Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

(Supplément) Un premier pas vers de nouveaux horizons

Le Proche-Orient devrait vraisemblablement atteindre en l’an 2000 un point d’inflexion, en cas de paix globale avec Israël. Le Liban, par la force des choses, ne pourra alors que suivre le mouvement. L’année 1999 aura déjà été, au plan libanais, un tremplin vers ces horizons nouveaux et, en quelque sorte, une rupture avec certaines pratiques politiques qui ont marqué sur la scène locale la décennie écoulée. De fait, le régime du président Emile Lahoud a tenté, dès les premières semaines, de briser quelques tabous, d’enclencher une dynamique de changement, du moins au niveau de l’appareil de l’Etat et de la gestion des affaires publiques. Mais les velléités de refonte administrative manifestée par le pouvoir en début d’année ont rapidement débouché sur le cafouillage, l’Exécutif faisant preuve d’un peu trop de précipitation dans un domaine aussi complexe. De grands commis de l’Etat irréprochables ont ainsi été mis dans le même panier que les hauts fonctionnaires accusés de corruption et de détournement de fonds. Sans compter le déplorable épisode des perquisitions effectuées chez de nombreux particuliers – à grand renfort de tapage médiatique – à la recherche d’antiquités censées être propriété de l’Etat. Au prix de ces quelques dérapages, le pouvoir a réussi à créer un précédent en plaçant aux arrêts des anciens ministres, des directeurs généraux et des hauts fonctionnaires soupçonnés de malversations financières et d’abus de pouvoir. Encore que cette épuration administrative, qui a marqué les premières semaines du mandat Lahoud, ait souvent pris l’allure d’une chasse aux sorcières. Sans compter qu’elle est restée limitée à certains “ intermédiaires ”, sans atteindre les véritables responsables des opérations de dilapidation des fonds publics. La première année du nouveau régime s’est caractérisée, en outre, par les efforts d’assainissement et de redressement entrepris au niveau financier sous l’impulsion du ministre des Finances Georges Corm. Des efforts d’autant plus louables (et impératifs) que la dette publique et le déficit budgétaire avaient atteint (voire dépassé) à la fin du mandat Hraoui le seuil critique. La politique d’austérité mise en place par le cabinet Hoss a peut-être contribué à aggraver la stagnation et la crise économique que tous les Libanais ont ressentie durant l’année écoulée. Mais elle aura quand même permis au nouveau régime de se forger, dès le début du mandat, un petit capital « confiance» qui pourrait aider à relancer quelque peu la machine, à la faveur de l’effet boule de neige que ne manquerait pas de provoquer la paix régionale globale qui semble poindre à l’horizon. Cette paix tant attendue constitue pour le Liban l’opportunité historique à ne pas rater. Elle introduirait en effet au Proche-Orient une nouvelle donne géopolitique susceptible de bouleverser la physionomie de la région. Elle pourrait fournir aux Libanais une chance inespérée d’élargir leurs horizons, de diversifier leurs relations régionales, de développer des rapports bien compris avec de nouveaux voisins et de sortir ainsi de l’ornière dans laquelle on tente de les confiner depuis plusieurs années. Si le Liban parvient à se préparer à cette nouvelle étape et, surtout, si les décideurs le laissent se libérer de la tutelle et se tailler librement une place au soleil, il pourra alors retrouver son équilibre politique. Car c’est principalement au plan politique que le redressement se fait toujours attendre. Aucune avancée significative n’a été perceptible à ce niveau au cours de la première année du régime. De fait, le contexte géopolitique global qui a caractérisé la décennie écoulée est demeuré inchangé. Cela s’est reflété dans la nouvelle loi électorale votée à la fin de l’année par le Parlement. Une loi électorale qui atténue, certes, les failles de 1992 et 1996 mais qui reste, malgré tout, taillée sur mesure. Et qui empêche toujours l’émergence d’une représentation réelle et légitime des spécificités libanaises et des réalités socio-communautaires du pays. Comme le relevait fort à propos le patriarche maronite Nasrallah Sfeir en cette fin d’année 1999, près de dix ans après la fin des combats et l’approbation de l’accord de Taëf, la véritable réconciliation nationale se fait toujours attendre. Puisse le point d’inflexion dont on se rapproche ouvrir la voie à un dialogue interlibanais en profondeur. C’est alors que l’on parviendra peut-être à un système politique conforme, enfin, aux réalités locales.
Le Proche-Orient devrait vraisemblablement atteindre en l’an 2000 un point d’inflexion, en cas de paix globale avec Israël. Le Liban, par la force des choses, ne pourra alors que suivre le mouvement. L’année 1999 aura déjà été, au plan libanais, un tremplin vers ces horizons nouveaux et, en quelque sorte, une rupture avec certaines pratiques politiques qui ont marqué sur la scène locale la décennie écoulée. De fait, le régime du président Emile Lahoud a tenté, dès les premières semaines, de briser quelques tabous, d’enclencher une dynamique de changement, du moins au niveau de l’appareil de l’Etat et de la gestion des affaires publiques. Mais les velléités de refonte administrative manifestée par le pouvoir en début d’année ont rapidement débouché sur le cafouillage, l’Exécutif faisant preuve...