La demande du dollar s’est un peu contractée hier à Beyrouth, se limitant aux besoins commerciaux de quelques opérateurs, dans un marché sur lequel l’offre de cette monnaie à des fins de placements en bons du Trésor libanais continuait à se faire sentir. Pourtant, la présence de la Banque du Liban (BDL), qui se déclarait toujours prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, a eu pour effet de maintenir la devise américaine de l’ouverture à la clôture au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier, et à la faire négocier bien en deçà de ce niveau au gré de l’évolution de l’offre. Elle a été ainsi finalement traitée entre 1 501,25 et 1 501,75 LL, après un départ entre 1 502,00 et 1 503,00 LL, dans un volume d’affaires ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques dans un marché équilibré de lui-même. Effritement du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est replié hier, cédant à des prises de bénéfices au lendemain d’une hausse largement anticipée des taux d’intérêt américains, alors que l’euro bénéficiait de rumeurs selon lesquelles le rapport IFO sur le climat des affaires en Allemagne pour le mois dernier, attendu aujourd’hui, serait bien meilleur que prévu. Comme l’avaient prévu une majorité des analystes, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait choisi la veille de prendre une assurance supplémentaire contre les risques de surchauffe de l’économie en relevant d’un quart de point en pourcentage son taux interbancaire au jour le jour à 5 1/2 % et son taux d’escompte à 5,00 %. Il s’agit de la troisième hausse du taux interbancaire et la deuxième hausse du taux d’escompte depuis cet été. La dernière hausse était intervenue le 24 août dernier. La Fed a également levé sa directive, adoptée le 5 octobre dernier, penchant vers un relèvement futur des taux. La réaction initiale du dollar a été de s’apprécier la veille dans le sillage de Wall Street mais le billet vert a fini par se replier hier, de nombreux investisseurs ayant préféré prendre leurs bénéfices. Le billet vert n’a pas réagi sensiblement hier aux données sur l’inflation américaine pour le mois d’octobre révélant une faible hausse de 0,2 % des prix à la consommation contre 0,4 % en septembre. Cela d’autant qu’on apprenait que les mises en chantier de logement aux États-Unis n’auraient augmenté que de 0,1 % contre une baisse de 1,8 % pendant la même période, excluant toute surchauffe économique. De son côté, l’euro est brièvement monté au-dessus de 1,0430 dollar dans les premiers échanges hier, dopé par un article paru dans le quotidien financier allemand Handelsblatt affirmant que la Banque centrale européenne (BCE) était prête à intervenir pour soutenir l’euro s’il se dépréciait en dessous de 1,03 dollar. La monnaie unique européenne a été également soutenue par des rumeurs selon lesquelles le rapport IFO sur le climat des affaires en Allemagne, à paraître aujourd’hui, serait bien meilleur que prévu. La livre sterling est restée pour sa part confinée dans des marges étroites, demeurant largement insensible aux derniers chiffres britanniques meilleurs que prévu sur l’emploi, ainsi qu’aux minutes de la réunion du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre début novembre. Ces dernières ont révélé que huit des neuf membres du comité s’étaient prononcés pour une hausse d’un quart de point à 5 1/2 % des taux d’intérêt britanniques au début du mois. Il en est de même du yen qui est resté indifférent à la mise en garde lancée hier par la Banque du Japon estimant toute appréciation du yen face au dollar comme étant un «problème indéniable» pour la timide reprise économique en cours au Japon. Cela étant, le dollar a dû subir la pression des ventes bénéficiaires de concert avec Wall Street, se négociant à New York à la baisse comme suit : – 1,0412 pour un euro contre 1,0328, la veille – 1,6252 pour un sterling contre 1,6190 – 1,8785 DM contre 1,8940 – 6,3000 FF contre 6,3525 – 1,5390 FS contre 1,5520 – 1 859,65 lires contre 1 875,15 – 105,45 yens contre 105,90. Bourse de Beyrouth : légèrement soutenue par la Byblos Bank À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été légèrement soutenue hier par la petite hausse des actions C de la Byblos Bank de 2 1/8 à 2 3/16 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote et essentiellement axé sur les actions Solidere des deux catégories. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,07 % à 74,39 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a augmenté de 0,11 % à 177,20 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un volume d’affaires très mince avec seulement 19 118 actions (dont 17 468 actions Solidere A et B) d’une valeur globale de 128 303 dollars (dont 113 678 dollars sur Solidere). Irrégularité de Wall Street au lendemain de la décision de la Fed Sur les places boursières internationales, Wall Street, qui avait très bien accueilli la veille la décision de la Fed de relever d’un quart de point en pourcentage ses taux directeurs, a subi hier le contrecoup de la hausse des rendements obligataires de 6,0470 % à 6,1220 % sur les bons du Trésor à 30 ans. Elle a été également tirée à la baisse par des prises de bénéfices après ses gains de 1,59 % de la veille. Le marché a donc ignoré non seulement la meilleure tenue hier de la Bourse électronique (Nasdaq) mais aussi les statistiques montrant une maigre hausse de 0,2 % des prix à la consommation le mois dernier tout comme l’indice de base, qui exclut l’énergie et l’alimentation, contre 0,4 % en septembre, ainsi que la faible progression de 0,1 % des mises en chantier de logements contre une baisse de 1,8 % pendant la même période. