile à mettre en place et coûteuse en vies humaines pour les alliés, selon les militaires de l’Alliance, qui estiment nécessaire de recourir à 200 000 hommes dans cette hypothèse. Jusqu’à présent, le Conseil permanent de l’Otan n’a pas décidé de se saisir à nouveau de cette étude afin de la développer en plan. En dépit des débats qui agitent l’opinion publique dans plusieurs pays de l’Alliance atlantique, les plus importants d’entre eux — États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne — continuent d’être très réticents à l’idée de s’engager dans une opération très risquée, pour un objectif qui ne représente pas un «intérêt vital» pour eux. Cette position pourrait évoluer à...
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