Des milliers de musulmans se rassemblent pour la prière de midi, en ce début du mois sacré de Ramadan, alors que retentit l’appel du muezzin du haut des nombreuses mosquées de Gussau, capitale de l’État de Zamfara, dans le nord du Nigeria. Depuis que son gouverneur a annoncé, fin octobre, l’instauration de la charia (loi islamique), cet État semi-désertique de deux millions d’habitants balayé par les vents de sable de l’Harmattan venus du Sahara est sous les projecteurs. Il symbolise le réveil en force de l’islam, religion dominante depuis des siècles dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, où la laïcité est ancrée dans la Constitution, et où musulmans et chrétiens représentent chacun 45 % d’une population estimée à 120 millions d’habitants. Deux nouveaux États du nord du Nigeria, essentiellement peuplés de musulmans, les États de Kano et Sokoto, s’apprêtent à suivre le mouvement. Pour Mallam Usman Mohammed Zawiyya, enseignant de l’école coranique de Zamiyya, à Gussau, qui compte 9 000 élèves, depuis l’instauration de la charia dans l’État de Zamfara, les mœurs ont radicalement changé. «Les gens ont retrouvé la foi. Ils vivent beaucoup mieux. Avant, il y avait beaucoup de vols, de prostitution et d’ivrognerie», a-t-il déclaré. Pour lui, le jeune gouverneur Ahmed Sani, 39 ans, n’a fait que rétablir la situation antérieure à l’époque coloniale britannique. La charia a toujours existé dans le nord du Nigeria. Pour les affaires relevant strictement du droit des personnes (mariages, héritages), les tribunaux islamiques ont toujours existé dans le nord, parallèlement aux autres instances juridiques de l’État fédéral. Mais la charia «ne sera appliquée qu’aux seuls musulmans de l’État et n’affectera pas les chrétiens» qui y résident, déclare le gouverneur qui porte aujourd’hui la barbe et se veut rassurant. Il a toutefois averti que toute tentative de s’y opposer provoquerait le «chaos». Zamfara «est un État musulman. Les musulmans veulent la charia. Si quelqu’un tente de s’y opposer, ce sera le chaos», a-t-il déclaré. Aujourd’hui, les chrétiens se disent «sérieusement inquiets» et affirment «vivre dans la peur». Les autorités envisagent de réduire le nombre des églises à Gusau où les chrétiens se plaignent de harcèlement de la part des musulmans, selon Peter Dembo, président de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN) de Zamfara.
Des milliers de musulmans se rassemblent pour la prière de midi, en ce début du mois sacré de Ramadan, alors que retentit l’appel du muezzin du haut des nombreuses mosquées de Gussau, capitale de l’État de Zamfara, dans le nord du Nigeria. Depuis que son gouverneur a annoncé, fin octobre, l’instauration de la charia (loi islamique), cet État semi-désertique de deux millions d’habitants balayé par les vents de sable de l’Harmattan venus du Sahara est sous les projecteurs. Il symbolise le réveil en force de l’islam, religion dominante depuis des siècles dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, où la laïcité est ancrée dans la Constitution, et où musulmans et chrétiens représentent chacun 45 % d’une population estimée à 120 millions d’habitants. Deux nouveaux États du nord du Nigeria,...
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