Fard, galbant, gainant, remontant… À découvrir les avantages que procurent les différentes gammes de collant, on pourrait penser que la chirurgie esthétique ne servira plus à rien. Désormais, le collant ne permet plus seulement d’habiller la jambe, il l’embellit, la remodèle, structure la silhouette. Le collant devient cosmétique. L’époque des vieux collants opaques et raides, qui filaient au moindre accroc, est bien loin. Désormais, le collant se veut beau, doux, résistant. Il y en a pour tous les goûts. «Le collant servait au départ à réchauffer les jambes, raconte Jean Tufenkji, des collants Volt. Aujourd’hui, c’est un véritable accessoire, pratiquement un produit cosmétique. Et désormais, au-delà de la mode, il est en train de devenir un soin de beauté. Il existe un collant pour chaque type de besoin». De nouvelles technologies La concurrence est rude entre producteurs ; c’est au premier qui inventera un fil révolutionnaire, une maille innovatrice. «La production de collant est très segmentée, explique Khalil Dagher, de Linea Cosmotime. On peut prendre comme critère le nombre de deniers, ce qui équivaut à l’épaisseur du collant, 8, 15, 20 deniers, ou selon la finition, la technicité, la façon de fabriquer le fil. Dans la plupart des collants, le fil lycra est recouvert par un fil en nylon. Lorsque celui-ci est chauffé, des sortes de poils surgissent qui s’enroulent autour du fil lycra en refroidissant. Le problème, c’est que dès que l’on s’étire, ces fils lâchent. La spécificité de Golden Lady est d’avoir mis au point un système de fils enroulés en spirale qui sont plus élastiques, plus résistants, moins rêches». La préoccupation essentielle des producteurs est donc de fournir toujours de nouveaux produits et de nouvelles matières. Ainsi, Oroblu sort cette année une nouvelle fibre : le X-Static. Cette fibre offre différents avantages : elle est antiseptique et ne retient pas les odeurs; elle est antistatique, elle favorise la circulation sanguine et permet une distribution égale de la température sur toute la jambe. Par ailleurs, la marque Starway, produite par la même société qu’Oroblu, a innové avec le 3D, un nouveau tricotage du nylon et de l’élasthanne qui permet d’offrir une élasticité à la fois horizontale et verticale. «Il faut aussi tenir compte de la tendance vers les produits à niches, ajoute Khalil Dagher ; nous avons eu les Golden Up, un bas autocollant, il y a quelques années, et le Pentathlon qui est sorti à l’occasion de l’anniversaire de la marque. Ce collant, très difficile à réaliser, réunissait cinq technologies: effet massant pour la plante des pieds, massant pour les jambes, ventre plat, remonte-fesses... Chaque année, nous faisons quelque chose de différent». Les tendances de l’an 2000 Chez Dim, la politique est à l’innovation pure et dure. Deux nouveaux produits sont lancés cette année, qui vont révolutionner le marché. «Nous lançons les Cosmetiq Beauté, explique Daniel Tchakedjian. Le collant Hydratant contient des micro-capsules de crème exclusive, la Dimaline. Elles sont fixées sur le fil et se dégagent petit à petit pour hydrater la peau. Un collant classique agresse la peau en la frottant et l’empêche de respirer. L’Énergisant contient des micro-capsules de Dimactive et prévient la formation de varices. Ces collants proposent donc un soin-beauté intégré. Des tests ont été effectués en France sur un panel de 500 consommatrices et ont prouvé l’effet véritable de ces produits». L’innovation ne consiste pas seulement à sortir un nouveau produit chaque année ; il s’agit aussi de savoir répondre aux exigences de la mode. Ainsi, Khalil Dagher explique : «Les femmes portant de plus en plus de pantalons, nous proposons différents types de mi-bas : classiques ou reposants ; ceux-ci ont des semelles striées qui massent la plante des pieds lorsque la femme marche et ont un effet massant sur le mollet. La mode est aussi aux mi-bas tendance, fantaisie. En ce qui concerne les collants, notre produit n’est pas vraiment une nouveauté. Il s’agit de collants gainants et ventre-plat, que nous jugeons bon de sortir maintenant car la mode est vraiment aux vêtements moulants cette année. Auparavant, c’était juste un plus mais, cette année, les soutiens-gorge sans démarcation font aussi leur apparition». Quelques constantes définissent néanmoins les goûts de la femme libanaise. «Elle n’aime pas porter de chaussures plates, constate Daniel Tchakedjian. Cela détermine le choix du collant car avec des talons plats, on porte des collants opaques. La Libanaise aime donc les collants fins, dans quelques couleurs précises, essentiellement noir et chair. La mode des motifs commence seulement à se développer». C’est sur cette tendance que les responsables de Diamony comptent pour lancer leur nouvelle marque Oroblu : «Toutes les femmes ne sont pas classiques, assure Diana Elmas. Les nouveaux design, les broderies vont sûrement les attirer, en tout cas pour le Nouvel an et les soirées». Cette observation est confirmée par les responsables de Le Bourget au Liban. Assaf Dib, responsable de la section collants chez al-Madina Sport, observe par ailleurs : «Les Libanaises aiment le satiné alors que cette année cela ne marche plus du tout en Europe. La plupart aime aussi le brillant, cela dépend des quartiers. À l’Est par exemple, on demande plus de collants sans démarcations, à 15 deniers». «À l’Ouest, les femmes préfèrent les collants plus brillants, à l’Est les collants mats, approuve Khalil Dagher. C’est pourquoi nous proposons désormais un collant semi-mat. De plus, il est très difficile de faire porter un collant de plus de 15 deniers à une femme libanaise». Jean Tufenkji explique ainsi le degré de brillance d’un collant : «Le fil est composé de filaments de forme triangulaire; si l’angle de ce triangle est aigu, le collant est brillant. Si l’angle est rond, le collant est mat». «Nous sommes obligés d’être à la pointe de l’innovation, indique Daniel Tchakedjian. Sinon, nous sommes très vite dépassés. Les collants Cosmetiq Beauté que nous proposons répondent à une demande : en France, 93% des femmes souhaitent revêtir leurs jambes d’un collant hydratant et 75% aspirent à porter un collant qui rend les jambes légères. Ce sont les tendances futures qui se développent». «Il faut être un caméléon, pas un dinosaure, conclut Khalil Dagher. Nous devons suivre la demande, c’est elle qui commande la production désormais. Le secret, c’est d’être flexible». On ne saurait mieux dire...
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