A Damas, le peuple est séduit par l'idée de la paix
le 16 décembre 1999 à 00h00
Les Syriens ordinaires se montraient favorables à la reprise hier des négociations avec Israël et s’attendaient à recueillir les dividendes de la paix, en cas d’accord avec l’État hébreu. «Les Arabes et les Syriens en particulier sont un peuple pacifique. Comme Saladin, nous avons combattu pour récupérer notre terre et comme lui, il y a 8 siècles, nous sommes prêts à signer une paix honorable». Abdallah el-Sayed, 57 ans, professeur à la faculté des beaux-arts de Damas pose fièrement sous son œuvre maîtresse, la statue équestre de Saladin, à proximité de la mosquée des Omeyyades où repose la dépouille du «libérateur de Jérusalem» reconquise aux Croisés au XIIe siècle. Diplômé de la faculté des beaux-arts de Paris, Sayed affirme qu’il était prêt «à serrer la main de sculpteurs israéliens s’ils partagent la même volonté de paix que nous et s’ils donnent la preuve qu’ils ne sont plus un peuple agresseur et expansionniste». Le discours est sensiblement identique à l’Université de Damas où professeurs et étudiants parlent sans réticence de la paix à venir. «Seriez-vous prêts à soigner un patient israélien ?». La réponse fuse positive chez deux dentistes qui tiennent toutefois à garder l’anonymat. «L’Israélien est un être humain comme nous et nous savons qu’il aspire lui aussi à la paix, mais nous espérons que les partisans de la paix en Israël auront le dessus sur les fanatiques notamment les colons et les tenants du Grand Israël», affirme l’un d’eux. Pour un étudiant en sciences politiques, «si notre président (Hafez el-Assad) a décidé de faire la paix, c’est qu’il a obtenu les conditions d’une paix honorable, soit la récupération totale du plateau du Golan, sans laquelle aucun Syrien n’acceptera de signer». Mais pour cet étudiant qui également ne veut pas révéler son identité, il faut aussi que les Israéliens «mettent fin à leurs agressions quotidiennes au Liban-Sud, qui est une terre arabe et à laquelle nous tenons aussi bien que le Golan. Or ce n’est pas le cas pour le moment puisque le jour même de la reprise des négociations, la machine de guerre israélienne y poursuit ses bombardements». L’optimisme est également de mise dans les milieux des hommes d’affaires qui estiment que la paix secouerait les lourdeurs de l’économie syrienne. Pour Razzek Maamarbachi, membre de la Chambre de commerce et d’Industrie syrienne, la paix pourrait «entraîner un surcroît d’ouverture économique et un rôle plus grand du secteur privé», qui assure pour l’instant 50 % de l’activité économique. Ayant établit des joint-ventures notamment avec Nestlé pour les produits alimentaires et Mobil pour les hydrocarbures, il estime que «les dirigeants syriens sont conscients de la nécessité de développer les structures notamment bancaires» qui restent pour l’instant exclusivement du domaine public. «Si l’on s’engage dans la paix, les investisseurs occidentaux seront prêts à s’impliquer encore plus notamment dans le tourisme (2 millions de visiteurs) et l’industrie textile, la Syrie étant aujourd’hui le 6e exportateur de coton dans le monde». Il estime enfin que la volonté d’ouverture de la Syrie a été concrétisée par la tournée officielle effectuée par les hommes d’affaires syriens aux États-Unis il y a moins d’un mois, une première depuis les années cinquante.
Les Syriens ordinaires se montraient favorables à la reprise hier des négociations avec Israël et s’attendaient à recueillir les dividendes de la paix, en cas d’accord avec l’État hébreu. «Les Arabes et les Syriens en particulier sont un peuple pacifique. Comme Saladin, nous avons combattu pour récupérer notre terre et comme lui, il y a 8 siècles, nous sommes prêts à signer une paix honorable». Abdallah el-Sayed, 57 ans, professeur à la faculté des beaux-arts de Damas pose fièrement sous son œuvre maîtresse, la statue équestre de Saladin, à proximité de la mosquée des Omeyyades où repose la dépouille du «libérateur de Jérusalem» reconquise aux Croisés au XIIe siècle. Diplômé de la faculté des beaux-arts de Paris, Sayed affirme qu’il était prêt «à serrer la main de sculpteurs israéliens...
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