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Actualités - Chronologie

Euro 2000 La France se prépare à jouer sans Zidane

Orpheline de son père spirituel, Zinedine Zidane, l’équipe de France veut confirmer qu’elle peut voler de ses propres ailes samedi face à l’Ukraine dans un match crucial pour les éliminatoires de l’Euro 2000. L’absence de leur meneur de jeu, forfait sur une blessure au genou, va contraindre les champions du monde à revoir leur stratégie pour bousculer des Ukrainiens qui étendent, au fil des rencontres, leur hégémonie sur l’Europe. Mais en homme de la continuité, Roger Lemerre ne veut pas s’arrêter à des ennuis qu’il juge seulement conjoncturels. «Cette équipe possède un tel acquis que je ne vois aucune raison de changer d’orientation maintenant», a expliqué le coach français. «Nous avons un groupe qui a l’habitude de jouer ensemble depuis quatre ans.» «Je ne crois pas que cela sera un problème», a renchéri le Milanais Youri Djorkaeff. «L’absence de Zidane fait que nous avons une force en moins, mais il y aura une autre force qui viendra pour la compenser». Les Français ont déjà joué sans leur chef d’orchestre, suspendu deux matches lors de la Coupe du monde. Contre le Danemark, au premier tour, puis contre le Paraguay en huitièmes de finale, les Tricolores avaient fait preuve d’une volonté et d’une abnégation collective salutaires. Certes, leurs prestations avaient manqué de virtuosité, notamment contre les Paraguayens, mais elles avaient marqué les esprits: l’équipe de France savait souffrir et elle ne dépendait pas totalement d’un seul homme. «Au moins cette fois encore les choses sont claires», a souligné Djorkaeff. «On sait qu’il va falloir faire sans lui. Car je n’aurais pas voulu revivre ce qui s’est passé à l’Inter avec Ronaldo». «Le fait de ne jamais savoir s’il (Ronaldo) allait ou non être sur le terrain a grandement perturbé l’équipe», a-t-il précisé. Solutions de rechange Confiant dans les ressources de ses protégés, Lemerre n’a pas jugé utile d’appeler un remplaçant tel que le Bordelais Johan Micoud, qui occupe une position identique à celle de Zidane dans le jeu. «La composition de l’équipe n’aura rien d’un casse-tête chinois», a estimé le stratège français. «Compte tenu du passé récent, on la connaît à 90 ou 95 pour cent». «Pour moi, l’absence de “Zizou” ne change rien», a jugé Djorkaeff. «Ce n’est pas moi qui vais le remplacer. En fait, je me considère plus comme une sorte de cinquième milieu de terrain». Une des solutions de rechange pourrait s’appeler Robert Pires. Depuis son arrivée à Marseille et surtout depuis le Mondial, l’ex-Messin a acquis une confiance qui lui fit longtemps défaut. Son entrée lors du match amical contre la Norvège l’an passé au Stade Vélodrome avait été remarquable. Depuis, il n’a guère été employé dans le rôle de meneur de l’équipe de France bien qu’il assume avec bonheur cette responsabilité au sein de l’OM. «Quand je vois le match qu’ont fait Pires ou Dugarry en Coupe de l’Uefa à Vigo, je n’ai aucun doute sur le fait que ce sont des joueurs de dimension internationale», a insisté Lemerre. L’autre possibilité pourrait être de titulariser le jeune Lyonnais Vikash Dhorasoo, appelé pour la première fois en équipe nationale. «Je n’ai pas pour ambition de remplacer Zidane», affirme-t-il. «Au contraire, mon rêve est de jouer à ses côtés. J’aime bien me situer juste derrière les attaquants, mais je peux également évoluer à gauche ou à droite». Son manque d’expérience internationale apparaît pourtant comme un frein à une première titularisation dans une rencontre de cette importance, et face à des Ukrainiens dotés d’une exceptionnelle cohésion. «J’aimerais bien être sur le terrain d’entrée, a-t-il reconnu, mais je me prépare aussi à