La Syrie connaît une sévère récession économique due en partie à son refus de lancer des «réformes vitales», a indiqué la radio publique israélienne, citant un rapport du Mossad, écrit l’AFP dans une dépêche datée de Jérusalem. Cette récession a été provoquée en 1998 par la chute des cours du pétrole qui représente 60 à 70 % des exportations de la Syrie et de la sécheresse qui a affecté le secteur agricole. La remontée des cours du brut cette année n’a toutefois pas permis de relancer l’économie, a ajouté la radio sans préciser si ce rapport provenait du Mossad, les services secrets ou de Aman, les services de renseignements militaires. Le poids de la dette extérieure qui dépasse les 20 milliards de dollars pèse lourdement sur les finances de la Syrie qui n’est pas parvenue à obtenir un rééchelonnement ou une annulation de sa dette auprès de la Russie et de l’Allemagne, ses deux principaux créanciers, poursuit ce rapport. Le régime syrien a préparé des mesures pour stimuler la croissance et le secteur privé, mais ces réformes ont été appliquées avec «la plus grande lenteur». L’économie syrienne «dirigiste, peu efficace n’a pas été en mesure d’attirer des investissements étrangers», a indiqué la radio. Les dirigeants ne sont «pas prêt à entreprendre des réformes vitales pour des raisons idéologiques et politiques». Mais, poursuit ce document, la relance des négociations entre Israël et la Syrie, qui doivent reprendre le 3 janvier aux États-Unis, pourrait stimuler des investissements étrangers. Le rapport estime toutefois qu’il est «peu probable» que la Syrie obtienne une aide économique massive des États-Unis même en cas d’accord avec Israël «en raison de l’opposition qu’un tel changement de politique ne manquerait pas de provoquer au Congrès». En septembre, une étude réalisée pour le compte de l’Institut Truman de l’Université hébraïque de Jérusalem avait établi un diagnostic semblable. «L’économie syrienne est en mauvaise posture, à cause de la sécheresse, de l’absence d’investissements étrangers, et des infrastructures économiques déficientes», avait expliqué M. Gil Feiler, auteur de l’étude. Selon cette étude fondée sur des informations collectées par des services secrets et diverses sources en Syrie et à l’étranger, le taux de chômage –non compris la capitale – a atteint 30 % de la population active. Le PNB a baissé de 1,2 % en 1998 et pourrait encore chuter de 2 % cette année, après une forte poussée au début des années 1990. Les statistiques sur la Syrie sont rares. En juillet la presse officielle à Damas avait indiqué qu’une injection de 4 milliards USD était nécessaire pour créer 200 000 emplois par an rendus nécessaires par la croissance démographique. En avril, la presse syrienne avait aussi indiqué que les exportations avaient chuté de 30 % pour s’établir à 2,2 milliards USD en 1998, surtout à cause de la baisse des prix du pétrole et du coton.
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