Brian Jones avait un rêve sans doute aussi anglais que lui : monter dans le premier ballon à boucler le tour du monde sans escale et atterrir au pied des Pyramides. Son rêve ne s’est réalisé qu’à moitié, des vents violents soufflant sur le plateau égyptien de Guizeh empêchant tout atterrissage au pied des monuments pharaoniques. On pense à ces explorateurs du siècle passé, bâtisseurs d’un «British Empire» s’étendant de l’Égypte à l’Inde, et l’on s’étonnerait à peine de voir cet ancien pilote de la Royal Air Force réussissant un exploit soudain au côté du Suisse Bertrand Piccard, à bord du Breitling Orbiter III. Mais il a fallu un coup de pouce du destin pour en arriver là. Retour en arrière, en décembre 1998 au Château d’Oex, base de départ de l’aventure, dans les Alpes suisses : le périple du Breitling Orbiter manque de tourner mal avant même d’avoir commencé. Piccard, l’âme du projet mais personnage passionné et perfectionniste, ne s’entend pas avec Tony Brown, un Britannique choisi pour copiloter le ballon pour une troisième et ultime tentative sponsorisée par le fabricant de montres suisse. Tony Brown renonce, Breitling désigne pour le remplacer Brian Jones, 52 ans le 27 mars, pilote de réserve de l’aventure. «Il y a un peu de crainte avant de voler. Ce n’est manifestement pas facile mais c’est un défi», dit simplement Brian Jones. «Je me sens excité, nerveux et très heureux. Nous avons une chance exceptionnelle cette année, peut-être meilleure qu’aucune autre. Je pense que nous réussirons», déclare-t-il. Un papy pas comme les autres L’aventure, commencée le 1er mars, va montrer que le choix d’un grand-père de trois petits-enfants, homme posé et expert confirmé, était le bon. Bras droit du chef de la mission, un autre Britannique, Alan Noble, il a accumulé quelque 5 000 heures de vol, dont 1 200 en ballon. Comme pilote de réserve chez Breitling, il a aussi suivi tous les entraînements préparatifs au tour du monde. Il a commencé à voler à 16 ans et a passé treize années au service des forces aériennes de son pays. Il a découvert sa passion pour le ballon en 1986 et est devenu en trois ans instructeur de cette spécialité de l’aéronautique. Certifié par la Civil Aviation Authority, il est expert d’examens pour l’obtention de la licence d’instructeur de ballon. En 1997, Brian Jones assiste Alan Noble au centre de contrôle de Genève pour le prédécesseur du Breitling Orbiter III, le numéro II, qui pousse jusqu’à la Birmanie. Cette année, il était responsable de la production de la nouvelle capsule et des systèmes de vol. Il connaît donc l’intimité de ce ballon moderne qui met une technologie sophistiquée au service des vents. Au-delà de ses compétences techniques, Brian Jones s’est révélé au cours du vol un excellent compagnon de voyage, même pour un Piccard qui en est à son troisième copilote en trois saisons. «Un matin, quand je me suis levé et que Brian était prêt à aller dormir, il m’a fait une tasse de thé pendant que je lui préparais son lit. Et tout cela spontanément. Nous avons réalisé à quel point notre relation était vraiment dotée d’une profonde amitié et d’un profond respect», a dit le psychiatre et aérostier suisse.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Brian Jones avait un rêve sans doute aussi anglais que lui : monter dans le premier ballon à boucler le tour du monde sans escale et atterrir au pied des Pyramides. Son rêve ne s’est réalisé qu’à moitié, des vents violents soufflant sur le plateau égyptien de Guizeh empêchant tout atterrissage au pied des monuments pharaoniques. On pense à ces explorateurs du siècle passé, bâtisseurs d’un «British Empire» s’étendant de l’Égypte à l’Inde, et l’on s’étonnerait à peine de voir cet ancien pilote de la Royal Air Force réussissant un exploit soudain au côté du Suisse Bertrand Piccard, à bord du Breitling Orbiter III. Mais il a fallu un coup de pouce du destin pour en arriver là. Retour en arrière, en décembre 1998 au Château d’Oex, base de départ de l’aventure, dans les Alpes suisses : le...