Le FMI a annoncé lundi la reprise de son aide à la Russie après sept mois de négociations houleuses, prêtant main forte au gouvernement russe englué dans une crise économique alors que les relations entre Moscou et Washington sont des plus tendues par la question yougoslave. Pour les analystes, il s’agit sans aucun doute d’un geste «politique» mais il donnera un peu de souffle au pays qui doit à ses créditeurs étrangers quelque 17,5 milliards de dollars cette année. «Nous nous sommes mis d’accord aujourd’hui avec Michel Camdessus sur une coopération et l’octroi d’un crédit», a indiqué le Premier ministre Evgueni Primakov après trois heures et demie de négociations avec le directeur du Fonds monétaire international. M. Primakov a souligné que «la condition principale qui avait décidé le FMI à octroyer un crédit» avait été un engagement du gouvernement russe à obtenir un bénéfice primaire du budget (avant le service de la dette) de 2 % du PIB. Les deux hommes n’ont en revanche rien dit du montant de cette aide. Selon des sources proches des négociations, citées par l’agence Interfax, il s’agit de 4,8 milliards de dollars versés en quatre tranches à partir de la mi-avril. La semaine prochaine, une mission du fonds est attendue à Moscou pour achever de mettre en place l’accord, a indiqué M. Primakov, manifestement soulagé de l’issue de ces discussions plus que difficiles. Pour l’économiste en chef du groupe Alfa Capital, Thierry Malleret, cet accord est «clairement politique et a été réclamé par le G7 et les Américains». «Il y a eu un compromis des deux côtés, mais manifestement plus du côté du FMI à la fin», renchérit Philip Poole, directeur des pays émergents en Europe chez Ing Barings à Londres, expliquant ainsi le recul apparent du FMI sur les conditions de cette aide, notamment sur le bénéfice primaire du budget qu’il voulait voir à 3,5 %. Ce soutien occidental est nécessaire «car la Russie traverse une période de transition politique très difficile... il n’y aurait pas de sens de la part du G7 de se désengager ou de laisser Moscou faire à nouveau défaut sur une partie de sa dette», estime-t-il. Michel Camdessus est ainsi arrivé à Moscou «comme au chevet d’un malade» pour faire ce qui aurait dû être fait à Washington lors de la visite de M. Primakov annulée à la dernière minute mardi dernier en raison des frappes de l’Otan contre la Yougoslavie, renchérit M. Malleret. Multipliant les sourires, le directeur général du FMI a rencontré une quantité importante de responsables russes et s’est entretenu par téléphone avec Boris Eltsine. Lundi, tous attendaient une décision. Cette nouvelle tombe à point pour la Russie qui doit en mai et en juin payer d’importantes échéances sur sa dette extérieure alors qu’elle arrive à peine à payer à temps les salaires des fonctionnaires et que le rouble a déjà perdu quatre fois de sa valeur depuis la crise d’août.
Le FMI a annoncé lundi la reprise de son aide à la Russie après sept mois de négociations houleuses, prêtant main forte au gouvernement russe englué dans une crise économique alors que les relations entre Moscou et Washington sont des plus tendues par la question yougoslave. Pour les analystes, il s’agit sans aucun doute d’un geste «politique» mais il donnera un peu de souffle au pays qui doit à ses créditeurs étrangers quelque 17,5 milliards de dollars cette année. «Nous nous sommes mis d’accord aujourd’hui avec Michel Camdessus sur une coopération et l’octroi d’un crédit», a indiqué le Premier ministre Evgueni Primakov après trois heures et demie de négociations avec le directeur du Fonds monétaire international. M. Primakov a souligné que «la condition principale qui avait décidé le FMI à octroyer...
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