Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Football - Euro 2000 France v/s Ukraine, une question de défense(photos)

Bien qu’elle n’ait jamais affronté la toute jeune Ukraine, l’équipe de France possède une certitude sur son adversaire de samedi : contrairement aux apparences, sa force est d’abord la défense et non l’attaque. Composée à 80 % de joueurs du Dynamo Kiev, demi-finalistes de la Ligue des champions, l’Ukraine brille par ses deux attaquants, Rebrov et Chevtchenko, dont le talent de buteurs occulte tout le travail de leurs partenaires. «Mais il ne faut pas s’y tromper, affirme Emmanuel Petit, c’est une équipe très solide derrière. Elle fonctionne un peu comme un entonnoir. Elle aspire l’adversaire et procède par contres très rapides». «Nous les avons rencontrés en Ligue des champions avec Arsenal et nous nous sommes laissé piéger en fin de rencontre», ajoute le milieu de terrain des Gunners. Roger Lemerre ne dit pas autre chose lorsqu’il s’attarde sur la tactique des Ukrainiens. «Leur bloc défensif est une muraille très dure à percer, affirme-t-il. Ils jouent avec toute la rigueur de l’école de Kiev. En fait, cette équipe, c’est neuf joueurs plus deux. Mais quand même neuf joueurs derrière qui ne laissent rien au hasard». «Leur absence à la Coupe du monde s’est jouée à presque rien et l’Ukraine possède, à mon avis, un niveau équivalent à celui de la Croatie», a ajouté le coach français. Au cours de leurs dix derniers matches, les Ukrainiens n’ont encaissé que sept buts faisant presque aussi bien que les Français qui se sont inclinés six fois. Ils ont dans le même temps trouvé 16 fois le chemin des filets tandis que les Tricolores y parvenaient 17 fois. « Ne pas se la jouer » La rencontre au Stade de France, samedi, s’annonce comme la plus équilibrée et également la plus indécise pour les champions du monde depuis leur sacre du 12 juillet face au Brésil. D’autant que la première place de la poule 4 est en jeu et qu’une victoire des joueurs de l’Est leur ferait faire un grand pas vers la qualification pour l’Euro-2000. «Nous sommes toujours dans la logique d’une course aux points, a prévenu Lemerre. Il faut absolument éviter le point de non-retour quant à cette première place. Et une défaite de notre part créerait une distance (cinq points) qui serait ensuite difficile à couvrir». En l’absence de leur maître à jouer, Zinedine Zidane, les Français se préparent à un match plus fait d’application que d’inspiration et devraient revenir à une base de jeu défensive qui a fait ses preuves. «La défense est aussi notre point fort, affirme le Munichois Bixente Lizarazu. Il ne faudra pas se précipiter. Dans les premières minutes, nous devrons les jauger. Le pire serait de se laisser piéger d’entrée». «Il paraît que leurs deux flèches sont très rapides devant. On verra bien, poursuit-il. Cela dit, nous avons, nous aussi, une assise solide et il est très difficile de nous manœuvrer». «Nous avons réussi à battre les Brésiliens puis les Anglais à leur propre jeu. Nous avons démontré que nous savions nous adapter quel que soit l’adversaire», souligne Petit. «En fait, le plus grand danger, c’est nous-mêmes. Si nous commençons “à nous la jouer”, on va tout droit vers une déconvenue, conclut-il. Si, en revanche, on reste concentrés sur notre sujet, ce sera très dur pour eux». Deschamps, dix ans pour un record En foulant, samedi, la pelouse de Saint-Denis, Didier Deschamps, le petit capitaine de l’équipe de France, s’offrira un grand moment d’histoire : sa 83e sélection nationale. Le Turinois va effacer des tablettes son ancien coéquipier marseillais Manuel Amoros, dont le record de 82 capes semblait, il y a quelques mois encore, inaccessible. Cette consécration, toute symbolique, récompense dix années d’une carrière internationale, entamée le 29 avril 1989 et au cours de laquelle Deschamps aura tout connu, des désespoirs inoubliables à la joie suprême d’un titre mondial. Ce