Nous vivons décidément une bien étrange époque. Le dimanche 8 novembre, il suffisait de se brancher sur la chaîne publique pour célébrer dignement la commémoration du mouvement de réforme mené par le président Hafez el-Assad en Syrie. Cet événement occupait même le principal titre du bulletin d’informations officiel libanais, devenant ainsi la principale actualité locale du jour. Deux semaines plus tard, pour la fête de l’indépendance du Liban, des portraits du président Assad trônaient à côté de ceux du chef de l’État libanais, M. Émile Lahoud, dans certains quartiers de la capitale et de sa banlieue, sans que nul n’y trouve à redire, puisque l’un ne va désormais plus sans l’autre. Pourtant, l’indépendance suppose un seul drapeau et un seul portrait… Mais le plus étonnant reste la façon dont les médias traitent la préparation de la future loi électorale. Sur les chaînes télévisées et dans la presse écrite, il est dit sans le moindre état d’âme que la formule des treize circonscriptions sera pratiquement adoptée car elle a obtenu l’aval de la Syrie. Certes, la realpolitik a ses exigences que nul ne saurait ignorer et l’on ne peut songer un instant que la formule finale pourrait déplaire aux frères syriens. Mais de là à en parler comme s’il s’agissait d’une situation tout à fait normale, il y a quand même de quoi donner à réfléchir. Concomitance des deux volets, coordination étroite, voire alignement de la position libanaise sur celle de la Syrie dans le dossier régional, coopération économique, même déséquilibrée, d’accord, mais complémentarité et relations privilégiées signifient-elles, dans le dictionnaire en vogue actuellement, absorption totale et perte d’identité ?
Nous vivons décidément une bien étrange époque. Le dimanche 8 novembre, il suffisait de se brancher sur la chaîne publique pour célébrer dignement la commémoration du mouvement de réforme mené par le président Hafez el-Assad en Syrie. Cet événement occupait même le principal titre du bulletin d’informations officiel libanais, devenant ainsi la principale actualité locale du jour. Deux semaines plus tard, pour la fête de l’indépendance du Liban, des portraits du président Assad trônaient à côté de ceux du chef de l’État libanais, M. Émile Lahoud, dans certains quartiers de la capitale et de sa banlieue, sans que nul n’y trouve à redire, puisque l’un ne va désormais plus sans l’autre. Pourtant, l’indépendance suppose un seul drapeau et un seul portrait… Mais le plus étonnant reste la façon dont...
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