L’histoire des inspections en Irak foisonne de mensonges, d’accusations et de crises qui devraient refaire surface avec la décision de l’Onu de ramener à Bagdad des experts en désarmement. La Commission spéciale de l’Onu sur le désarmement (Unscom) avait conclu, avant de quitter Bagdad à la hâte il y a un an, à la veille des frappes aériennes, que l’Irak n’avait cessé de mentir et n’avait pas été en mesure de prouver l’élimination de son arsenal. L’Irak, qui affirmait défendre sa souveraineté, dénonçait pour sa part l’Unscom comme «un nid d’espions». Ses accusations ont été reconnues comme partiellement fondées par le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, à la suite de révélations d’un ancien inspecteur sur une collusion avec les États-Unis et Israël. Ce qui ressort de cette avalanche de déclarations contradictoires est que beaucoup reste à faire avant que l’Onu puisse certifier que l’arsenal d’armes de destruction massive et de missiles de longue portée de l’Irak aient été détruits. Cette condition était nécessaire pour que l’Onu lève l’embargo pétrolier en vigueur depuis 1990, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité adopte vendredi la résolution 1284, décidant de la création d’un nouvel organisme, la Commission de surveillance, de vérification et d’inspection des Nations unies (Unmovic). L’Unscom, qui avait peiné pendant huit ans, a affirmé que l’Irak avait refusé de révéler entièrement sa capacité à produire des missiles d’une portée de plus de 150 kilomètres et le soupçonnait de ne pas avoir détruit tous ces missiles. L’AIEA avait pour sa part déclaré en octobre 1998 n’avoir trouvé aucune preuve que l’Irak ait produit ou puisse actuellement produire des armes nucléaires, en dépit d’un ambitieux programme nucléaire. Mais l’Unscom avait souligné que des inconnues subsistaient au sujet des programmes chimique et biologique de l’Irak. Les inspecteurs étaient persuadés que Bagdad avait équipé des ogives de missiles du gaz mortel VX et n’avait pas déclaré 200 tonnes de produits chimiques destinés à fabriquer ce gaz neurotoxique. Bagdad a uniquement admis avoir produit 3,9 tonnes de VX, mais a toujours nié l’avoir militarisé. L’Unscom a conclu que les informations fournies par l’Irak sur la production, la militarisation et la destruction d’armes biologiques n’étaient pas crédibles et ne pouvaient pas être vérifiées. L’Irak «pourrait avoir un nombre inconnu de missiles de type Scud, avec suffisamment d’anthrax et de VX pour provoquer des dégâts énormes», écrit Tim Trevan, un ancien responsable de l’Unscom, dans son livre Les secrets de Saddam : la chasse aux armes cachées de l’Irak, publié en 1999. Il déplore que l’Irak ait à plusieurs reprises affirmé avoir remis à l’Unscom «une déclaration finale et complète» sur ses programmes d’armement, à chaque fois contredite par de nouvelles découvertes des inspecteurs.
L’histoire des inspections en Irak foisonne de mensonges, d’accusations et de crises qui devraient refaire surface avec la décision de l’Onu de ramener à Bagdad des experts en désarmement. La Commission spéciale de l’Onu sur le désarmement (Unscom) avait conclu, avant de quitter Bagdad à la hâte il y a un an, à la veille des frappes aériennes, que l’Irak n’avait cessé de mentir et n’avait pas été en mesure de prouver l’élimination de son arsenal. L’Irak, qui affirmait défendre sa souveraineté, dénonçait pour sa part l’Unscom comme «un nid d’espions». Ses accusations ont été reconnues comme partiellement fondées par le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, à la suite de révélations d’un ancien inspecteur sur une collusion avec les États-Unis et Israël. Ce qui ressort de cette...
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