Le Premier ministre Vladimir Poutine, faucon de la guerre en Tchétchénie, qui a entamé sa marche vers l’élection présidentielle en août dernier, apparaît aujourd’hui comme le candidat le mieux placé pour succéder à Boris Eltsine l’été prochain. M. Poutine, 47 ans, ancien chef des services secrets, visage dur et crâne dégarni, atteignait à peine 1 % des intentions de vote à la présidentielle à sa nomination à la tête du gouvernement le 9 août. En quelques mois de combats en Tchétchénie, il est devenu la coqueluche des Russes. Selon un sondage réalisé dimanche à la sortie des urnes, il aurait même été élu au premier tour, avec 50 % des voix, si le scrutin présidentiel s’était déroulé en même temps que les législatives. La surprenante deuxième place du parti du Kremlin Unité aux élections dimanche est largement due au soutien que lui a donné Vladimir Poutine, estiment les analystes. «Le résultat du vote désigne sans équivoque le candidat favori pour la présidentielle», a déclaré lundi le numéro deux de l’administration présidentielle russe, Igor Chabdourassoulov, l’un des organisateurs de la coalition Unité, créée à la hâte trois mois avant les législatives. «Dès sa création, cette coalition était destinée à soutenir Vladimir Poutine pour la présidentielle de l’an 2000», a reconnu M. Chabdourassoulov. «Nous avons fait notre choix et il paraît que tout ira bien», a-t-il ajouté, satisfait. Vladimir Poutine «a su changer avec une seule phrase (son soutien à Unité) le rapport des forces en Russie qui existait ces six dernières années», estime Gleb Pavlovski, conseiller du Kremlin. Jusqu’à présent, seul le président Eltsine était capable de faire ceci. «Le soutien qu’il a eu aux législatives témoigne non seulement de la popularité de Poutine mais du pouvoir réel qu’il exerce en Russie», estime M. Pavlovski. Les législatives étaient en effet considérées comme la répétition générale de la présidentielle de juin. La victoire d’Unité, assurée par la «machine de propagande» puissante du Kremlin, s’explique par la fermeté politique de Poutine en Tchétchénie, qui a provoqué l’euphorie générale des Russes, estime Boris Makarenko, directeur adjoint du Centre des technologies politiques (non-gouvernemental). Nommé à la tête du gouvernement à la place d’un autre ancien chef des services secrets, Sergueï Stépachine, jugé trop mou par le Kremlin, Vladimir Poutine a tout de suite pris le taureau par les cornes. Une série de déclarations ou de gestes énergiques, parfois grossiers, comme sa promesse de «buter les terroristes jusque dans les chiottes», ou son bras d’honneur aux terroristes devant les caméras, lui valent une ascension irrésistible dans les sondages. Produit de la guerre du Caucase, M. Poutine est également son otage. Une défaite militaire en Tchétchénie risquerait d’anéantir tous les avantages acquis, estiment les analystes. Pour soutenir son candidat à la présidentielle, «le Kremlin n’a qu’à appliquer la même stratégie l’été prochain que celle pour les législatives lorsqu’il a su jouer même sur les sentiments antioccidentaux des Russes», assure le président le la fondation Politika, Viatcheslav Nikonov.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre Vladimir Poutine, faucon de la guerre en Tchétchénie, qui a entamé sa marche vers l’élection présidentielle en août dernier, apparaît aujourd’hui comme le candidat le mieux placé pour succéder à Boris Eltsine l’été prochain. M. Poutine, 47 ans, ancien chef des services secrets, visage dur et crâne dégarni, atteignait à peine 1 % des intentions de vote à la présidentielle à sa nomination à la tête du gouvernement le 9 août. En quelques mois de combats en Tchétchénie, il est devenu la coqueluche des Russes. Selon un sondage réalisé dimanche à la sortie des urnes, il aurait même été élu au premier tour, avec 50 % des voix, si le scrutin présidentiel s’était déroulé en même temps que les législatives. La surprenante deuxième place du parti du Kremlin Unité aux élections...