Les responsables grecs du maintien de l’ordre sont mis en cause pour n’avoir pu assurer la paix publique, au lendemain des violents incidents provoqués par des éléments incontrôlés, en marge des manifestations qui ont marqué l’arrivée du président américain Bill Clinton. Les autorités ont rejeté la responsabilité des troubles sur le KKE (Parti communiste), principal organisateur de la manifestation à l’issue de laquelle les troubles ont éclaté. Le président Bill Clinton s’est déclaré «désolé» de ce qui s’est passé, le Premier ministre grec a exprimé ses «regrets», mais les deux hommes sont tombés d’accord pour soutenir que ces violences n’influeraient pas sur «l’amitié gréco-américaine». Outre celui des attentats, le danger des manifestations avait été à l’origine du report, trois jours avant son début, de la visite d’État de Bill Clinton, initialement prévue du 13 au 15 novembre. Le gouvernement avait d’abord, en effet, décidé d’autoriser les cortèges à se rendre à la chancellerie des États-Unis. Les incidents ont éclaté après que la police eut utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants communistes qui tentaient de forcer le passage menant à l’ambassade. Des petits groupes très mobiles – 200 à 300 selon un journaliste sur place – se sont alors livrés à des exactions dans les artères voisines, mettant notamment le feu à des poubelles. Les sinistres n’ont été maîtrisés qu’au bout de deux heures, et au moins neuf agences bancaires et plusieurs dizaines de magasins ont été endommagés ou brûlés. Une quarantaine de personnes ont été interpellées, 27 déférées devant la justice. Ces éléments autonomes ont agi sans que la police intervienne, et aucun véhicule de pompiers ne se trouvait à proximité. Répliquant aux critiques, le ministère de l’Ordre public a justifié son action, estimant avoir agi «avec responsabilité». La police a eu le souci «d’éviter (...) de bloquer les voies d’évacuation et d’utiliser la violence», affirme le texte du communiqué du ministère. «De telles actions auraient mis en danger des vies humaines», ajoute-t-elle, en se référant à «l’amère expérience d’un passé récent». Le porte-parole du gouvernement, Dimitris Reppas, a accusé le KKE d’avoir tout fait pour créer «un climat de confrontation», affirmant que sa responsabilité «était grande». À l’inverse, le KKE a reproché aux autorités d’avoir eu recours à «des provocateurs pour justifier l’interdiction de la manifestation». Le chef du Synaspismos (petite formation d’intellectuels de gauche), Nikos Constantopoulos, a boycotté, en signe de protestation, le dîner officiel à la présidence de la République, donné en l’honneur de Bill Clinton. La grande formation de l’opposition de droite, la Nouvelle Démocratie, a choisi d’attendre la fin de la visite de M. Clinton pour monter au front, tout en rappelant avoir «prévenu le gouvernement des risques pour l’image nationale» représentés par des débordements.
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