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Actualités - Reportages

Après moi le déluge ?

Plusieurs facteurs justifient la réticence de nos concitoyens à acquérir une assurance vie. D’abord, le Libanais souffre indéniablement d’une insuffisance de culture en matière de couverture vie, sans compter qu’il a plutôt tendance à peu prévoir et planifier, préférant vivre «au jour le jour». La solidarité familiale, profondément ancrée dans les mœurs, exacerbe ces comportements. La faiblesse des revenus est aussi un facteur explicatif. Même des considérations d’ordre religieux peuvent entrer en jeu dans la décision d’assurance. D’ailleurs, cette négligence concerne aussi bien les ménages que les employeurs. Ces derniers sont peu nombreux à souscrire volontairement à une assurance privée de groupe et négligent les retombées positives d’une telle initiative sur la productivité de leurs entreprises. Il n’y a effectivement aucune obligation réglementaire dans ce domaine autre que celles prévues dans le cadre de la loi sur la sécurité sociale. Il n’y a pas non plus d’avantages fiscaux, que ce soit pour le patronat ou pour les particuliers. Assurer sa vie au profit des plus proches Les professionnels du marché l’affirment : il est plutôt rare que quelqu’un contracte une assurance vie à fonds perdus de sa propre initiative. En général, soit l’assuré y est obligé, soit c’est le vendeur qui l’a contacté et l’en a persuadé. Selon Paul Kabbouche, responsable du département vie et hospitalisation auprès d’Assurex, «la police vie est malheureusement un produit que l’on vend et que l’on n’achète pas». Pourtant, les avantages d’une telle police sont nombreux. Aujourd’hui, au Liban, le système de protection sociale ne constitue pas un filet de sécurité tel qu’on pourrait négliger une assurance complémentaire. Comme l’affirme M. Kabbouche, l’assurance vie n’est pas «n’importe quel produit d’assurance» mais un produit «sacré». En effet, l’assurance vie est d’abord une preuve du degré de responsabilité que vous ressentez envers les personnes dont vous avez la charge (parents, conjoint, enfants), et de votre volonté de leur assurer un certain montant en cas de votre décès (ou même dans d’autres circonstances où vous ne pouvez plus leur assurer un revenu). La prime d’assurance peut servir à couvrir des frais de scolarité, les dépenses familiales, etc. et ce durant une période de transition pendant laquelle la famille s’assurerait une autre source de revenus. Il peut même s’agir de se garantir un revenu personnel en cas d’invalidité ou de maladie grave. À l’inverse de ce que l’on pourrait croire, et bien qu’elle soit d’autant plus importante que le revenu du ménage est faible, l’assurance vie n’est pas uniquement destinée aux revenus faibles ou moyens. Pour les catégories à revenu élevé, la prime ne servirait pas à assurer un revenu de subsistance aux bénéficiaires mais, par exemple, à compenser des frais de succession qui peuvent être très importants. Si de nombreuses compagnies du marché proposent la couverture vie de base, uniquement quelques-unes (dont Assurex, la Libano-Suisse et la SNA) proposent des couvertures supplémentaires facultatives, couvrant aussi certaines maladies graves, ou encore le décès ou l’invalidité totale résultant d’un accident ou de la guerre. Le coût de la police augmente évidemment, mais cela en vaut assurément la peine. Lorsque banque et assurance vie vont de pair L’assurance vie est aussi une garantie pour les créanciers. De plus en plus, les banques du marché exigent une assurance vie pour accorder un crédit à leurs clients. Ils assurent ainsi le remboursement de leurs prêts. L’expansion de l’assurance vie au Liban est donc intimement liée au développement du crédit bancaire. En effet, les banques sont en train de canaliser leur clientèle vers les compagnies d’assurances et en particulier vers la branche vie. Souvent, d’ailleurs, la banque impose elle-même l’assureur et fait bénéficier son client d’une prime avantageuse entrant dans le cadre d’un contrat de groupe. Ainsi, la Société générale libano-européenne de Banque (SGLEB), particulièrement dynamique en matière de prêts aux particuliers, traite avec une compagnie d’assurances différente pour chaque catégorie de produits. Roger Saghbini, adjoint de direction à la SGLEB, affirme qu’il s’agit là d’une stratégie de répartition des risques sur plusieurs compagnies, au profit de la banque, mais aussi du client. Par ailleurs, l’assurance vie est de plus en plus présente dans les plans de capitalisation à objet prédéterminé proposés par les banques et les compagnies d’assurances. Parmi de tels produits, nous retrouvons par exemple les plans d’accumulation ou les contrats d’assurance garantissant les études des enfants. Nous y retrouvons surtout les plans de retraite.
Plusieurs facteurs justifient la réticence de nos concitoyens à acquérir une assurance vie. D’abord, le Libanais souffre indéniablement d’une insuffisance de culture en matière de couverture vie, sans compter qu’il a plutôt tendance à peu prévoir et planifier, préférant vivre «au jour le jour». La solidarité familiale, profondément ancrée dans les mœurs, exacerbe ces comportements. La faiblesse des revenus est aussi un facteur explicatif. Même des considérations d’ordre religieux peuvent entrer en jeu dans la décision d’assurance. D’ailleurs, cette négligence concerne aussi bien les ménages que les employeurs. Ces derniers sont peu nombreux à souscrire volontairement à une assurance privée de groupe et négligent les retombées positives d’une telle initiative sur la productivité de leurs...