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Actualités - Reportages

Le vin d'or libanais

Introduit par les pharaons, propagé en Méditerranée par nos ancêtres les Phéniciens et divinisé au temple de Bacchus à Baalbeck, le vin développe depuis la nuit des temps son caractère sacré, ses traditions rituelles et la maîtrise de ses connaisseurs. Après le déclin de Rome, le christianisme prend la relève. Du miracle des noces de Cana jusqu’à Byzance, la culture de la vigne et l’usage sacré du vin se répandent dans le Proche-Orient à travers la Békaa. Au siècle dernier, à quelques années près et portés par un même rêve romantique, se sont retrouvés en territoire libanais lady Hester Stanhop, Alphonse de Lamartine et Gérard de Nerval. Ce dernier racontait, dans un de ses récits : «Le prince, après avoir fait servir les rafraîchissements pour ses compagnons et pour moi, entra dans cette petite partie de la maison spécialement consacrée aux femmes, il avait bu seulement avec nous un verre de vin d’or au moment où l’on apportait le souper». Riche d’une longue tradition, la vallée fertile de la Békaa réunit des conditions exceptionnelles en terme de climat et de terroir. La motivation et le savoir-faire des hommes ont pu y introduire de nobles cépages, ainsi que les plus modernes outils et techniques de fabrication du vin. En très peu de temps, la communauté internationale reconnaît, par de nombreux prix décernés, la valeur de ce vin venu d’Orient, aux vives couleurs de son soleil brillant, au nez fruité et subtil, et aux richesses de ses saveurs allant jusqu’aux notes de cèdre. À l’aube du troisième millénaire, la consommation d’alcools forts est en train de diminuer, alors que la vente de bons vins ne cesse de progresser : les campagnes et mesures interdisant la conduite en état d’ébriété, la prévention contre les maladies cardio-vasculaires prouvée par une consommation modérée de vin et l’amélioration qualitative de ce divin breuvage pourraient expliquer ces changements. Durant la guerre, les Libanais consommaient de préférence des alcools forts (whisky et arak). Le calme revenu, la génération actuelle des 25-35 ans préfère se livrer aux délicatesses du vin. Le marché du vin au Liban est estimé à 19 % de la population, soit près de 734 000 personnes consommant 4,4 bouteilles par personne et par an, soit 1/15 de la moyenne de consommation française. Par ailleurs, l’exportation de vin libanais génère environ 5 millions de dollars de bénéfice pour notre pays. L’industrie du vin au Liban, une des plus vieilles activités économiques répertoriées, connaît une mutation extraordinaire depuis le début de la dernière décennie de ce siècle. La motivation des hommes rencontrés, leur quête de savoir-faire, de force et de beauté se trouvent couronnés de succès. Ce n’est que le début. En effet, nos cépages nobles n’ont pas plus que 7 ans d’âge, nous passons, actuellement, de la maîtrise au perfectionnement. Le vin est l’ambassadeur par excellence de notre savoir-faire agricole et de notre culture. Symbole de plaisir, il représente auprès de nos compatriotes expatriés et des touristes potentiels les valeurs de notre terre d’accueil, le raffinement de nos goûts et le savoir-faire de nos hommes. Il serait urgent que les pouvoirs publics réalisent que miser sur un secteur gagnant permet d’en relancer d’autres par les retombées positives escomptées à court terme. En effet, le secteur du vin allie compétence et technologie sur le plan de la production et est promoteur de tourisme sur le plan commercial. Cette industrie pourrait devenir leader de notre région si les hommes de bonne volonté se donnaient la main.
Introduit par les pharaons, propagé en Méditerranée par nos ancêtres les Phéniciens et divinisé au temple de Bacchus à Baalbeck, le vin développe depuis la nuit des temps son caractère sacré, ses traditions rituelles et la maîtrise de ses connaisseurs. Après le déclin de Rome, le christianisme prend la relève. Du miracle des noces de Cana jusqu’à Byzance, la culture de la vigne et l’usage sacré du vin se répandent dans le Proche-Orient à travers la Békaa. Au siècle dernier, à quelques années près et portés par un même rêve romantique, se sont retrouvés en territoire libanais lady Hester Stanhop, Alphonse de Lamartine et Gérard de Nerval. Ce dernier racontait, dans un de ses récits : «Le prince, après avoir fait servir les rafraîchissements pour ses compagnons et pour moi, entra dans cette petite partie...