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Actualités - Chronologie

Douleurs fantômes, douleurs réelles

Les recherches du groupe de neurosciences à l’AUB se sont concentrées, ces dernières années, sur les sujets suivants : le traitement de la douleur par stimulation électrique, l’interaction neuroendocrinienne et immunitaire, les mécanismes cellulaires et moléculaires de l’accoutumance. «À l’origine, nous nous intéressions aux sensibilités somato-sensorielles (comme la sensibilité cutanée et autres), ainsi qu’aux voies de ces sensibilités», explique le Dr Suhayl Jabbour, professeur à la Faculté de médecine de l’AUB. «Nous voulions établir une sorte de cartographie des voies et des centres nerveux et leur relation avec la motricité». « Au cours des quinze dernières années, poursuit le Dr Nayef Saadé, également professeur à la Faculté de médecine de l’AUB, nous nous sommes intéressés plus spécifiquement au problème de la douleur. Il s’agissait de savoir comment réduire la souffrance d’un être. Dans le cadre de ce projet, nous avons travaillé avec la University College de Londres». Le système nerveux était en effet vu précédemment comme une entité rigide qui ne se modifie pas et ne retrouve pas son état premier en cas de dégâts. «Notre projet se basait sur le concept de la flexibilité et la plasticité nerveuse, ce qui veut dire que ce système peut se rétablir sous des conditions particulières», poursuit le Dr Jabbour. «Aujourd’hui, cette idée est universellement acceptée, mais nous étions parmi les premiers à la mettre en application». L’intérêt mondial à l’égard de la douleur s’est développé ces cinq dernières années, car celle-ci a une importance clinique considérable. «La médecine est là en raison de la douleur», fait remarquer Le Dr Saadé. «Il s’agit d’un sujet d’une part intéressant à développer, d’autre part très utile pour les malades». Il fait cependant la distinction entre deux genres de douleurs : «Il existe des douleurs aiguës et chroniques. Les premières sont soudaines et très fortes. Les secondes sont plus durables et persistent parfois même après que la blessure ou la maladie a été guérie. Il s’agit d’une sorte de mémoire de la douleur, un fonctionnement anormal. L’exemple le plus frappant est celui de l’individu qui continue à avoir mal à une main coupée. Ou encore celui de la femme qui a subi une ablation du sein et continue d’avoir mal à cette partie de son corps». Selon les Drs Saadé et Jabbour, ces douleurs étaient trop hâtivement considérées comme simplement psychologiques. En fait, elles sont réellement programmées par le cerveau dans une sorte de dysfonctionnement de ce dernier. Cette révélation est une véritable révolution dans le traitement de la douleur : on tente aujourd’hui de lutter contre des souffrances considérées désormais comme ayant une origine physique. «On a découvert aujourd’hui que la douleur a une relation avec les systèmes immunitaires et les glandes endocriniennes», explique le Dr Jabbour. «Le système nerveux contrôle les deux autres. La plupart des maladies ainsi que les douleurs reflètent un trouble de l’équilibre entre les trois systèmes. Cette découverte a jeté une lumière nouvelle sur le problème de la douleur». Les Drs Saadé et Jabbour travaillent en collaboration avec des collègues à l’AUB, dont le Dr Samir Atweh, chef du département de neurologie, le Dr Youssef Comair, chef du département de neurochirurgie, le Dr Hassan al-Amine, du département de psychiatrie, ainsi que des collaborateurs dans le département de biologie, les Drs Bared Safieh Garabédian, Sélim Kanaan et Rabih Talhouk.
Les recherches du groupe de neurosciences à l’AUB se sont concentrées, ces dernières années, sur les sujets suivants : le traitement de la douleur par stimulation électrique, l’interaction neuroendocrinienne et immunitaire, les mécanismes cellulaires et moléculaires de l’accoutumance. «À l’origine, nous nous intéressions aux sensibilités somato-sensorielles (comme la sensibilité cutanée et autres), ainsi qu’aux voies de ces sensibilités», explique le Dr Suhayl Jabbour, professeur à la Faculté de médecine de l’AUB. «Nous voulions établir une sorte de cartographie des voies et des centres nerveux et leur relation avec la motricité». « Au cours des quinze dernières années, poursuit le Dr Nayef Saadé, également professeur à la Faculté de médecine de l’AUB, nous nous sommes intéressés plus...