Le conseil de l’IAAF, réuni à Monaco, a opté hier pour l’intérim de longue durée en confirmant le Sénégalais Lamine Diack, 66 ans, à la présidence de la Fédération internationale d’athlétisme jusqu’au prochain congrès, début août 2001 à Edmonton. Lamine Diack, qui assurait l’intérim depuis le décès de Primo Nebiolo le 7 novembre dernier, a quitté la première partie de réunion avec le sourire, sans confirmer ni infirmer l’information dévoilée par le porte-parole de l’IAAF, Giorgio Reineri, et officialisée par Istvan Gyulai, lui-même confirmé à son poste de secrétaire général. «Le soutien à Lamine Diack a reçu l’unanimité», affirmait l’Allemand Helmut Digel, l’un des 26 membres du conseil, tandis que son alter ego français Jean Poczobut précisait «qu’aucun membre ne s’était prononcé en faveur d’un congrès anticipé», synonyme d’élection. Le prochain congrès de l’IAAF est prévu début août au Canada, en préambule aux championnats du monde. «De toutes façons, après plusieurs lectures des statuts en anglais et en français, j’ai rappelé que rien ne permet au conseil de demander un congrès extraordinaire. Cela ne peut se faire qu’à la demande d’un tiers des membres de l’IAAF (soit 70)», insistait le conseiller de Marie-George Buffet. Sotomayor attend Il assurait également que le conseil «n’a pas abordé la question du premier vice-président», poste laissé désormais vacant par Lamine Diack et en vertu duquel le Sénégalais avait obtenu l’intérim à la mort de Primo Nebiolo. Au-delà de la question présidentielle, Jean Poczobut estimait que «le problème essentiel est d’envisager désormais le fonctionnement (de l’organisation) à travers l’étude de certains dossiers qui étaient délaissés auparavant». Un clin d’œil au pouvoir concentré par Primo Nebiolo depuis son accession à la présidence en 1981... Durant le tour de table, il a lui-même posé les questions portant sur «le calendrier de la Golden League, le marketing, les droits TV, la politique antidopage, les rapports avec les athlètes et leurs agents...» En revanche, le chapitre dopage n’avait pas encore été ouvert. Et le Cubain Javier Sotomayor, convaincu de dopage à la cocaïne mais blanchi par sa fédération, ne pouvait donc qu’attendre en errant dans les couloirs... Lamine Diack en bref Le Sénégalais Lamine Diack, 66 ans est un homme de dialogue réputé pour sa patience, qui n’a jamais affiché d’ambition pour le fauteuil présidentiel obtenu finalement par défaut. Né à Dakar le 7 juin 1933, cet enfant de famille bourgeoise a fait ses lettres au lycée Van Vollenhoven, établissement réputé de l’époque coloniale, découvrant l’athlétisme au Foyer France-Sénégal, le grand club du pays alors sous tutelle française. Le jeune athlète s’est illustré sur les sautoirs de la longueur – comme son prédécesseur Primo Nebiolo – venant en France pour coiffer le titre national en 1958 avec un bond à 7,63 m, puis le titre universitaire l’année suivante avec 7,72 m. Il a mené parallèlement une carrière de footballeur, effectuant un essai comme stagiaire au Racing Club de Paris. Mais une blessure à un genou mettait fin à ses espoirs et même à sa carrière sportive en général au début des années 60. Il décidait alors de passer de l’autre côté de la barrière. Entraîneur de foot du Foyer France-Sénégal en 1963, il accédait à la Direction technique nationale, puis au secrétariat à la Jeunesse et au Sport en 1970. Trois ans plus tard, il devenait le premier président de la Confédération athlétique africaine, poste qu’il occupe toujours. Avocat de formation, ce père d’une grande famille (15 enfants avec plusieurs épouses) était également engagé sur la scène politique dans son pays (maire de Dakar, membre du Parlement). Le Comité national olympique, qu’il dirige depuis 1985, lui ouvrait ses portes en 1974, tout comme l’IAAF qui en faisait un de ses vice-présidents en 1976, puis son premier vice-président en 1991, ce qui lui a permis d’assurer l’intérim après le décès de Nebiolo. Respectueux du travail effectué par son prédécesseur, ce Sénégalais à la bonne humeur, dont les éclats de rire sont plus fameux que les coups de gueule, a immédiatement assuré qu’il ne dirigerait pas sans partage : «Il n’y aura plus de roi ou de pape, mais une équipe dont je serai le capitaine...»
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le conseil de l’IAAF, réuni à Monaco, a opté hier pour l’intérim de longue durée en confirmant le Sénégalais Lamine Diack, 66 ans, à la présidence de la Fédération internationale d’athlétisme jusqu’au prochain congrès, début août 2001 à Edmonton. Lamine Diack, qui assurait l’intérim depuis le décès de Primo Nebiolo le 7 novembre dernier, a quitté la première partie de réunion avec le sourire, sans confirmer ni infirmer l’information dévoilée par le porte-parole de l’IAAF, Giorgio Reineri, et officialisée par Istvan Gyulai, lui-même confirmé à son poste de secrétaire général. «Le soutien à Lamine Diack a reçu l’unanimité», affirmait l’Allemand Helmut Digel, l’un des 26 membres du conseil, tandis que son alter ego français Jean Poczobut précisait «qu’aucun membre ne s’était...