Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les conséquences de l'échec

L’échec des négociations de l’Organisation mondiale du commerce aura de profondes conséquences sur le déroulement des pourparlers à l’avenir et représente un revers relatif pour les États-Unis, mais son impact sur les échanges commerciaux sera très faible. POUR LE COMMERCE MONDIAL Les conséquences négatives pour les échanges de biens et de services seront très limitées, les droits de douanes étant déjà situés à un niveau très peu élevé (environ 4 %). Au risque de décevoir les opposants à la mondialisation qui ont manifesté parfois violemment à Seattle, les 135 délégations se sont engagées à reprendre le plus vite possible les pourparlers pour le lancement d’un nouveau «cycle» de négociations au sein de l’OMC, à Genève et ailleurs. Les simulations économiques faites par les experts montrent en effet qu’une nouvelle série de démantèlement des obstacles au commerce est susceptible de libérer jusqu’à 400 milliards de dollars par an de «prospérité» supplémentaire, soit un gain de croissance allant de 0,7 % à 15 % par an selon les pays. Le directeur général de l’OMC entamera sans délai des consultations pour voir comment procéder, d’abord à Genève entre les ambassadeurs des 135 pays, ensuite lors d’une nouvelle conférence ministérielle pour laquelle aucun date n’a été fixée mais que toutes les délégations veulent rapprochée. Mais les pourparlers devront vraisemblablement évoquer les règles du jeu de la mondialisation dans des domaines comme l’environnement et le respect de la concurrence. «Cela fait 52 ans que la libéralisation se fait sans règles», constatait à Seattle Béatrice Marre, député PS et auteur d’un rapport sur l’OMC. «Il va falloir se mettre au travail et aiguiller la mondialisation». POUR L’OMC L’organisation genevoise ne sera jamais plus comme avant. L’intrusion de la «société civile» dans les débats et la fronde des pays en développement qui s’estiment traités par-dessus la jambe par des pays industrialisés obligeront l’OMC à une profonde réforme de son fonctionnement dépassé. Il lui faudra tenir compte des préoccupations et des craintes exprimées par les milliers de manifestants qui ne veulent pas d’une libéralisation débridée sans règles. Le point de vue des pays en développement – 77 pays sur 135 – et des petites nations devra être mieux pris en compte. «L’échec de Seattle en matière d’organisation est aussi porteur d’espoir, celui d’une OMC réformée dans son fonctionnement, plus démocratique, plus citoyenne», a déclaré le ministre français du Commerce extérieur, François Huwart. Le directeur général de l’OMC, Mike Moore, a d’ailleurs été chargé de présenter des propositions pour remédier à ces carences et ce dossier risque de prendre les devants sur la relance des pourparlers pour la libéralisation. POUR LES ÉTATS-UNIS L’échec de la conférence représente un revers pour l’Administration démocrate après le refus du Sénat de ratifier le traité interdisant les essais nucléaires, même si les négociateurs américains ont parlé de simple «pause». Mais ce fiasco n’est pas en soi un désastre pour Bill Clinton, qui peut se targuer d’avoir tenu bon sur l’agriculture et les normes sociales à respecter dans le commerce, deux dossiers sur lesquels l’opinion américaine est très remontée. Cette intransigeance n’est pas forcément mauvaise dans la perspective des élections présidentielles de novembre 2000. Mais les États-Unis ont pu constater lors de cette négociation qu’ils ne dirigeaient plus l’OMC comme ils dominaient son prédécesseur, le Gatt, et que leur refus d’aborder les «nouveaux sujets», comme l’environnement ou la protection des consommateurs, heurtait les citoyens. POUR L’UNION EUROPÉENNE Outre le maintien de son unité, l’Union européenne estime que ses thèses pour un cycle large de négociation abordant les règles de la mondialisation ont progressé à Seattle. Malgré l’échec, des négociations commenceront dès le 1er janvier 2000 sur l’agriculture et les services à Genève, conformément à un engagement pris dès 1994. Mais, contrairement à ce qui se serait passé si un nouveau cycle avait été lancé, il n’y a pas d’échéance pour un accord. Ces pourparlers, dans lesquels les Européens seront à nouveau mis sous pression pour supprimer leurs subventions agricoles, pourraient donc durer un temps indéfini. Une menace plane toutefois sur le dossier agricole, les accords de 1994 prévoyant pour le 31 décembre 2003 la fin de la «clause de paix» qui interdit de remettre en cause devant l’OMC certains mécanismes d’aide aux agriculteurs européens. «Ça nous laisse du temps», a dit Pascal Lamy. Pour les pays en développement Ces derniers, qui ont rué dans les brancards à Genève, doivent maintenant s’organiser pour peser dans les négociations, et ce d’autant plus qu’Européens et Américains les courtisent. Leur tâche sera toutefois délicate puisque, dans les 77 pays qui composent ce groupe, on retrouve des nations aussi diverses que l’Argentine, Singapour, l’Angola et le Burkina Faso. Les pays les moins avancés et les pays émergents devraient donc constituer deux sous-groupes pour défendre leurs intérêts.
L’échec des négociations de l’Organisation mondiale du commerce aura de profondes conséquences sur le déroulement des pourparlers à l’avenir et représente un revers relatif pour les États-Unis, mais son impact sur les échanges commerciaux sera très faible. POUR LE COMMERCE MONDIAL Les conséquences négatives pour les échanges de biens et de services seront très limitées, les droits de douanes étant déjà situés à un niveau très peu élevé (environ 4 %). Au risque de décevoir les opposants à la mondialisation qui ont manifesté parfois violemment à Seattle, les 135 délégations se sont engagées à reprendre le plus vite possible les pourparlers pour le lancement d’un nouveau «cycle» de négociations au sein de l’OMC, à Genève et ailleurs. Les simulations économiques faites par les experts montrent...