Avec ses 14 000 mètres carrés et ses 1 400 œuvres exposées, le Musée national d’art moderne qui occupe deux niveaux entiers du Centre Georges Pompidou, à Paris, forme le plus grand musée du monde pour l’art du XXe siècle. Deux fois grand comme le MoMA (Museum of Modern Art) de New York, le MNAM n’a pas seulement gagné 4 500 mètres carrés en superficie. Sous la houlette de son directeur, l’historien d’art allemand Werner Spies, il a acquis des œuvres rares et dispose d’un parcours cohérent, où les ensembles, loin d’être isolés, «se regardent et se répondent». On y accède par le 4e niveau, l’étage de l’art contemporain qui s’ouvre sur le monumental Requiem pour une feuille morte (1957) de Jean Tinguely, que côtoie la non moins monumentale Vessie de Glace objet mobile géant de Claes Oldenburg récemment entré dans les collections. Un peu plus loin, le drôle de «Magasin» de Ben et ses innombrables doutes écrits voisinent avec le Jardin d’hiver de Jean Dubuffet. Puis viennent Boltanski, Joseph Beuys et son chaud piano enveloppé de feutre, face à la glaciale installation de Jean-Pierre Raynaud, très tendance morgue. En fait, tous les principaux mouvements artistiques depuis les années soixante sont représentés à l’étage contemporain : Pop Art, Nouveau réalisme, Op Art et Cinétisme, Fluxus, Arte Povera, Art conceptuel, Antiform, peinture des années 80. Encore que la peinture fasse pâle figure aux côtés des grandes installations, des emballages de Cristo et Jeanne Claude, des rayures de Buren ou des touches de peintures de Toroni, des salles consacrées à l’architecture et au design, à la photo ou à la vidéo. Les collections modernes, dites «historiques», occupent le 5e niveau selon un parcours chronologique où se succèdent fauves, cubistes, grands ensembles monographiques (Matisse, Picasso, Duchamp, Braque, Miro, Ernst...), dadaïstes, constructivistes, surréalistes, abstraits. Werner Spies a privilégié les «salles de dialogue», où Picasso converse avec Braque, Matisse avec Bonnard, Giacometti avec Bacon. L’atelier d’André Breton a été reconstitué et les papiers découpés de Matisse occupent un espace à part. Parmi les grandes acquisitions, figurent le Souvenir de la galerie des Glaces à Bruxelles (1920) d’Otto Dix, Le Dresseur d’animaux de Francis Picabia, des œuvres majeures de Christian Schad ou Max Ernst pour l’art moderne, et d’autres de Pierre Buraglio, Annette Messager, Thomas Ruff ou Mike Kelley pour le contemporain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Avec ses 14 000 mètres carrés et ses 1 400 œuvres exposées, le Musée national d’art moderne qui occupe deux niveaux entiers du Centre Georges Pompidou, à Paris, forme le plus grand musée du monde pour l’art du XXe siècle. Deux fois grand comme le MoMA (Museum of Modern Art) de New York, le MNAM n’a pas seulement gagné 4 500 mètres carrés en superficie. Sous la houlette de son directeur, l’historien d’art allemand Werner Spies, il a acquis des œuvres rares et dispose d’un parcours cohérent, où les ensembles, loin d’être isolés, «se regardent et se répondent». On y accède par le 4e niveau, l’étage de l’art contemporain qui s’ouvre sur le monumental Requiem pour une feuille morte (1957) de Jean Tinguely, que côtoie la non moins monumentale Vessie de Glace objet mobile géant de Claes Oldenburg...