Irak Tarek Aziz à Moscou pour bloquer le projet de l'ONU
le 01 décembre 1999 à 00h00
Le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz s’est rendu à Moscou à la recherche d’un appui contre un projet de résolution à l’Onu rejeté par Bagdad qui réclame la levée de l’embargo. M. Aziz, en charge du dossier des relations avec l’Onu, a quitté lundi Bagdad par la route pour la Jordanie, d’où il a gagné Moscou, a indiqué hier un diplomate. Selon lui, cette visite constitue «un nouvel effort diplomatique irakien pour empêcher l’adoption» par le Conseil de sécurité de l’Onu du projet de résolution britannique auquel Bagdad est violemment opposé. «Nous espérons que la Russie va nous aider en adoptant une position ferme contre le projet britannique», a déclaré M. Aziz dimanche. Les difficiles discussions entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont été suspendues dans l’attente des entretiens de M. Aziz à Moscou, où il rencontrera le Premier ministre Vladimir Poutine, le chef de la diplomatie Igor Ivanov et le délégué russe à l’Onu, Serguei Lavrov. Le Conseil de sécurité tente de mettre au point un projet de résolution permettant le retour en Irak d’inspecteurs en désarmement en échange d’une suspension de l’embargo économique qui frappe sévèrement ce pays depuis neuf ans. Les positions américaine, britannique et française se sont rapprochées mais la Russie laisse encore planer le doute sur sa position. Bagdad, qui réclame une levée pure et simple de l’embargo, a vivement rejeté les discussions en cours à New York et accusé la France de quitter le camp des «amis» de l’Irak pour se rallier aux Américains et aux Britanniques. Réuni sous la présidence du président Saddam Hussein, le gouvernement irakien a dénoncé lundi soir «les visées sournoises du projet américano-britannique qui n’apporte rien de positif pour l’Irak». Pour le Cabinet, le projet «vise à réécrire les résolutions de l’Onu et à imposer de nouvelles conditions à l’Irak, qui s’assimilent à un mandat colonialiste sur notre peuple pour une période illimitée». «L’Irak estime qu’il n’est pas engagé par une résolution au sujet de laquelle il n’est pas consulté et qui ne prévoit pas la levée de l’embargo», a affirmé le quotidien officiel al-Iraq. Selon des diplomates à l’Onu, le projet de texte prévoit que les sanctions seront suspendues après que l’Onu aura constaté «la pleine coopération» de l’Irak et des «progrès» vers l’accomplissement de «tâches clés» dans son désarmement. La liste de ces tâches prioritaires devrait être définie par le président du nouvel organisme d’inspection, et un délai minimum de 315 jours devrait s’écouler entre le vote de la résolution et la suspension des sanctions. Moscou demande de raccourcir ce délai à quelque trois mois et veut donner le plus grand rôle possible au Conseil de sécurité au détriment du nouvel organisme d’inspection, selon les diplomates. La Russie a rejeté toute date-butoir pour les négociations et la France continue à plaider pour un consensus. Mais des diplomates n’excluent pas que les États-Unis et la Grande-Bretagne tentent de «passer en force» et soumettent un texte au vote du Conseil de sécurité. Pour le moment, l’Irak est uniquement autorisé à vendre du brut sous contrôle de l’Onu pour acheter des produits de première nécessité. Mais il a suspendu ses exportations de brut la semaine dernière pour protester contre la résolution 1275 prolongeant le programme pétrole contre nourriture de quinze jours, jusqu’au 4 décembre, au lieu des six mois habituels.
Le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz s’est rendu à Moscou à la recherche d’un appui contre un projet de résolution à l’Onu rejeté par Bagdad qui réclame la levée de l’embargo. M. Aziz, en charge du dossier des relations avec l’Onu, a quitté lundi Bagdad par la route pour la Jordanie, d’où il a gagné Moscou, a indiqué hier un diplomate. Selon lui, cette visite constitue «un nouvel effort diplomatique irakien pour empêcher l’adoption» par le Conseil de sécurité de l’Onu du projet de résolution britannique auquel Bagdad est violemment opposé. «Nous espérons que la Russie va nous aider en adoptant une position ferme contre le projet britannique», a déclaré M. Aziz dimanche. Les difficiles discussions entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont été suspendues dans l’attente...
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