Le marché des changes et la Bourse de Beyrouth étaient fermés hier, en raison du chômage officiel de l’Adha. Il reprendra ses activités normalement dès aujourd’hui. Rappelons que le dollar avait achevé la semaine dernière sur un ton stationnaire à 1 508,00 LL en moyenne, consécutivement au maintien par la Banque du Liban (BDL) de ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Raffermissement du dollar face aux devises européennes À l’étranger, l’euro est brièvement tombé sous la barre psychologique de 1,07 dollar hier, sur les marchés des changes internationaux, battant ainsi un nouveau record de faiblesse depuis son lancement le 1er janvier dernier, alors que l’intervention militaire occidentale en Yougoslavie se poursuit. Selon les cambistes, le sentiment des investisseurs à l’égard de l’euro était déjà négatif et les événements au Kosovo n’ont pas amélioré les choses. De ce fait, la devise américaine continuait à jouer le rôle de valeur-refuge au sixième jour des bombardements de l’Otan contre des positions serbes et profitait de quelques spéculations sur une éventuelle hausse des taux d’intérêt américains aujourd’hui, à l’issue de la réunion du Comité de l’open market de la Réserve fédérale américaine (Fed). Bien que plusieurs experts estiment que la Fed ne devrait pas resserrer sa politique monétaire dès aujourd’hui, surtout après l’annonce hier d’une nouvelle baisse de 2 % des ventes de logements neufs le mois dernier contre 6,7 % en janvier, excluant toute tendance de l’économie américaine à la surchauffe, nombre d’opérateurs paraissaient toujours anticiper un tel geste. Cette perspective, qui a pesé sur l’euro, s’est conjuguée hier à la crainte d’une révision à la baisse des prévisions de croissance de la zone euro pour 1999/2000 par la Commission européenne lors de sa réunion aujourd’hui sous la présidence de Romano Prodi. Dans ce contexte, plusieurs cambistes n’excluent pas une prochaine dépréciation de l’euro jusqu’à 1,05 dollar. Contrairement à la monnaie unique européenne, le yen s’est légèrement ressaisi face au dollar, malgré l’atténuation des flux de rapatriements de capitaux à deux jours de la fin de l’année fiscale au Japon. Le niveau des 120 yens est un seuil important qui est difficile à dépasser, indique-t-on dans les milieux cambistes pour expliquer la difficulté de billet vert à y rester. La livre sterling s’est pour sa part légèrement repliée face au dollar tout en restant ferme face à l’euro. Il y a de bonnes raisons pour acheter du sterling en ce moment face à l’euro, ont indiqué les cambistes qui perçoivent que les taux d’intérêt britanniques (actuellement à 5,50 %) ne descendront pas plus bas que 5 % alors que les taux dans la zone euro sont actuellement à 3 % et sujets à une éventuelle réduction. Dans ce contexte, le billet vert, qui a retrouvé son rôle de valeur-refuge face à un euro initialement faible et un yen résistant au seuil de 120,00 pour un dollar, s’est négocié à New York sur un ton ferme contre les monnaies européennes, comme suit : – 1,0725 pour un euro contre 1,0765, vendredi dernier – 1,6165 pour un sterling contre 1,6220 – 1,8235 DM contre 1,8160 – 6,1165 FF contre 6,0905 – 1,4850 FS contre 1,4805 – 1805,40 lires contre 1798,55 – 120,00 yens contre 120,25. Wall Street : le Dow tente à nouveau les 10 000 points Sur les places boursières, Wall Street est repartie à la hausse en ce début de semaine avec pour objectif le seuil psychologique des 10 000 points qu’elle avait passé par trois fois en séances auparavant. La cote américaine a été emmenée notamment par les pétrolières, les pharmaceutiques, la haute technologie et l’Internet. Elle a été ainsi indifférente à l’intensification des bombardements en Yougoslavie. Dés les premières transactions , la tendance s’est résolument installée dans le vert grâce à de nouvelles opportunités pour les fusions et les rachats d’entreprises. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés hier par les négociations dans le secteur pétrolier pour l’acquisition du septième groupe pétrolier américain, Atlantic Richfield, par l’anglo-américain BP Amoco, pour une opération estimée par les experts entre 20 et 25 milliards de dollars, ce qui a littéralement poussé toutes les valeurs du secteur pétrolier vers le haut. En outre, des rumeurs d’alliances dans la pharmacie mondiale ont également alimenté la recherche des bonnes affaires même si l’américain Bristol Myers Squibb a mis fin aux négociations avec le groupe britannique Glaxo Wellcome. Dans la haute technologie, l’annonce du rachat de Platinium Technologies par Computer Associates, leader mondial de logiciels pour réseaux informatiques, a donné hier un coup de fouet au secteur tant à Wall Street que sur le Nasdaq. Compte tenu de toutes ces considérations, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de la Bourse de New York a bondi en séance d’un plus bas à 9 821,61 points à un plus haut de 10 002,34 points, avant d’afficher en préclôture 9 