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Actualités - Chronologie

Un précédent fâcheux

L’armée russe, qui vient de lancer un ultimatum exigeant la reddition de Grozny, avait perdu la première guerre de Tchétchénie en 1996 au lendemain d’un semblable ultimatum, dans des conditions toutefois bien différentes. Début août 1996, alors que les forces russes tenaient Grozny depuis plus d’un an, les rebelles indépendantistes avaient lancé un assaut soudain contre la capitale tchétchène. En quelques jours, les troupes d’Aslan Maskhadov – aujourd’hui président de la Tchétchénie – avaient reconquis la ville, encerclant et harcelant des groupes de soldats russes retranchés dans des bunkers ou des immeubles. Le 20 août, le général russe Konstantin Poulikovski avait lancé un ultimatum, annonçant que la ville serait rasée si les combattants n’avaient pas déposé les armes le 22 août à 8 heures du matin. Les indépendantistes n’avaient pas cédé, et quasiment toute la population de la ville avait fui en 24 heures, laissant Grozny déserte, seulement peuplée de rebelles et de soldats russes pris au piège. Le 21 au soir, le général Alexandre Lebed, mandaté par le Kremlin, était arrivé en Tchétchénie et s’était fait conduire en hélicoptère en zone indépendantiste, pour y rencontrer Aslan Maskhadov. Après plusieurs heures de négociation, Alexandre Lebed avait dénoncé l’ultimatum, promis le retrait des troupes russes et amorcé le processus de paix. Le jour même, les Russes embusqués dans Grozny étaient sortis les mains en l’air, déposant leurs armes avant de regagner leur garnison, donnant devant les caméras du monde entier l’image d’une armée vaincue. Les généraux russes, qui croyaient encore pouvoir écraser les rebelles, avaient considéré cette intervention du général Lebed comme une trahison. Certains d’entre eux considèrent l’actuel conflit comme un moyen de laver leur honneur.
L’armée russe, qui vient de lancer un ultimatum exigeant la reddition de Grozny, avait perdu la première guerre de Tchétchénie en 1996 au lendemain d’un semblable ultimatum, dans des conditions toutefois bien différentes. Début août 1996, alors que les forces russes tenaient Grozny depuis plus d’un an, les rebelles indépendantistes avaient lancé un assaut soudain contre la capitale tchétchène. En quelques jours, les troupes d’Aslan Maskhadov – aujourd’hui président de la Tchétchénie – avaient reconquis la ville, encerclant et harcelant des groupes de soldats russes retranchés dans des bunkers ou des immeubles. Le 20 août, le général russe Konstantin Poulikovski avait lancé un ultimatum, annonçant que la ville serait rasée si les combattants n’avaient pas déposé les armes le 22 août à 8 heures du...