Shaquille O’Neal a tout pour devenir cette saison le meilleur joueur de la Ligue NBA qu’il fréquente depuis maintenant sept ans. L’arrivée de Phil Jackson au chevet des Lakers plaide dans ce sens et les cartons offensifs régulièrement réussis par le big man de Los Angeles sont autant de signes positifs. Pourtant, il y a un domaine dans lequel le bât blesse cruellement. Ce géant de 2,15m a un talon d’Achille désormais connu de tous : les lancers-francs. Dans ce domaine, O’Neal est carrément pitoyable, puisqu’il dépasse à peine les 30 % de réussite depuis le début du championnat. Déjà, lors des matches de présaison, le pivot des Lakers avait cumulé un terrible 2 sur 11 dans les tirs de réparation. Connaissant ce problème qui amoindrit sensiblement l’apport offensif de son joueur, Phil Jackson s’est vite attelé à la tâche en essayant de corriger ce geste de base pour lequel adresse, technique mais également concentration doivent faire bon ménage. Les efforts du nouveau gourou des Californiens n’ont guère été payés de retour puisque O’Neal touche régulièrement le fond, étant par exemple pointé à 2 lancers réussis sur 14 tentés (dont un sur 12 dans le dernier quart temps) lors d’un match offert à Denver. Maître Zen (Phil Jackson) en aurait perdu son sang-froid : «Shaquille ne fait aucun effort et garde de mauvaises habitudes». Il balance ses lancers-francs comme un joueur de fléchettes et ne veut pas admettre la nécessité de changer sa façon de tirer. Forte tête, l’intéressé se contente d’expliquer «qu’il fait de son mieux et se concentre peut-être beaucoup trop !». Voilà en tout cas une des raisons majeures pour laquelle le titre de MVP du championnat (meilleur joueur) pourrait une nouvelle fois lui échapper. Odom, rookie de l’année Si O’Neal court toujours après le titre de MVP, Lamar Odom pourrait bien décrocher celui de rookie of the year (meilleur débutant) à la fin de la saison. Habitués au bonnet d’âne de la NBA, les Clippers – l’autre équipe de Los Angeles – semblent en effet avoir eu pour une fois le nez creux en enrôlant cet ailier de la banlieue new-yorkaise. «C’est le nouveau Magic Johnson», estime Pat Riley, le coach de Miami. «J’ai l’impression de me voir jouer quand j’étais plus jeune», dit sérieusement Scottie Pippen à propos de Odom. Déjà, les éloges fleurissent autour de ce garçon de 2,08 m auteur d’un exploit lors de son premier match en NBA avec 30 points marqués contre Seattle. Tariq Abdul-Wahad : une réputation grandissante en NBA Lamar Odom, qui jusqu’à présent avait surtout fait parler de lui en affichant une instabilité chronique d’une face à l’autre, a depuis récidivé à quelques reprises. Il s’est notamment offert le scalp de Kevin Garnett lors d’un match dantesque gagné sur le parquet de Minnesota, sortant quelque peu son équipe de la médiocrité dans laquelle les Clippers sombrent depuis longtemps au sein de la Division Pacifique. Ils n’avaient obtenu que 9 victoires pour 41 défaites la saison dernière. Tariq Abdul-Wahad, ex-Olivier Saint-Jean, le seul joueur français évoluant en NBA, s’est taillé sa petite place et une réputation grandissante dans le sélectif championnat de basket professionnel nord-américain (NBA), pendant deux ans à Sacramento (Californie) d’abord, puis à Orlando cette saison. Le Français, d’origine guyanaise, n’est pas loin maintenant d’être considéré comme un des tous meilleurs à son poste de deuxième arrière. Depuis la reprise du championnat début novembre, il éprouve toutefois du mal à assimiler les nouvelles règles adoptées par la NBA pour favoriser le jeu offensif, même si avec Orlando, il tourne cette année à 11,8 points de moyenne en 29 minutes de jeu sur 13 matches, son meilleur rendement depuis ses débuts en NBA en 1997. Le contact de l’avant-bras, par exemple, n’est plus permis pour un défenseur en dessous de la ligne de lancer-franc. «Ca me gêne un peu, je l’avoue. Je n’arrive pas à être aussi agressif qu’avant, mais je m’adapte», explique-t-il. L’enfant de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) projette dans l’immédiat de faire venir aux États-Unis les meilleurs joueurs de l’Hexagone âgés de 16 à 18 ans, par l’intermédiaire d’une fondation à son nom, qui doit voir le jour dans les prochaines semaines. «Je veux leur ouvrir de nouveaux horizons, comme on l’a fait avec moi, explique-t-il. Je veux qu’ils voient comment fonctionne le système américain et ses universités, ou l’on peut recevoir une bonne éducation avant d’entamer une carrière ici ou en France». « injuste » Abdul-Wahad, 25 ans, drafté en 11e position par les Sacramento Kings en 1997, puis transféré le 3 août dernier aux Orlando Magic, avait participé aux championnats d’Europe avec l’équipe de France cet été. Une expédition dont il est revenu blessé au genou et amer, ne décolérant pas du traitement «injuste» que lui a réservé, estime-t-il, la presse française. «Me flinguer comme ils l’ont fait lors des championnats d’Europe cet été était inacceptable, avance-t-il. Je trouve que l’attitude d’un grand nombre de journalistes a été scandaleuse vu ma condition (Abdul-Wahad s’était blessé au genou à la fin de la saison NBA et n’était pas au mieux physiquement en arrivant en France). On m’a fait venir pour prêter main forte à l’équipe de France et on me remercie de cette manière. C’est vraiment injuste». «En fait, le match contre la Turquie (qui fut battue en quart de finale du championnat d’Europe par la France) était celui de trop. Je n’aurais jamais dû le jouer. Et ça, les gens ne le savent pas», souligne Abdul Wahad. «Quand je suis rentré aux États-Unis, les médecins m’ont examiné et m’ont immédiatement ordonné de passer sur le billard (l’opération a eu lieu pendant l’été), car j’avais fortement endommagé mon genou. Et tout ça pour rien».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Shaquille O’Neal a tout pour devenir cette saison le meilleur joueur de la Ligue NBA qu’il fréquente depuis maintenant sept ans. L’arrivée de Phil Jackson au chevet des Lakers plaide dans ce sens et les cartons offensifs régulièrement réussis par le big man de Los Angeles sont autant de signes positifs. Pourtant, il y a un domaine dans lequel le bât blesse cruellement. Ce géant de 2,15m a un talon d’Achille désormais connu de tous : les lancers-francs. Dans ce domaine, O’Neal est carrément pitoyable, puisqu’il dépasse à peine les 30 % de réussite depuis le début du championnat. Déjà, lors des matches de présaison, le pivot des Lakers avait cumulé un terrible 2 sur 11 dans les tirs de réparation. Connaissant ce problème qui amoindrit sensiblement l’apport offensif de son joueur, Phil Jackson s’est vite...