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Actualités - Chronologie

Un lourd tribut payé par les enfants

Les enfants ont payé un lourd tribut à cette épidémie. Le monde compte en effet quelque 11,2 millions d’orphelins du sida en cette fin d’année 1999 et 95 % d’entre eux se trouvent en Afrique subsaharienne, indique un rapport conjoint de l’Onusida et de l’Unicef rendu public hier à Genève, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Ce nombre d’orphelins du sida, définis comme des enfants de moins de 15 ans, ayant perdu leur mère ou leurs deux parents à cause de la pandémie, «monte en flèche» et ils seront 13 millions à la fin de l’an 2000, estiment les auteurs de ce rapport. Les deux agences de l’Onu, ainsi qu’une organisation américaine spécialisée dans la lutte contre le sida – National Black Leadership Commission on Aids – ont lancé un «appel à l’action» à l’adresse des gouvernements et des communautés afin de combattre «de façon ouverte et dans l’urgence» la discrimination qui, trop souvent, frappe les malades et leurs familles. Soulignant que des moyens financiers et humains «à grande échelle» sont nécessaires, le rapport préconise une protection accrue des droits des femmes et des enfants. Il recommande également un meilleur accès au crédit, des revenus décents pour les femmes, des conseils et une prévention à grande échelle sur le sida, des tests sur la base du volontariat, une assistance sociale pour ceux qui en ont le plus besoin et un soutien psychologique pour les orphelins. «Avant le sida, les pays en développement comptaient environ 2% d’orphelins. Ce taux a atteint 7 % en 1997 dans plusieurs pays africains. Il est à présent de 11 % dans quelques pays», a souligné Carol Bellamy, directrice exécutive de l’Unicef, dans un communiqué. La famille traditionnelle africaine au sens large s’effondre, note le rapport, et les grands-parents, avec des ressources souvent limitées, ne peuvent subvenir aux besoins des enfants. Aussi les orphelins du sida sont-ils exposés de plus en plus à la précarité économique, à la malnutrition, à la maladie, aux abus sexuels et à la prostitution. Plus que les autres orphelins, ils sont victimes de discrimination, privés d’éducation et socialement isolés. «Les chiffres sont stupéfiants», a commenté Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida. «La moitié des personnes contractent le virus VIH avant l’âge de 25 ans et meurent du sida avant que leurs enfants ne soient en âge de subvenir à leurs besoins», a-t-il dit. «Si l’on considère que 16 millions de personnes sont déjà mortes du sida et que ce chiffre va continuer d’augmenter, les conséquences pour les enfants sont gigantesques», a-t-il ajouté. L’Afrique de l’Est et australe, avec seulement 4,8 % de la population mondiale, compte plus de 50 % des séropositifs recensés dans le monde entier et a enregistré 60 % des décès dus à la maladie. Le rapport Unicef-Onusida détaille enfin les efforts naissants en faveur des orphelins de quatre pays africains parmi les dix les plus touchés dans le monde : le Botswana, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe.
Les enfants ont payé un lourd tribut à cette épidémie. Le monde compte en effet quelque 11,2 millions d’orphelins du sida en cette fin d’année 1999 et 95 % d’entre eux se trouvent en Afrique subsaharienne, indique un rapport conjoint de l’Onusida et de l’Unicef rendu public hier à Genève, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida. Ce nombre d’orphelins du sida, définis comme des enfants de moins de 15 ans, ayant perdu leur mère ou leurs deux parents à cause de la pandémie, «monte en flèche» et ils seront 13 millions à la fin de l’an 2000, estiment les auteurs de ce rapport. Les deux agences de l’Onu, ainsi qu’une organisation américaine spécialisée dans la lutte contre le sida – National Black Leadership Commission on Aids – ont lancé un «appel à l’action» à l’adresse...