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Actualités - Chronologie

Euro 2000 Les Pays-Bas soulagés d'échapper aux gros matches à risque

Le soulagement prédominait aux Pays-Bas lundi, au lendemain du tirage au sort de la phase finale de l’Euro 2000, qui n’a réservé au premier tour qu’un nombre réduit de «matches à risque» aux quatre villes néerlandaises accueillant la compétition. «Les Pays-Bas respirent» (Algemeen Dagblad), «Grand soulagement pour les autorités» (Trouw), «Les villes néerlandaises soulagées» (Telegraaf): les unes «sécuritaires» éclipsaient presque dans les quotidiens le délicat parcours en vue pour la sélection Orange face aux Français, aux Tchèques et aux Danois. Dans un pays en proie à un hooliganisme récurrent, le simple fait d’échapper au sulfureux Allemagne-Angleterre, dévolu aux Belges de Charleroi, a quasiment occulté l’attribution à Rotterdam et Eindhoven des rencontres opposant la Nationalmannschaft et les hommes de Kevin Keegan au Portugal. «Au bout du compte, le tirage a été positif pour toutes les villes d’accueil néerlandaises», s’est félicité Benk Korthals, le ministre de la Justice, qui avait fait dimanche le déplacement de Bruxelles avec son homologue de l’Intérieur, Bram Peper. « Orange et non bleu » Pour ce dernier, les Néerlandais vont pouvoir «faire une fête» de l’Euro 2000. «Les Pays-Bas seront orange et non bleu», a-t-il assuré, mettant les couleurs de l’équipe nationale en avant, plutôt que celles de ses policiers. Les représentants des forces de l’ordre, qui ont dénoncé ces derniers mois un manque de moyens pour pallier l’arrivée éventuelle de hooligans anglais ou allemands, se sont également montrés satisfaits. «Les Pays-Bas n’ont pas véritablement de matches à risque», a estimé Cees Bakker, au nom du conseil consultatif des commissaires de police régionaux. Plus prudent, le syndicat ACP a classé «à surveiller» Pays-Bas-France (21 juin à Amsterdam), Turquie-Italie (11 juin à Arnhem) et les inévitables Portugal-Angleterre (12 juin à Eindhoven) et Allemagne-Portugal (20 juin à Rotterdam). «Les deux derniers nécessiteront une attention particulière», a-t-il ajouté. Le Philipsstadion étant proche du centre d’Eindhoven, M. Peper n’a pas exclu d’interdire la vente d’alcool dans la ville au jour de Portugal-Angleterre. À Rotterdam, le maire Ivo Opstelten s’est refusé à dramatiser la venue de l’Allemagne. «Nous devons cesser de nous comporter comme si nous attendions une guerre civile», a-t-il insisté. «Quand je regarde le tirage, je me dis que nous aurons plus de problèmes sur le plan du football que de l’accueil. Les Pays-Bas ont un tirage très dur», a renchéri son homologue d’Amsterdam Schelto Patijn, se réjouissant d’accueillir les Français, «des fans de foot, mais des gens positifs». À Arnhem, l’office municipal du tourisme a regretté les faibles retombées à attendre de l’absence de match-phare pour la ville, mais fait contre mauvaise fortune bon cœur : «Mieux vaut pas de publicité du tout que des floppées d’articles sur des émeutes!». Tirage au sort : La théorie de la relativisation L’Allemagne, l’Angleterre (groupe A), la France et les Pays-Bas (Groupe D) ont finalement trouvé des raisons de croire en leur destin après avoir digéré le choc du tirage au sort, dimanche, d’une phase finale d’un Championnat d’Europe de football qui s’annonce passionnante et ouverte. Un constat s’imposait lundi. Il était défini avec ironie par Frank Rijkaard, le sélectionneur néerlandais. «Il n’était pas possible de tomber sur un groupe composé de Malte, de San Marin et du Luxembourg !», a-t-il dit. «Si on veut être champion d’Europe, il faudra battre les meilleurs dès le début», a renchéri le technicien français Roger Lemerre. Relativiser, tel était donc le sentiment qui dominait après ce tirage aussi attendu que redouté. Seul, peut-être, l’entraîneur slovène Srecko Katanec jubilait. «Pour nous tout est bonus. Dans un premier temps, passer le premier tour serait déjà un exploit. Dans un second, je suis excité rien qu’à l’idée d’affronter la Yougoslavie de Vujadin Boskov, mon maître», a-t-il affirmé. Le maire de Charleroi (où sera joué notamment Angleterre-Allemagne), Jacques Van Gompel, voulait lui aussi appliquer cette théorie de la relativisation. «Il ne faut pas s’inquiéter du match Angleterre-Allemagne. Même si j’ai accusé le coup, je pense désormais que les deux camps feront preuve d’honneur et de respect. Tout se passera bien. Charleroi va être connu dans le monde», a-t-il lancé. « Pas de tour de chauffe » Certes, mais les souvenirs des scènes de violence lors du Mondial-98, à Marseille pour Angleterre-Tunisie et à Lens pour Allemagne-Yougoslavie, dont la principale victime avait été le gendarme français Daniel Nivel, sont encore vivaces. «Il n’y aura pas de limite dans la sécurité», a prévenu Alain Courtois, le directeur général de l’Euro. Si le groupe B, avec la Belgique, la Suède, la Turquie et l’Italie, souvent chanceuse au moment d’un tirage, et le groupe C, comprenant l’Espagne, la Norvège, la Yougoslavie et la Slovénie, sont d’un beau niveau, les chapeaux A et D se dégagent. Ils éclipsent, malgré eux, le reste de cette épreuve relevée. «Cette compétition aura au moins un avantage pour l’Angleterre, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et pour toutes les autres équipes : il n’y aura pas, comme en Formule 1 ou lors de la Coupe du monde, un tour de chauffe», a précisé Alain Courtois. «Avant le match d’ouverture (Belgique-Suède, 10 juin au Stade Roi Baudouin, ndlr), beaucoup de choses peuvent se passer. Des champions vont être sacrés et des révélations peuvent détruire les schémas de jeu établis», a estimé Kevin Keegan, le sélectionneur anglais. L’objectif du technicien anglais, même s’il ne l’annonce pas, est bien de remporter cet Euro, le 2 juillet au Kuip de Rotterdam. Comme la France, les Pays-Bas, l’Italie, l’Allemagne, etc... Avec autant de prétendants pour un seul élu, la liste n’a jamais été aussi longue depuis la création de cette épreuve, en 1960.
Le soulagement prédominait aux Pays-Bas lundi, au lendemain du tirage au sort de la phase finale de l’Euro 2000, qui n’a réservé au premier tour qu’un nombre réduit de «matches à risque» aux quatre villes néerlandaises accueillant la compétition. «Les Pays-Bas respirent» (Algemeen Dagblad), «Grand soulagement pour les autorités» (Trouw), «Les villes néerlandaises soulagées» (Telegraaf): les unes «sécuritaires» éclipsaient presque dans les quotidiens le délicat parcours en vue pour la sélection Orange face aux Français, aux Tchèques et aux Danois. Dans un pays en proie à un hooliganisme récurrent, le simple fait d’échapper au sulfureux Allemagne-Angleterre, dévolu aux Belges de Charleroi, a quasiment occulté l’attribution à Rotterdam et Eindhoven des rencontres opposant la Nationalmannschaft et...