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Actualités - Chronologie

Le face-à-face OMC-ONG

Un face-à-face inédit oppose à Seattle les représentants de pays fortement industrialisés, créateurs de la notion de mondialisation, à quelque 800 Organisation non gouvernementales (ONG) qui n’ont qu’une seule journée pour tenter d’empêcher ce nouvel ordre mondial. Hier, à la veille de la conférence ministérielle de l’OMC qui doit mettre au point l’ordre du jour des négociations de ces trois prochaines années pour aboutir à la libéralisation du commerce, les représentants de 770 ONG ont défendu les règles d’un commerce qu’elles veulent à visage humain. Les ONG ont fondé un réseau international fort de grands noms du who’s who mondial de la contestation mais lilliputien face aux grandes puissances présentes à l’OMC. Le groupe Public Citizen américain, Greenpeace, l’Ecoropa (coordination écologiste européenne), le Third World Network, l’écologiste indienne Vandana Shiva et José Bové, éleveur français qui milite contre le bœuf aux hormones américain, notamment, se sont donné rendez-vous à Seattle. Le directeur général de l’OMC, Michael Moore, et la représentante américaine pour le Commerce, Charlene Barshefsky, les ont reçus durant toute la journée d’hier. À Seattle, haut lieu des technologies de pointe et symbole du succès économique de l’Amérique mais aussi la ville la plus contestataire des États-Unis et berceau des mouvements écologistes américains, les ONG’istes ont mobilisé quelque 50 000 manifestants contre la mondialisation pour faire entendre leur voix aux 5 000 délégués de 135 pays. Ces manifestations n’étaient qu’un prélude avant les rassemblements prévus aujourd’hui à Seattle, où les organisateurs espèrent faire participer jusqu’à 50 000 syndicalistes américains, écologistes et membres d’associations religieuses. Dès dimanche, les rassemblements ont commencé dans cette ville qui a connu la première grève générale des États-Unis en 1919. Regroupés sous le nom de Campagne des citoyens sur le commerce (CTC), les manifestants veulent dénoncer une doctrine nuisant selon eux aux conditions sociales et à l’environnement sur la planète. Cet après-midi, plusieurs milliers de personnes doivent se rassembler devant le centre de conférences où le président américain Bill Clinton accueillera les ministres du Commerce du monde entier. Les préceptes de liberté totale du commerce défendus par l’OMC profitent aux grandes entreprises et non au public, a plaidé Jeremy Madsen, un porte-parole de la CTC. Le directeur général de l’OMC, qui ne présente d’ailleurs pas un front uni, a pour sa part dénoncé le «faux débat» sur le commerce et le travail, un débat, selon lui, «destructeur et qui crée parfois tant de confusion». «Imposer des sanctions commerciales – et appauvrir encore plus les pays en voie de développement – n’empêchera pas que les enfants travaillent», a-t-il dit à l’adresse de ceux qui accusent la libéralisation du commerce d’être responsable des mauvaises conditions de travail. «La pauvreté et non le commerce est la cause principale de conditions de travail inacceptables et de la dégradation de l’environnement. Et la réponse à la pauvreté est davantage de commerce et d’affaires, et non moins», a-t-il estimé.
Un face-à-face inédit oppose à Seattle les représentants de pays fortement industrialisés, créateurs de la notion de mondialisation, à quelque 800 Organisation non gouvernementales (ONG) qui n’ont qu’une seule journée pour tenter d’empêcher ce nouvel ordre mondial. Hier, à la veille de la conférence ministérielle de l’OMC qui doit mettre au point l’ordre du jour des négociations de ces trois prochaines années pour aboutir à la libéralisation du commerce, les représentants de 770 ONG ont défendu les règles d’un commerce qu’elles veulent à visage humain. Les ONG ont fondé un réseau international fort de grands noms du who’s who mondial de la contestation mais lilliputien face aux grandes puissances présentes à l’OMC. Le groupe Public Citizen américain, Greenpeace, l’Ecoropa (coordination...