Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le conflit divise les intellectuels français

Le Kosovo divise les intellectuels français entre notamment le Comité Kosovo d’Alain Finkielkraut, favorable à la fermeté contre Slobodan Milosevic, et deux pétitions de personnalités, dont Pierre Bourdieu, hostiles aux raids de l’Otan contre la Serbie. Le magistrat Antoine Garapon, président du Comité Kosovo, créé en 93, et le philosophe Alain Finkielkraut ont apporté mercredi au président Jacques Chirac «leur soutien à la politique de fermeté choisie par les Occidentaux». Ils étaient accompagnés à l’Élysée de l’essayiste Pascal Bruckner et du directeur de la revue Esprit, Olivier Mongin. Dans la même mouvance, un autre philosophe, André Glucksman, considère que la guerre vient trop tard mais estime que «si on avait attendu davantage, la situation se serait encore aggravée pour les civils». Quant à Bernard-Henri Lévy, il dit «ne pas comprendre l’attitude de ceux qui sautent comme des cabris en répétant : la paix, la paix, la paix, sans se demander de quels crimes elle se paie». Patrick Besson a ironisé sur Bernard-Henri Lévy qui, selon le romancier, présente les choses de telle façon «qu’un enfant de cinq ans pourrait les comprendre (...). Pour Lévy, Milosevic est responsable de tous les crimes commis dans la région depuis neuf ans. N’est-ce pas faire trop d’honneur au maître de Belgrade?», s’interroge-t-il. Jean-François Kahn, le directeur de Marianne, en pointe contre les frappes aériennes, dit que son hebdomadaire est «très isolé» dans ce combat alors que «la quasi-totalité des médias soutient les raids». «Mais, poursuit-il, depuis que nous avons clairement choisi notre camp, on reçoit des centaines de messages de soutien». M. Kahn figurait, la semaine dernière, parmi les signataires de la pétition du collectif «Non à la guerre». Il a démenti avoir signé ce texte, comme le général Bigeard, lui aussi «enrôlé» sans son accord dans cette initiative. Pour leur part, l’abbé Pierre et Didier Motchane, vice-président du Mouvement des citoyens (MDC), une formation qui appartient à la coalition de gauche au pouvoir, ont retiré leur soutien à cette pétition après avoir appris la forte présence de militants et sympathisants d’extrême droite sur la liste. Jeudi après-midi, le collectif a fait savoir que des personnalités comme Gilles Perrault, Max Gallo, Gisèle Halimi, Jean Dutourd, Jean Raspail, Dominique Jamet, Vladimir Volkoff, Alphonse Boudard, Alain de Benoist, le général Pierre-Marie Gallois, Jacques Deray, Gérard Blain, Claude Piéplu et l’écrivain allemand Peter Handke, figuraient parmi les signataires. Ils réclament «l’arrêt immédiat des frappes aériennes de l’Otan» et «l’ouverture de vraies négociations (...) autour d’un plan de paix durable». Une autre pétition, moins hétérogène, signée notamment par le sociologue Pierre Bourdieu et l’historien Pierre Vidal-Naquet, demande également «l’arrêt immédiat des bombardements» et refuse «les arguments qui tentent de légitimer l’intervention de l’Otan». L’écrivain Marek Halter, qui n’apparaît pas dans ces pétitions, a dit de son côté que «la stratégie choisie au Kosovo n’est pas la meilleure. Il est encore temps d’en trouver une autre, plus efficace. Il y va de la crédibilité des démocraties face aux petits potentats sanguinaires». «Nous sommes ballottés entre l’horreur d’une dictature qu’on a laissé prospérer depuis cinq ans et une guerre qui n’en est pas une, puisque nous ne sommes pas en guerre contre la Serbie mais contre Milosevic», a dit à La Croix l’acteur Michel Piccoli, résumant le sentiment de nombreuses personnalités du monde de l’art.
Le Kosovo divise les intellectuels français entre notamment le Comité Kosovo d’Alain Finkielkraut, favorable à la fermeté contre Slobodan Milosevic, et deux pétitions de personnalités, dont Pierre Bourdieu, hostiles aux raids de l’Otan contre la Serbie. Le magistrat Antoine Garapon, président du Comité Kosovo, créé en 93, et le philosophe Alain Finkielkraut ont apporté mercredi au président Jacques Chirac «leur soutien à la politique de fermeté choisie par les Occidentaux». Ils étaient accompagnés à l’Élysée de l’essayiste Pascal Bruckner et du directeur de la revue Esprit, Olivier Mongin. Dans la même mouvance, un autre philosophe, André Glucksman, considère que la guerre vient trop tard mais estime que «si on avait attendu davantage, la situation se serait encore aggravée pour les civils». Quant à...