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a oscillé entre un plus haut à 10 937,53 points et un plus bas à 10 879,19 points, avant d’afficher en préclôture 10 891,70 points, en baisse de 40,63 points sur la veille. Les Bourses européennes en baisse dans l’ensemble Les marchés d’actions européens ont terminé pour la plupart en retrait mercredi face aux hésitations de Wall Street après le relèvement modeste des taux d’intérêt américains la veille, les investisseurs préférant assurer leurs bénéfices notamment sur les valeurs de télécommunications. «Certes, les hausses de taux sont maintenant derrière nous pour le moment en Europe et aux États-Unis, mais depuis quand des taux en hausse sont-ils bons pour les marchés d’actions ?», s’interrogeait un opérateur à Francfort. À Paris, l’indice CAC 40 a rompu avec 13 séances de hausse – et autant de records historiques en clôture – par un repli de 0,25 %. L’indice Dax a cédé 0,67 % à Francfort, tandis que le FTSE 100 de Londres abandonnait 0,41. Zurich a perdu 0,28 %, Milan 0,37 %, Bruxelles 0,14 % et Amsterdam 0,1 %. En revanche, Madrid a progressé de 0,19 % selon l’Ibex et Helsinki de 4,14 % selon l’indice Hex. Les indices multipays étaient également mitigés. L’Eurotop 300 pan-européen a cédé 0,26 %, tandis que l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro était pratiquement inchangé (+ 0,01 %). Les valeurs de télécoms, et notamment les opérateurs, qui avaient atteint des sommets en même temps que les technologiques la semaine dernière, pliaient sous les prises de bénéfices mercredi. Mannesmann a cédé 5,3 % pour revenir à 196,65 euros, accusant la plus forte baisse des valeurs du Dax, sur des rumeurs de marché prêtant à Vodafone AirTouch l’intention de renoncer à une nouvelle offre sur son concurrent et allié allemand. Vodafone a toutefois démenti ces rumeurs en précisant que tout était prêt pour lancer une nouvelle offre, mis à part… le prix. Les opérateurs soulignaient également la logique de prises de bénéfices sur un titre qui a pris quelque 30 % ce mois-ci, en anticipation d’un raid de Vodafone. Vodafone en revanche a mis un terme à cinq séances consécutives de recul en enregistrant un gain de 1,93 %. Deutsche Telekom était également en repli (-0,62 % à 51,18 euros), après l’annonce du rachat, pour 700 millions d’euros, de Siris, filiale française du consortium Unisource. France Télécom a perdu 1,14 % à Paris. Les équipementiers étaient en revanche bien orientés. Nokia a gagné 6,5 %, tandis qu’Ericsson, qui avait un moment baissé pendant la séance, a finalement terminé en hausse de 1,3 %. Un dirigeant du groupe suédois avait déclaré à la mi-journée que certains des objectifs de marge que s’est fixés le groupe seraient difficiles à atteindre. Thyssen-Krupp faisait également l’objet de prises de profits (-1,27 %) après sa flambée de la veille due à l’annonce de son plan de restructuration. Le sidérurgiste espagnol Acerinox a gagné en revanche 8,84 %, son concurrent finlandais Outokumpu 6,25 % et l’anglo-néerlandais Corus 8,6 %. Les prises de bénéfices ont touché aussi les pharmaceutiques. Glaxo Wellcome a cédé 2,43 %, SmithKline Beecham 3,63 % et AstraZeneca 1,79 %. Du côté des hausses, BMW affichait un gain de 0,84 % bien que les opérateurs n’aient pas pris au sérieux des informations faisant état de l’intérêt du géant américain Ford pour le constructeur bavarois. Tokyo : nette reprise La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,67 % mercredi, les investisseurs étrangers ayant salué par des achats d’actions la révision à la hausse des prévisions de croissance de l’économie japonaise et la hausse enregistrée la veille à Wall Street, selon des opérateurs. L’indice Nikkei 225 a progressé de 119,68 points pour terminer à 18 274,82 points, clôturant à la hausse pour la première fois depuis cinq séances. L’indice élargi Topix a gagné 11,14 points à 1 591,53. Le montant des transactions sur le premier tableau s’est élevé à 735,24 millions d’actions, contre 643,01 millions la veille. Les titres en hausse ont largement dominé à 1 027 contre 258,67 restant inchangés. La journée a cependant été marquée par des prises de bénéfices qui ont érodé les gains importants enregistrés en début de séance dans le sillage de la progression de la veille à Wall Street, qui avait profité de la hausse des valeurs liées aux nouvelles technologies, ont indiqué des opérateurs. Les investisseurs étrangers ont pris en compte les chiffres publiés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoyant une croissance de 1,4 % pour l’économie japonaise cette année, contre une récession de 0,9 % prévue initialement, ont-ils ajouté. «Les investisseurs étrangers ont acheté des titres en masse en anticipant une forte reprise de l’économie japonaise», a expliqué Kazue Mayuzumi, analyste chez Nikko Securities.
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