983,75 points, en hausse de 161,51 points sur vendredi dernier. Les alliances dopent les Bourses européennes Les Bourses européennes ont clôturé en nette hausse lundi, dopées par des espoirs de fusion et la fermeté de Wall Street où la barre des 10 000 points est de nouveau en vue. Les compartiments de l’énergie, des médias et des télécommunications ont tous gagné plus de deux pour cent en réaction à des annonces ou rumeurs de fusions. Sur l’ensemble du marché européen, la progression a été moins forte. L’indice Eurotop 300 a gagné 1,54 % et l’Europ STOXX 50 des valeurs vedettes, 1,39 %. «Les opérations ou projets de fusion concernent divers fronts. Les discussions transatlantiques d’alliances et la progression des cours du brut ont ainsi permis au secteur de l’énergie de briller sur la scène européenne. Le rapprochement en cours du géant pétrolier BP Amoco et d’Atlantic Richfield (Arco), la septième compagnie pétrolière américaine, pourrait déboucher sur un accord de 25 milliards de dollars. Le titre BP Amoco, plus grosse capitalisation de la Bourse de Londres, a gagné 3,7 %. Un rapprochement entre les deux firmes créerait un géant détenant 8,1 % du marché mondial des médicaments avec prescription. Glaxo a progressé de 4,38 % à Londres. Le britannique Smithkline Beecham et le suisse Roche Holding sont également considérés comme des cibles potentielles pour Glaxo. Le premier a terminé sur un gain de 3,89 % et le second en hausse de 1,38 %. Les rumeurs de fusion concernant les deux plus grosses capitalisations du marché ont permis à la Bourse de Londres de terminer à son meilleur niveau depuis deux semaines. L’indice FTSE 100 a ainsi gagné 1,85 % à 6 252,9 points, revenant à son meilleur niveau depuis le 12 mars. Il n’est plus qu’à 82,8 points de sa clôture record du 11 mars. Olivetti surenchérit sur Telecom Italia À Paris l’indice CAC 40 a profité de la faiblesse de l’euro pour gagner 0,92 % à 4 153,65 points, dans un volume toutefois limité à 1,89 milliard d’euros en raison de la guerre en Yougoslavie et de l’attentisme des investisseurs sur plusieurs sociétés de premier plan engagées dans des batailles à l’issue incertaine (LVMH, PPR, BNP, Paribas, Socgen). Le secteur des médias s’est également distingué lundi sur des informations parus dans la presse voulant que l’éditeur anglo-néerlandais Reed Elsevier ait refusé une nouvelle offre de 15 milliards de sterling (24,33 milliards de dollars) du néerlandais Wolter Kluwer. Elsevier a gagné 5,1 %, Wolters a terminé inchangé. Dans le secteur automobile, Renault a gagné 2,9 après la concrétisation de son rapprochement avec le japonais Nissan. Les titres de Telecom Italia Mobile (TIM), le premier opérateur européen de téléphonie cellulaire, ont gagné 6,4 % à la suite du lancement par Telecom Italia d’une offre de 24,7 milliards de dollars sur les titres de sa filiale à 60 % qu’il ne détient pas encore. Olivetti a fini en baisse de 0,89 %. La firme italienne a annoncé après la clôture qu’elle relevait son offre hostile sur Telecom Italia a 11,5 euros contre 10 auparavant. Telecom Italia a fini en légère baisse à 9,672 euros, mais l’ADR de l’opérateur historique italien a gagné près de 4 % à New York après la nouvelle. À Francfort, Viag a progressé de 7,7 % en raison de l’abandon probable de son projet de fusion avec le suisse Alusisse-Lonza. Le groupe allemand de services aux collectivités a invoqué un désaccord sur l’évaluation de l’opération. Alusuisse a gagné 2,3 %. Tokyo : quasiment stable Malgré une avancée initiale à la faveur de la bonne tenue des vedettes liées à l’exportation, la Bourse de Tokyo a terminé presque inchangée lundi. Les opérateurs espèrent toutefois que le Nikkei 225 reprendra sa marche en avant à partir du premier avril, 1er jour de la nouvelle année fiscale. Les fonds de pension japonais pourraient en effet injecter des liquidités dans le marché. L’indice Nikkei a cédé 8,15 points, soit 0,05 %, à 16 008,84, juste au-dessus d’un plus bas à 16 002,28 points et après un plus haut de 16 185,80 points. Le contrat juin sur indice a progressé de 30 points à 16 010. «La dynamique à l’origine de la forte progression du Nikkei du début du mois s’est essoufflée, a expliqué Hiroshi Arano (Dai-Ichi Kangyo Asahi Asset Management). Cela me paraît une évolution naturelle, puisque l’indice a avancé de plus de 20 % depuis un plus bas touché en octobre 1998». «Mais le marché se dirigera lentement mais sûrement vers de nouveaux sommets après le début de la nouvelle année fiscale», a-t-il ajouté. Nissan a enregistré ne hausse de 0,65 % à 468 yens, en réaction à la signature du pacte d’alliance avec Renault ce week-end, qui stipule que le constructeur détiendra 36,8 % du capital du groupe japonaise. Les analystes n’oublient toutefois pas que Nissan a une dette de 2 130 milliards de yens et ils redoutent que Renault n’ait pas les coudées assez franches pour imposer les réformes nécessaires.
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