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Actualités - Chronologie

Barak, le stratège froid

Le Premier ministre israélien Ehud Barak sait où il va, convaincu qu’il emportera le combat de la paix avec la Syrie comme il a su souvent l’emporter sur le champ de bataille. Tenace, secret, préparant ses coups à l’avance, il déploie en politique les mêmes qualités qui lui avaient valu une brillante carrière militaire, de chef de commando à chef d’état-major. Le dirigeant travailliste, âgé de 57 ans, a promis dès son arrivée au pouvoir, le 7 juillet, de réussir là où ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, avaient échoué : reprendre les négociations avec Damas en vue d’aboutir à un accord de paix. Il n’a pas été toujours cru. Beaucoup doutaient de sa capacité de tenir des engagements aussi ambitieux, y compris au sein de son parti. Mais le coup de théâtre de l’annonce de la reprise des négociations avec Damas a fait remonter sa crédibilité en flèche. La presse israélienne est unanime : M. Barak a déjà marqué un point en obtenant des Syriens une reprise des pourparlers, à un niveau sans précédent. Ce stratège prépare déjà la campagne d’opinion. Il compte sur la faiblesse de ses adversaires et sur son habileté dont il donné la preuve en gagnant les élections et en parvenant ensuite à former une étonnante coalition de 70 députés sur les 120 que compte la Chambre. Barak marche sur les traces de Yitzhak Rabin, autre chef de guerre qui a cherché à mettre fin à un conflit centenaire. Mais contrairement à Rabin, Barak est plus respecté qu’aimé. On lui reproche son égoïsme, une froideur que masque mal un sourire de circonstance, son style personnel, voire autoritaire, et sa propension à s’entourer d’ex-militaires. Une grande partie de la direction travailliste l’attend au tournant. Mais il réussit à chaque fois à neutraliser les critiques au moment où l’on s’y attend le moins. Ancien chef du commando d’état-major, la crème de la crème des unités d’élite, il a participé à la prise d’assaut d’un avion de la compagnie belge Sabena détourné par un commando palestinien sur Tel-Aviv en 1972. Chef d’état-major en 1994, peu avant de quitter l’uniforme, il avait négocié à Washington avec son homologue syrien sans résultats. Ministre de l’Intérieur travailliste et chef de la diplomatie par la suite, il se range à l’époque parmi les faucons travaillistes, hostile à un retrait total du Golan, s’abstenant en septembre 1995 d’approuver l’accord qui étend l’autonomie palestinienne en Cisjordanie. Après la défaite électorale de Shimon Peres en mai 1996, c’est tout naturellement à lui que revient la direction du Parti travailliste qu’il va mener à la victoire aux élections de mai 1999.
Le Premier ministre israélien Ehud Barak sait où il va, convaincu qu’il emportera le combat de la paix avec la Syrie comme il a su souvent l’emporter sur le champ de bataille. Tenace, secret, préparant ses coups à l’avance, il déploie en politique les mêmes qualités qui lui avaient valu une brillante carrière militaire, de chef de commando à chef d’état-major. Le dirigeant travailliste, âgé de 57 ans, a promis dès son arrivée au pouvoir, le 7 juillet, de réussir là où ses prédécesseurs, de droite comme de gauche, avaient échoué : reprendre les négociations avec Damas en vue d’aboutir à un accord de paix. Il n’a pas été toujours cru. Beaucoup doutaient de sa capacité de tenir des engagements aussi ambitieux, y compris au sein de son parti. Mais le coup de théâtre de l’annonce de la reprise des...