Élu président de l’Uruguay à 72 ans, alors qu’il briguait pour la 5e fois la magistrature suprême, Jorge Batlle a enfin réalisé son rêve de toujours : porter de nouveau son nom prestigieux au plus haut niveau de l’État, comme le firent son père et deux de ses ancêtres. S’il est une qualité reconnue à ce vétéran de la politique, partisan convaincu des bienfaits du modèle libéral, c’est bien celle de la ténacité et de la persévérance. «Les échecs ne l’affaiblissent jamais, comme Luis (son père l’ancien président Luis Batlle Berres), c’est un lutteur né et infatigable», dit de lui sa mère Matilde Ibanez. Malgré quatre échecs dans la course à la présidence, en 1966, 1971, 1989 et 1994, alors que le système électoral autorisait les candidatures multiples au sein d’un même parti, Jorge Luis Batlle Ibanez ne s’est jamais découragé. Sa brouille, à partir de 1989, au sein du Parti Colorado avec l’actuel président Julio Maria Sanguinetti, l’avait pourtant sérieusement affecté. Jusqu’à ce que le parti le choisisse, en avril dernier, pour le représenter aux présidentielles de 1999, organisées pour la première fois avec un seul candidat par parti, au scrutin majoritaire à deux tours. Avocat de formation, et professionnel de la politique, Jorge Batlle est issu d’une véritable dynastie politique ayant déjà porté trois de ses membres à la présidence de l’Uruguay depuis la fin du siècle dernier. Son arrière grand-père Lorenzo Batlle a été président de la République de 1868 à 1872. Son grand oncle José Batlle Ordonez, désigné président en 1903 par le Parlement, gouverna jusqu’en 1907, puis de nouveau entre 1911 et 1915. Après avoir sorti son pays de la guerre civile, il conduisit un processus de transformation démocratique, d’égalité sociale et de prospérité qui fit connaître l’Uruguay à travers le monde comme «la Suisse de l’Amérique». Le père du nouveau président, Luis Batlle Berres, a quant a lui été chef d’État de 1947 à 1951. À la mort de son père, Jorge Batlle s’était retrouvé, à 37 ans, à la tête d’un journal, d’une station de radio et du Batllismo, le plus important mouvement politique d’Uruguay. Élu député de Montevideo en 1958, réélu en 1962, Jorge Battle s’opposa au coup d’État militaire du 27 juin 1973. Il fut détenu sous la dictature et empêché de se présenter à l’élection présidentielle de novembre 1984. Avec le retour de la démocratie, en 1985, alors que son «lieutenant» de l’époque, Julio Sanguinetti, accédait à la présidence de la République, il entama une longue carrière au Sénat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Élu président de l’Uruguay à 72 ans, alors qu’il briguait pour la 5e fois la magistrature suprême, Jorge Batlle a enfin réalisé son rêve de toujours : porter de nouveau son nom prestigieux au plus haut niveau de l’État, comme le firent son père et deux de ses ancêtres. S’il est une qualité reconnue à ce vétéran de la politique, partisan convaincu des bienfaits du modèle libéral, c’est bien celle de la ténacité et de la persévérance. «Les échecs ne l’affaiblissent jamais, comme Luis (son père l’ancien président Luis Batlle Berres), c’est un lutteur né et infatigable», dit de lui sa mère Matilde Ibanez. Malgré quatre échecs dans la course à la présidence, en 1966, 1971, 1989 et 1994, alors que le système électoral autorisait les candidatures multiples au sein d’un même parti, Jorge Luis...