rentrer en cours de match». Dhorasoo, de Deschaseaux au Stade de France Presque sans transition, l’ancien Havrais Vikash Dhorasoo va passer du petit stade Jules Deschaseaux au gigantesque Stade de France où les Français affrontent l’Ukraine, samedi, en éliminatoires à l’Euro 2000. Devenu Lyonnais à l’inter-saison, Dhorasoo, 25 ans, se retrouve pour la première fois parmi les champions du monde avec un mélange d’appréhension et d’émerveillement. «Lorsque je suis arrivé à Clairefontaine, j’avais un peu peur de déranger. Surtout pendant le repas, où je n’osais pas parler», raconte-t-il. «Il y a encore huit mois, je jouais au Havre et me retrouver ici est extraordinaire». D’un naturel calme et pondéré, le petit milieu de terrain de l’OL juge que sa première sélection est malgré tout l’aboutissement logique de son parcours récent. Quart de finaliste avec Lyon en Coupe de l’Uefa, auteur d’une brillante prestation face aux Italiens de Bologne, il a convaincu Roger Lemerre de lui faire faire un bout d’essai en équipe de France. «Cette sélection intervient à un moment où je me sens très fort. J’ai pleinement confiance en moi», affirme-t-il. «Et je me dis que si l’on m’a appelé c’est que l’on compte sur moi et donc que j’ai le niveau requis». Fidèle à la discrétion qu’observait son prédécesseur, Lemerre n’a pas voulu dévoiler les ambitions qu’il nourrissait pour son nouveau protégé, en l’absence de Zinedine Zidane. Simplement le stratège des Bleus s’est-il contenté de souligner que l’Ukraine pourrait être une bonne occasion pour lancer Dhorasoo dans le grand bain. Ambassadeur du Havre «Je ne cherche pas à remplacer Zidane. Et je ne vais pas m’arrêter de jouer parce qu’il est là», ajoute-t-il. «En fait, mon rêve serait de jouer avec lui car pour l’instant, je n’ai joué que contre lui». «Ma polyvalence est certainement un atout», affirme le Lyonnais. «Je peux jouer à gauche ou à droite. J’ai même joué parfois tout seul devant. Même si ce que je préfère est me situer derrière les attaquants». Né en France, mais originaire de l’Ile Maurice par ses parents, Dhorasoo a toujours démontré une grande capacité d’adaptation. «J’ai vécu dans un mélange de cultures», rappelle-t-il. «À la maison, mes parents nous parlaient en créole et mes frères et moi, nous leur répondions en français. Mon père parle même l’hindi et un dialecte du sud de l’Inde». «Je crois que mes origines ont beaucoup à voir avec mon tempérament calme et tranquille. Mes parents sont hindouistes et cette philosophie impose avant tout la sagesse», poursuit-il. «Moi, je suis athée mais j’ai été bercé dans cette ambiance». «Je viens d’un milieu modeste mais je n’ai jamais manqué de rien», poursuit-il. «Mes parents ont toujours fait en sorte que nous nous sentions bien au quotidien». Fils d’un ancien ouvrier des chantiers navals, Dhorasoo a passé toute son enfance au Havre et conserve de cette ville, souvent peinte comme grise et austère, un souvenir chaleureux.
Orpheline de son père spirituel, Zinedine Zidane, l’équipe de France veut confirmer qu’elle peut voler de ses propres ailes samedi face à l’Ukraine dans un match crucial pour les éliminatoires de l’Euro 2000. L’absence de leur meneur de jeu, forfait sur une blessure au genou, va contraindre les champions du monde à revoir leur stratégie pour bousculer des Ukrainiens qui étendent, au fil des rencontres, leur hégémonie sur l’Europe. Mais en homme de la continuité, Roger Lemerre ne veut pas s’arrêter à des ennuis qu’il juge seulement conjoncturels. «Cette équipe possède un tel acquis que je ne vois aucune raison de changer d’orientation maintenant», a expliqué le coach français. «Nous avons un groupe qui a l’habitude de jouer ensemble depuis quatre ans.» «Je ne crois pas que cela sera un problème»,...