Le Belge Peter Van Petegem a sans nul doute enlevé dimanche la plus éclatante victoire de sa carrière en s’imposant dans la 83e édition du Tour des Flandres. Non seulement le coureur de TVM, vainqueur des Trois jours de la Panne, a remporté avec brio sa première grande classique, deuxième manche de la Coupe du monde après Milan - San Remo. Mais il a aussi réussi à dominer au sprint deux compatriotes favoris de l’épreuve, le nouvel homme fort du sport de son pays Frank Vandenbroucke, et son idole de toujours, le triple vainqueur de l’épreuve Johan Museeuw. L’Italien Michele Bartoli, numéro un mondial, a dû se contenter de la quatrième place en réglant le sprint du peloton à huit secondes du lauréat. La victoire s’est jouée dans l’avant-dernière des 16 difficultés du parcours, le légendaire mur de Grammont, à 16 km du but, où Van Petegem et Museeuw se sont détachés à la faveur d’une chute de Vandenbroucke et du Suisse Markus Zberg. Vandenbroucke a eu la force de revenir sur les deux échappés dans le mur de Bosberg, quatre km plus loin, mais il a payé ses efforts dans la dernière ligne droite, incapable de résister à l’effort final de Van Petegem. «Le Tour des Flandres était mon objectif de la saison. Avec cette victoire, je suis heureux pour le restant de ma vie», a déclaré le lauréat. «Je voulais arriver devant au pied du Mur. Et quand j’ai vu Museeuw dans ma roue, je n’ai plus hésité une seconde pour attaquer», a ajouté le digne successeur de Museeuw au palmarès. « J’étais mort » L’ancien champion du monde lui a d’ailleurs rendu un bel hommage. «C’était le plus fort qui a gagné aujourd’hui. J’avais dit que je serais satisfait avec une place dans les dix premiers. Arriver troisième est pas mal pour un gars de mon âge», a déclaré le «Roi des classiques», qui est âgé de 33 ans. «Je ne pouvais rien faire de plus car j’étais mort. Je n’ai plus le punch d’antan», a-t-il ajouté. Museeuw, vainqueur en 1993, 1995 et l’an passé, a en tout cas démontré qu’il était loin d’être fini, un an après une terrible chute sur les pavés de Paris-Roubaix. Victime d’une fracture de la rotule et d’un début de gangrène, il avait failli perdre une jambe. Museeuw a aussi prouvé que son équipe, la Mapei, avait bien digéré l’épisode des Trois jours de la Panne et son arrestation par la gendarmerie belge pour une affaire de dopage. Bartoli, également interrogé et également innocenté jeudi, a attaqué à deux reprises pour faire exploser le peloton mais la chute de Grammont l’a privé de tout espoir de remporter le «Ronde» une deuxième fois, après son succès de 1996. Déclarations Peter Van Petegem (Bel/TVM, 1er) : «Je suis le plus heureux des hommes. Au début de la saison, j’avais fait de cette course mon objectif. Cela n’aurait pas pu mieux se passer. Si j’avais pu rêver d’un scénario avant la course, c’était d’arriver à trois pour la victoire. C’était idéal. Dans le dernier kilomètre, j’ai démarré une première fois, j’ai vu que Vandenbroucke réagissait et j’ai aussitôt coupé mon effort pour récupérer avant le sprint. Ensuite, c’était au plus fort des trois. J’ai pris conscience que je pouvais gagner une course aussi relevée après ma deuxième place l’an passé au Championnat du monde. La Coupe du monde ? J’en ferai peut-être un objectif après Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège. C’est à ce moment-là que je ferai le point». Frank Vandenbroucke (Bel/Cofidis, 2e) : «Tout s’est bien passé jusqu’au mur de Grammont. C’est mon grand regret de la journée. J’ai chuté au pied du mur et tout a été remis en question. Je n’ai pas pu attaquer comme je le prévoyais. J’ai dû forcer pour revenir et je l’ai payé dans le sprint». Johan Museeuw (Bel/Mapei, 3e) : «J’ai de quoi être plus que content quand je regarde d’où je viens. Je vois la vie autrement qu’avant mon accident de Paris-Roubaix (l’année dernière, ndlr). Pour moi, être revenu là, troisième, est suffisant. Tout le monde a pu voir que j’étais trop court dans le sprint, que je suis moins explosif qu’avant. Van Petegem était le plus fort sur le mur de Grammont et au Bosberg, c’est normal qu’il ait gagné». Michele Bartoli (Ita/Mapei, 4e) : «C’était une course particulière. Je me suis réservé pour le mur de Grammont car je pensais que la course se jouerait là. Mais j’ai été gêné par la chute. Ensuite, je me suis retrouvé enfermé quand Vandenbroucke a attaqué pour revenir devant. Je n’avais pas à rouler, Museeuw était à l’avant et je le respecte trop pour prendre le risque de ramener d’autres coureurs. Je vais rentrer maintenant en Italie pour préparer la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège». Classement du Tour des Flandres Voici le classement du Tour de Flandres cycliste, deuxième manche de la Coupe du monde, disputé dimanche : 1. Peter Van Petegem (Bel) TVM 6h15’00’’ 2. Frank Vandenbroucke (Bel) Cofidis même temps 3. Johan Museeuw (Bel) Mapei à 1’’ 4. Michele Bartoli (Ita) Mapei à 8’’ 5. Zbigniew Spruch (Pol) Lampre 6. Markus Zberg (Sui) Rabobank 7. Andrei Tchmil (Bel) Lotto 8. Tristan Hoffman (P-B) TVM tous même temps
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