LVMH, géant mondial du luxe, a annoncé le même jour, en ce début de semaine, l’achat de la maison de ventes aux enchères britannique Phillips et de l’horloger suisse Zenith, confirmant l’insatiable boulimie de son patron Bernard Arnault depuis le début de l’année. Au cours des dix derniers mois, LVMH aurait déboursé plus de 7 milliards de francs (1,07 milliard d’euros) pour des opérations de croissance externe dans ses divers domaines d’activité : mode, parfums et cosmétiques, horlogerie de luxe, distribution, Internet, vins et champagne. Cette estimation n’a pas été confirmée par le groupe. À la tête du premier groupe mondial du luxe, avec un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros, Bernard Arnault semble avoir bien digéré la crise financière asiatique, qui avait mis à mal LVMH en 1997 et en 1998, ainsi que son échec relatif au seuil du maroquinier italien de luxe Gucci, dont la majorité lui avait été ravie par son frère ennemi François Pinault. Il veut aussi profiter de la bonne tenue du marché, pour se créer des relais de croissance pour l’après-2000, qui devrait être marqué par un tassement de ses ventes de champagne et de maroquinerie, les deux activités phares du groupe, estiment des analystes. Bernard Arnault s’est donné pour objectif d’atteindre dans cinq ans 100 milliards de francs (15,24 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, essentiellement par croissance interne, réparti en trois tranches égales : un tiers aux États-Unis, un tiers en Europe et un tiers en Asie. Fondée en 1796, Phillips est la troisième grande maison de ventes aux enchères dans le monde, après Sotheby’s et Christie’s. Payée 70 millions de livres, selon le Financial Times, elle permet à Bernard Arnault de damer le pion à son rival François Pinault, qui possède Christie’s. Klein et Armani Le rachat du fabricant suisse de montres Zenith International s’inscrit dans la stratégie de LVMH consistant à s’organiser en «pôles» et à créer un pôle d’horlogerie de luxe. Le montant de la transaction n’a pas été publié mais, selon des sources proches du dossier, il s’élèverait à 47 millions d’euros. Fondée en 1865, Zenith, une société familiale indépendante, fabrique essentiellement des montres mécaniques, des chronomètres de marine, mais aussi des mouvements mécaniques reconnus pour leur qualité, dont les clients sont Rolex, Concord, Parmigiani, Daniel Roth. Elle emploie 170 personnes, pour un chiffre d’affaires de 55 à 60 millions de francs suisses (40 millions de dollars). LVMH, qui n’avait que deux références sur le segment de la montre de prestige et de joaillerie, Fred et Favre Leuba, a commencé par jeter son dévolu en septembre sur le suisse Tag Heuer, avant de mettre la main, fin octobre, sur le joaillier français Chaumet et un autre horloger suisse Ebel, acquis auprès d’Investcorp. Il s’est hissé au troisième rang mondial du secteur horlogerie de luxe, derrière le suisse Swatch – qui lorgnait aussi sur Chaumet – et Vendôme (Cartier), mais devant Breitling. Il est par ailleurs présent sur le segment des «montres de griffe» avec Givenchy, Christian Dior, Loewe et Céline. Le marché mondial de la montre de luxe progresse de 3 à 4% par an. Mi-octobre, LVMH s’est allié avec l’italien Prada pour prendre en commun le contrôle à 51 % de la prestigieuse griffe romaine Fendi, célèbre pour ses sacs à main. Le ticket d’entrée aurait été payé 1,1 milliard d’euros. Une opération qu’il a réalisée au nez et à la barbe de sa bête noire Domenico De Sole, patron de Gucci et qu’il devrait prolonger par d’autres alliances avec Prada. Les marchés le disent intéressé par Calvin Klein et Giorgio Armani, dont les créateurs voudraient passer la main, sur un marché où les affaires de prestige sont très convoitées et de plus en plus rares.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats LVMH, géant mondial du luxe, a annoncé le même jour, en ce début de semaine, l’achat de la maison de ventes aux enchères britannique Phillips et de l’horloger suisse Zenith, confirmant l’insatiable boulimie de son patron Bernard Arnault depuis le début de l’année. Au cours des dix derniers mois, LVMH aurait déboursé plus de 7 milliards de francs (1,07 milliard d’euros) pour des opérations de croissance externe dans ses divers domaines d’activité : mode, parfums et cosmétiques, horlogerie de luxe, distribution, Internet, vins et champagne. Cette estimation n’a pas été confirmée par le groupe. À la tête du premier groupe mondial du luxe, avec un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros, Bernard Arnault semble avoir bien digéré la crise financière asiatique, qui avait mis à mal LVMH en 1997 et en...