L’excédent commercial du Japon a de nouveau reculé en novembre, pour le huitième mois consécutif, en raison du renchérissement du coût des produits pétroliers mais aussi d’un bond des importations notamment en provenance d’Asie. Le surplus dégagé par le Japon dans ses échanges avec les autres pays s’est contracté de 25,7 % par rapport au même mois de 1998, à 661,6 millions de yens (6,4 mds EUR), a annoncé lundi le ministère des Finances (MoF). Les exportations globales ont progressé de 5,6 % à 3 884,9 milliards de yens tandis que les importations ont grimpé de 15,6 % à 3 223,3 milliards. «La hausse des prix pétroliers et une forte augmentation des importations de semi-conducteurs et d’autres marchandises d’Asie sont les principaux facteurs expliquant la contraction de novembre», a indiqué Naoko Ogata, analyste pour Sakura Institute of Research. «L’excédent commercial devrait continuer de se réduire pendant au moins six mois», a estimé Mme Ogata. Certains analystes ont estimé que la progression des importations est synonyme de reprise pleine et entière pour l’économie japonaise. Hiroshi Imai, analyste sénior au Japan Research Institute, a ainsi indiqué que le boom des importations en provenance d’Asie était «le signe d’un redressement graduel de la demande intérieure au Japon». Mais d’autres restaient plus pessimistes. «Les importations augmentent mais beaucoup de marchandises produites au Japon sont ensuite exportées vers d’autres pays, surtout vers les État-Unis», a fait remarquer Mme Ogata, en soulignant qu’«il faudra du temps pour que le Japon se mette à consommer lui-même ces produits et ne dépende plus du marché américain». Les exportations d’équipements de bureau étaient en baisse de 20 % en novembre alors que celles de composants électroniques grimpaient de 21 %. Les importations de semi-conducteurs (beaucoup d’entreprises japonaises se fournissent ou ont des filiales dans d’autres pays asiatiques) ont grimpé de 38 %. Côté export, la vigueur du yen continue, selon les économistes, d’handicaper les produits nippons. Le yens, s’échangeait à environ 105,2 yens pour un dollar au cours du mois de novembre, en hausse de 12,5 % sur un an. Après avoir reculé le mois précédent, l’excédent avec les États-Unis – politiquement sensible – a augmenté de 13,5 % à 544,2 mds de yens, en raison d’une croissance de 6,6 % des exportations à 1 179,9 mds de yens, supérieure à la hausse de 1,3 % des importations à 635,7 mds, a indiqué le ministère. Ce rebond s’explique surtout par une hausse des exportations automobiles, a précisé un responsable du MoF. L’excédent avec l’Union européenne a chuté de 12,2 % à 236,6 mds de yens. Les exportations ont reculé de 2,2 % à 676,7 mds mais les importations ont remonté de 4,1 % à 439,6 mds. L’excédent japonais a également décru avec le reste de l’Asie, avec une contraction de 2,3 % après une forte hausse le mois précédent. Les exportations ont bondi de 20,1 % à 1 506,5 mds de yens et les importations de 24 % à 1 325,4 mds, culminant à leur plus haut niveau depuis octobre 1997. La forte hausse des exportations vers l’Asie «signifie que l’Asie aussi est en train de sortir de ses difficultés économiques», a estimé M. Imai. «Si le Japon achète davantage de produits de la région, cela va encore accélérer la reprise en Asie», a-t-il ajouté.
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