petit homme aux allures d’adjudant-chef fut de toutes les batailles tricolores, celles perdues comme à l’Euro-92 ou face aux Bulgares en novembre 1993, et celles gagnées contre la Croatie et le grand Brésil, l’été dernier. «Quatre-vingt-trois sélections ? C’est gigantesque, affirme Emmanuel Petit. Son parcours est exemplaire. Pas comme le mien. J’ai commencé à jouer avec lui en 1990 et si j’avais eu un peu plus de plomb dans la tête, peut-être que j’aurais pu faire aussi bien». «Même s’il ne veut pas l’avouer, il possède toutes les qualités pour devenir entraîneur un jour, soutient Bixente Lizarazu. Il sait mener les hommes, mais pas comme le font certains capitaines ou certains coaches qui se prennent pour des dictateurs». De l’aveu de ses partenaires, Deschamps est un maître diplomate, capable de délivrer «un discours juste» et de «rassembler les énergies» lorsque cela s’avère nécessaire. Déjà enfant à Bayonne, il affichait ce goût pour le commandement, ce besoin d’organiser les entraînements, de donner avec un savant mélange d’autorité et de douceur les orientations d’une équipe. «C’est quelque chose qu’il a en lui, se souvient Marcel Desailly, son plus proche ami, qui l’a connu en classe biberon au FC Nantes. Les gens l’écoutent sans qu’il fasse d’efforts. Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire». « Encore deux ou trois saisons » Grand connaisseur de l’âme humaine, Aimé Jacquet vit rapidement tout le parti qu’il pouvait tirer de l’ancien Marseillais pour reconstruire une équipe de France traumatisée par sa non-qualification au Mondial américain. Ce fut autour de Deschamps que l’ancien sélectionneur des Bleus bâtit la future équipe championne du monde. Les deux hommes se ressemblaient trop pour ne pas s’entendre : ils occupaient le même poste sur le terrain, partageaient les mêmes options défensives et pratiquaient le sacrifice personnel avec une ferveur sacerdotale. Entre 1996 et 1998, Deschamps participe à toutes les campagnes, il est de tous les matches et récupère sans discussion le brassard de capitaine. Il devient le relais d’Aimé Jacquet auprès des joueurs, son porte-parole devant la meute des journalistes, avides d’obtenir une exégèse des paroles du coach français, dont le phrasé reste encore hésitant. «C’est un immense professionnel, admet Christophe Dugarry. Ses 83 sélections sont là pour le prouver. S’il n’était pas quelqu’un d’exceptionnel, on ne lui aurait pas fait confiance si longtemps». À 30 ans, Deschamps n’est pas encore prêt à prendre sa retraite et se voit bien jouer «deux ou trois saisons de plus si le physique suit». La Coupe du monde 2002 apparaît un peu loin mais l’Euro-2000 semble une occasion propice pour briller une dernière fois. Car à l’exception de cette compétition continentale, Deschamps a tout gagné dans sa carrière : championnat de France, Ligue des champions (deux fois), championnat d’Italie avec la Juventus et Coupe du monde. «C’est la seule chose qui me manque, soulignait-il avant le match amical contre l’Angleterre en février. Et c’est vrai que cela crée une motivation supplémentaire pour aller jusque-là».
Bien qu’elle n’ait jamais affronté la toute jeune Ukraine, l’équipe de France possède une certitude sur son adversaire de samedi : contrairement aux apparences, sa force est d’abord la défense et non l’attaque. Composée à 80 % de joueurs du Dynamo Kiev, demi-finalistes de la Ligue des champions, l’Ukraine brille par ses deux attaquants, Rebrov et Chevtchenko, dont le talent de buteurs occulte tout le travail de leurs partenaires. «Mais il ne faut pas s’y tromper, affirme Emmanuel Petit, c’est une équipe très solide derrière. Elle fonctionne un peu comme un entonnoir. Elle aspire l’adversaire et procède par contres très rapides». «Nous les avons rencontrés en Ligue des champions avec Arsenal et nous nous sommes laissé piéger en fin de rencontre», ajoute le milieu de terrain des Gunners. Roger Lemerre ne...